L’étape alsacienne

Dans le cadre d’une tour­née natio­nale de cyclistes pales­ti­niens orga­ni­sée par la Fédé­ra­tion spor­tive et gym­nique du tra­vail (FSGT), éma­na­tion du mou­ve­ment ouvrier et asso­cia­tif, et par l’As­so­cia­tion France Pales­tine Soli­da­ri­té, une tren­taine per­sonnes étaient venues ren­con­trer  une délé­ga­tion de  spor­tifs pales­ti­niens ce 20 juin à la salle du Zucker­berg à Mulhouse.

Deux Gazaouis, dont un cycliste han­di­ca­pé pré­sident du comi­té des ampu­tés de Gaza et repré­sen­tant de l’U­nion Pales­ti­nienne des per­sonnes han­di­ca­pées, un cinéaste auteur et inter­prète des « Gaza sto­ries » heb­do­ma­daires, un ani­ma­teur  spor­tif venu du camp de réfu­gié d’As­kar (Naplouse) et un cycliste com­pé­ti­teur venu de Jeri­cho, Ter­ri­toires occu­pés, com­po­saient la délégation.

Les auto­ri­tés fran­çaises avaient cru bon de refu­ser leur visa à deux autres Pales­ti­niens ini­tia­le­ment pré­vus dans cette délégation.

Après la récep­tion à l’IME des Papillons Blancs à Dan­ne­ma­rie et leur récep­tion par la muni­ci­pa­li­té de Mon­treux Vieux, les spor­tifs ont pré­sen­té leurs condi­tions de pra­tiques dans les condi­tions si dif­fi­ciles qu’ils connaissent.

S’en­traî­ner autour d’un camp de réfu­giés avec des bicy­clettes d’oc­ca­sion, les neuves étant finan­ciè­re­ment inac­ces­sibles, s’en­traî­ner mal­gré les contrôles aux check-points de l’ar­mée israé­lienne qui boucle les camps de réfu­giés en Ter­ri­toires occu­pés, s’en­traî­ner mal­gré les agres­sions tou­jours impu­nies de colons vio­lents, ou s’en­traî­ner dans la bande de Gaza où l’élec­tri­ci­té n’est dis­po­nible que 8 heures par jour, d’où toute eau potable aura dis­pa­ru en 2025 selon les esti­ma­tions de l’O­NU, et où si 70% des habi­tants sont chô­meurs ce sont 90 % des han­di­ca­pés qui  le sont, s’en­traî­ner comme ces 500 pra­ti­quants han­di­ca­pés de Gaza, tous sports confon­dus, suites aux mal­for­ma­tions liées aux condi­tions de vie dans Gaza sous blo­cus depuis plus de douze ans, ou suite à des bles­sures par tirs de sni­pers israé­lienne lors des mani­fes­ta­tions paci­fiques de civils ( « Marches du retour »), voire suite aux opé­ra­tions de bom­bar­de­ments de la population.

Mal­gré ce contexte, des struc­tures d’en­ca­dre­ment existent, y com­pris des struc­tures spé­cia­li­sées pour les pra­ti­quant han­di­ca­pés : Com­mis­sions de sports para­lym­piques, struc­tures de for­ma­tion, clubs de dis­ci­plines diverses.

Com­ment ne pas rap­pro­cher les condi­tions d’en­traî­ne­ment de ces spor­tifs pour les­quels la pra­tique est aus­si (sur­tout ?) acte de résis­tance à une occu­pa­tion qui dure plus de 70 ans ?

Com­ment ne pas évo­quer par contraste les par­ti­ci­pa­tions tou­jours très média­ti­sées et lar­ge­ment spon­so­ri­sées d’é­quipes pro­fes­sion­nelles israé­liennes à des évé­ne­ments spor­tifs majeurs par­tout, en Europe tout particulièrement ?

Que dire de la com­pli­ci­té active de pays comme la France dans cette pro­mo­tion de la poli­tique de colo­ni­sa­tion et d’a­par­theid orga­ni­sée par l’État israé­lien pour lequel le « sport­wa­shing » est une arme de propagande ?

Les réponses don­nées à la tri­bune, en par­ti­cu­lier par un édu­ca­teur spor­tif du camp de réfu­giés de New Askar, un joueur de foot­ball ampu­té de Gaza créa­teur par ailleurs d’un club cycliste, par le réa­li­sa­teur de « Gaza Balle au pied »  pré­sen­tant une équipe de joueurs de foot­ball han­di­ca­pés, venus à Mul­house avec un qua­trième spor­tif pales­ti­nien, ont impres­sion­né l’assistance.

Durant toute la soi­rée j’ai écou­té par­ti­cu­liè­re­ment les décla­ra­tions de l’ inter­ve­nant pales­ti­nien  dont la pro­thèse de jambe était bien visible ; il a pré­ci­sé suite à la ques­tion d’une par­ti­ci­pante qu’elle   était la consé­quence d’un bom­bar­de­ment israélien.

Ce que les valeurs spor­tives peuvent signi­fier de cou­rage, de rési­lience, de refus de l’in­jus­tice faite à tout un peuple était dit.

13 villes fran­çaises sont au pro­gramme de la tour­née, pre­mière édi­tion des «Cara­vanes du sport popu­laire et soli­daire avec la Pales­tine » qui vise à accom­pa­gner la Fédé­ra­tion et les clubs spor­tifs pales­ti­niens avec un accueil dans chaque ville par les comi­tés locaux FSGT et les Groupes locaux de l’AFPS.

Chaque étape sera  donc l’oc­ca­sion d’ex­pri­mer une soli­da­ri­té forte avec les spor­tifs et le peuple palestinien.

C.R

Res­ti­tu­tion audio de la confé­rence :

Cour­riel des cyclistes 

Site inter­net de l’AFPS

Gale­rie pho­to­gra­phique de Mar­tin Wilhelm

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