Dans le pro­lon­ge­ment de notre article inti­tu­lé « Je suis Char­lie :  le malaise », nous éta­blis­sons un glos­saire  avec un objec­tif et un enga­ge­ment de vigi­lance sur le sens des mots sou­vent uti­li­sés dans la presse au sujet de ce drame et ses suites. D’autres médias (Arrêt sur Image, Le Monde Diplo­ma­tique…) ont appor­té une note ori­gi­nale à l’analyse non seule­ment des faits mais aus­si des commentaires.

On voit que les mêmes mots peuvent ne pas avoir le même sens et que tout dépend qui les pro­nonce et à quelles fins. La si mal nom­mée « Union natio­nale » est aus­si une volon­té d’imposer une « pen­sée unique ». Mais les quatre mil­lions de mani­fes­tants et les cinq mil­lions de lec­teurs du der­nier numé­ro de Char­lie Heb­do expriment pour une grande part autre chose : un droit à une infor­ma­tion plu­ra­liste, plu­rielle, contra­dic­toire… Celle qui, d’années en années, se réduit dans notre pays et qui fait fuir les lec­teurs vers Inter­net sur lequel cer­tains sites n’hésitent pas à exploi­ter la pau­vre­té du débat dans les médias en pra­ti­quant une mani­pu­la­tion de l’information. Tout cela pour rap­pe­ler que la « pen­sée unique » n’est pas sup­por­table très longtemps…

Blas­phème

Comme toute reli­gion, l’islam est divers dans l’espace et le temps et il ne sau­rait être réduit à ses ten­dances fon­da­men­ta­listes ou inté­gristes et encore moins aux mou­ve­ments dji­ha­distes qui peuvent s’en récla­mer. D’ailleurs des phé­no­mènes iden­tiques se sont déve­lop­pés ou se déve­lop­pe­ment aujourd’hui encore au sein du boud­dhisme, du judaïsme et du christianisme.

C’est pour cela qu’il faut rap­pe­ler que la cri­tique de la reli­gion, de toutes les reli­gions est néces­saire et légi­time notam­ment lorsque celles-ci donnent dans l’intolérance et tendent à engen­drer des régimes théocratiques.(1)

Le blas­phème que beau­coup de musul­mans reprochent aux gars de Char­lie Heb­do et à quelques autres qui se moquent des reli­gions n’est plus un délit en France depuis la Décla­ra­tion des Droits de l’homme de 1789. Sauf en Alsace-Moselle qui conserve cer­tains vieux articles du code pénal alle­mand. Le hasard a vou­lu que la veille de l’attaque de Char­lie, les repré­sen­tants des cultes catho­lique, pro­tes­tant, juif et musul­man ont deman­dé que ce délit de blas­phème soit abro­gé parce qu’il était tom­bé de désué­tude. S’il est rare­ment invo­qué, il l’a pour­tant été par l’évêque de Stras­bourg, en 1997 et a débou­ché sur une condam­na­tion de mili­tants d’Act Up pour avoir trou­blé une messe en 1996 à la cathé­drale de Stras­bourg après de nou­veaux pro­pos homo­phobes de Mgr Elchinger.

Il est inté­res­sant de rap­pe­ler ce régime, issu du concor­dat signé en 1801 entre Napo­léon Bona­parte et le pape de l’époque, fait en Alsace-Moselle, des ministres des cultes catho­lique, luthé­rien, réfor­mé et israé­lite, des fonctionnaires.

Cette par­ti­cu­la­ri­té ayant été confir­mée en février 2013 par les sages du Conseil consti­tu­tion­nel, au pré­texte que les trois dépar­te­ments concor­da­taires étaient sous domi­na­tion alle­mande quand la France a voté en 1905 la loi de sépa­ra­tion des Églises et de l’État, les curés, pas­teurs et rab­bins y sont tou­jours rému­né­rés aujourd’hui selon la grille indi­ciaire des agents de l’État.

Ce sont aus­si, ain­si, des repré­sen­tants de Dieu mieux payés que leurs col­lègues et confrères du reste du pays. Mais au fait, avec l’évolution socio­lo­gique dans ces trois dépar­te­ments, n’est-ce pas une injus­tice que les imams en soient exclus ? Ou bien, comme d’autres le pro­posent, que ce dis­po­si­tif soit pure­ment et sim­ple­ment abrogé.

Boucs émis­saires

Les poli­tiques libé­rales ont dure­ment frap­pé la popu­la­tion immi­grée. Parce qu’elle est par­ti­cu­liè­re­ment pré­sente dans le sala­riat mais aus­si par les stig­ma­ti­sa­tions xéno­phobes et racistes dont elle est vic­time au quo­ti­dien. Nous recen­sons de nom­breuses décla­ra­tions de res­pon­sables poli­tiques majeurs qui ont mul­ti­plié les « déra­pages » xéno­phobes à des fins déma­go­giques (le kar­cher de Nico­las Sar­ko­zy, les « odeurs » de Jacques Chi­rac, « ren­voi des roms » de Manuel Valls… sans par­ler de Le Pen…). Tout cela trai­té comme de « l’information » par un grand nombre de média. La dési­gna­tion des immi­grés comme boucs émis­saires (de la crise, du chô­mage, de l’insécurité…) les conduit à un repli sur soi ou sur son groupe. Un réflexe de pro­tec­tion dénon­cé comme du « com­mu­nau­ta­risme » par ceux-là même qui sont à l’origine de ces attaques. Ce repli sur soi peut se faire dans la digni­té et l’afficher crâ­ne­ment (port du voile par cer­taines femmes) mais peut aus­si débou­cher sur des res­sen­ti­ments qui peu à peu peuvent deve­nir un ter­reau favo­rable à des dis­cours hai­neux et radicaux.

Cen­sure

Cela a déjà été dit ici à L’Alterpresse68 et ailleurs, mais ça ne fait pas de mal de le rap­pe­ler tel­le­ment c’est cho­quant et sidé­rant. Les gars de Char­lie Heb­do ont été flin­gués parce qu’ils usaient de la liber­té d’expression. À la mani­fes­ta­tion du len­de­main à Mul­house, où pareille­ment que par­tout ailleurs dans le pays on s’en indi­gnait, le maire de la ville, l’UMP Jean Rott­ner, et le pré­sident de la M2A Jean-Marie Bockel, ont empê­ché la sec­tion mul­hou­sienne de la Ligue des Droits de l’Homme de s’exprimer, alors qu’ils ne voyaient pas d’objection à ce que la repré­sen­tante du FN, Mar­tine Bin­der, se tienne der­rière les ora­teurs, dont évi­dem­ment ils fai­saient partie.

Com­mu­nau­té

Etienne Bali­bar dans Libé­ra­tion, l’évoque ain­si : « Oui, nous avons besoin de com­mu­nau­té : pour le deuil, pour la soli­da­ri­té, pour la pro­tec­tion, pour la réflexion. Cette com­mu­nau­té n’est pas exclu­sive, en par­ti­cu­lier elle ne l’est pas de ceux, par­mi les citoyens fran­çais ou immi­grés, qu’une pro­pa­gande de plus en plus viru­lente, rémi­nis­cence des épi­sodes les plus sinistres de notre his­toire, assi­mile à l’invasion et au ter­ro­risme pour en faire les boucs émis­saires de nos peurs, de notre appau­vris­se­ment, ou de nos fan­tasmes. Mais elle ne l’est pas non plus de ceux qui croient aux thèses du Front natio­nal ou que séduit la prose de Houel­le­becq. Elle doit donc s’expliquer avec elle-même. Et elle ne s’arrête pas aux fron­tières, tant il est clair que le par­tage des sen­ti­ments, des res­pon­sa­bi­li­tés et des ini­tia­tives qu’appelle la «guerre civile mon­diale» en cours doit se faire en com­mun, à l’échelle inter­na­tio­nale, et si pos­sible (Edgar Morin a par­fai­te­ment rai­son sur ce point) dans un cadre cos­mo­po­li­tique. C’est pour­quoi la com­mu­nau­té ne se confond pas avec l’«union natio­nale». Ce concept n’a pra­ti­que­ment jamais ser­vi qu’à des buts inavouables : impo­ser le silence aux ques­tions déran­geantes et faire croire à l’inévitabilité des mesures d’exception. »

Impru­dence

Etienne Bali­bar : « Les des­si­na­teurs de Char­lie Heb­do ont-ils été impru­dents ? Oui, mais le mot a deux sens, plus ou moins aisé­ment démê­lables (et, bien sûr, il entre ici une part de sub­jec­ti­vi­té). Mépris du dan­ger, goût du risque, héroïsme si l’on veut. Mais aus­si indif­fé­rence envers les consé­quences éven­tuel­le­ment désas­treuses d’une saine pro­vo­ca­tion : en l’occurrence le sen­ti­ment d’humiliation de mil­lions d’hommes déjà stig­ma­ti­sés, qui les livre aux mani­pu­la­tions de fana­tiques orga­ni­sés. Je crois que Charb et ses cama­rades ont été impru­dents dans les deux sens du terme. Aujourd’hui que cette impru­dence leur a coû­té la vie, révé­lant du même coup le dan­ger mor­tel que court la liber­té d’expression, je ne veux pen­ser qu’au pre­mier aspect. Mais pour demain et après-demain (car cette affaire ne sera pas d’un jour), je vou­drais bien qu’on réflé­chisse à la manière la plus intel­li­gente de gérer le second et sa contra­dic­tion avec le pre­mier. Ce ne sera pas néces­sai­re­ment de la lâcheté. »

Liber­té de la presse

Jusqu’où peut aller la presse ? Doit-elle se cen­su­rer pour ne pas cho­quer les braves gens qui n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux, comme chan­tait Bras­sens ? Le Point a publié à sa une la pho­to mon­trant un des assas­sins de Char­lie abattre un poli­cier dans la rue. Notre Pre­mier ministre Manuel Valls a expri­mé son « dégoût ». Le maga­zine a répon­du avoir fait ce choix parce que la pho­to montre la vio­lence, la bar­ba­rie et la lâche­té des ter­ro­ristes. La liber­té de la presse ne s’use que si l’on ne s’en sert pas. Ses limites ne sont pas fixées par les poli­tiques ou les tenants des reli­gions selon les situa­tions, mais par la loi, et cela depuis longtemps.

Liber­té d’expression

Une des valeurs qui a conduit des mil­lions de citoyens dans le monde à mani­fes­ter leur soli­da­ri­té avec Char­lie Heb­do. Et ceux qui n’étaient pas dans la rue la par­tage tout autant à part de rares exceptions.

Il faut pour­tant rap­pe­ler que cette liber­té est remise en cause en per­ma­nence. Par des actes cri­mi­nels : les syn­di­cats de jour­na­listes rap­pellent qu’en 2014, 118 jour­na­listes et per­son­nels des médias ont trou­vé la mort dans l’exercice de leur métier.

Des hommes d’Etat pré­sents à l’invitation du gou­ver­ne­ment fran­çais lors de la mani­fes­ta­tion de dimanche ne tolèrent pas la liber­té d’expression dans leur pays… et empri­sonnent, tuent ou font tuer des journalistes.

L’économie, la concen­tra­tion de la presse sont éga­le­ment des risques majeurs pour la liber­té d’expression. Car son appli­ca­tion sup­pose la pos­si­bi­li­té de publier toutes les opi­nions. Même celles qui ne sont pas majo­ri­taires et dont la publi­ca­tion ne serait pas ren­table. Depuis des années Charb a essayé de trou­ver les moyens pour per­mettre à Char­lie Heb­do de sur­vive car les 35.000 ventes heb­do­ma­daires n’assuraient pas l’équilibre finan­cier. En outre, il ne rece­vait que très peu dans le cadre des aides à la presse alors que des jour­naux riches comme le Figa­ro ou le groupe Ebra (CIC-Cré­dit mutuel) ont tou­ché des millions.

Le mar­ché ne peut pas régu­ler la presse, il conduit à sa concen­tra­tion comme on le voit en Alsace quand les deux jour­naux appar­te­nant au même groupe finan­cier sont en passe d’être réunis en un jour­nal unique. Pour le mar­ché l’adage est : à pen­sée unique, jour­nal unique.

La liber­té d’expression ne peut pas être qu’un article dans la Consti­tu­tion : l’Etat doit accep­ter enfin de mettre en place un sys­tème démo­cra­ti­sé d’aides auto­ma­tiques aux médias favo­ri­sant la plu­ra­li­té et donc le plu­ra­lisme. Il peut y contri­buer en ouvrant les radios et télé­vi­sions publiques à plus de diver­si­té et de pluralité.

USA Patriot Act (acro­nyme de Uni­ting and Streng­the­ning Ame­ri­ca by Pro­vi­ding Appro­priate Tools Requi­red to Inter­cept and Obs­truct Ter­ro­rism Act, soit en fran­çais: loi pour unir et ren­for­cer l’Amérique en four­nis­sant les outils appro­priés pour déce­ler et contrer le terrorisme)

Signé par G.W Bush le 26 octobre 2001 et pro­lon­gé après révi­sion en 2005 et 2011 ce long texte (132 pages) vise à réor­ga­ni­ser les ser­vices de ren­sei­gne­ment exté­rieurs et le F.B.I res­pon­sable des enquêtes cri­mi­nelles lorsqu’elles impliquent des ter­ro­ristes étrangers.

Elle crée les sta­tuts de com­bat­tant enne­mi et celui de com­bat­tant illé­gal qui per­mettent la déten­tion sans incul­pa­tion de toute per­sonne soup­çon­née de ter­ro­riste « qui ne béné­fi­cient ni des garan­ties du droit pénal parce que ce sont des enne­mis, ni de celles de pri­son­niers de guerre parce que ce sont des combattants illé­gaux » (Mme Del­mas – Mar­ty, pro­fes­seur au Col­lège de France).

Elle per­met aux ser­vices de sécu­ri­té d’accéder aux don­nées  infor­ma­tiques déte­nues par les par­ti­cu­liers et les entre­prises, sans auto­ri­sa­tion préa­lable et sans en infor­mer les utilisateurs.

Les lois amé­ri­caines sur l’immigration, les lois ban­caires, la loi de sur­veillance d’intelligences étran­gères sont concer­nées une nou­velle caté­go­rie de crimes pour « ter­ro­risme inté­rieur » est crée.

Toute entre­prise amé­ri­caine doit four­nir les « don­nées sen­sibles » deman­dées par l’administration fédé­rale, même si celles – ci sont sto­ckées en Europe.

Les révé­la­tions récentes sur l’espionnage glo­bal et mon­dial conduit par les ser­vices amé­ri­cains (affaire Snow­den) y trouvent leur cadre légal.

Cette loi est consi­dé­rée par la plu­part des juristes et des orga­ni­sa­tions de défense des droits de l’homme comme liber­ti­cide, notam­ment parce qu’elle per­met la dimi­nu­tion des droits de la défense (droit à un pro­cès équi­table), la vio­la­tion de la vie pri­vée, la dimi­nu­tion du droit à la liber­té d’expression.

Terrorisme/ ter­ro­riste :

Le ter­ro­risme est l’emploi de la ter­reur à des fins poli­tiques, reli­gieuses ou idéologiques.

 Attes­té depuis 1794 pour dési­gner la doc­trine des par­ti­sans de la Ter­reur révo­lu­tion­naire  (Robes­pierre fut qua­li­fié de « ter­ro­riste » dès Ther­mi­dor) les nom­breuses défi­ni­tions du mot ren­voient à l’usage de la vio­lence, les tech­niques uti­li­sées, la nature du sujet, l’idéologie, l’objectif avec une constante : l’usage indis­cri­mi­né de la vio­lence meur­trière à l’égard des civils ou des non – com­bat­tants  pour pro­mou­voir un groupe, une cause ou un indi­vi­du par l’intimidation d’une popu­la­tion, d’un gou­ver­ne­ment, d’une orga­ni­sa­tion internationale..

Ter­ro­risme ne se confond ni avec « crimes de guerre » (vio­la­tion du droit spé­ci­fique de la guerre), ni avec « résis­tance » (des­truc­tion de moyens mili­taires afin d’enrayer l’effort de guerre enne­mi) mais le recours à la notion de « légi­ti­mi­té » sup­po­sée, variable évi­dem­ment selon les pro­ta­go­nistes,  peut brouiller le dis­tin­guo « résis­tance »/ « ter­ro­risme » : Man­de­la fut condam­né comme « ter­ro­riste » dans son pays, pour ne rien dire des résis­tants à la bar­ba­rie nazie.

Fon­da­men­ta­le­ment le ter­ro­riste est pré­su­mé tota­le­ment « illé­gi­time » et le « résis­tant »  pré­su­mé « légi­time » – par ceux qui « résistent » pour des actes vio­lents qui, concrè­te­ment, peuvent être de même nature.

Voir par ailleurs, quelques règles légales de trai­te­ment du « ter­ro­risme » par des Etats.

Union sacrée

Le terme Union sacrée uti­li­sé pour la pre­mière fois à la Chambre des dépu­tés le 4 août 1914, par le pré­sident de la Répu­blique, Ray­mond Poin­ca­ré, dans son mes­sage aux Assem­blées. Y adhé­rèrent immé­dia­te­ment l’ensemble des orga­ni­sa­tions syn­di­cales et poli­tiques de gauches, essen­tiel­le­ment la CGT et la SFIO, qui se ral­lièrent au gou­ver­ne­ment alors qu’un cou­rant paci­fiste était majo­ri­taire au sein de la classe ouvrière. Un mou­ve­ment ana­logue se pro­dui­sit chez l’en­semble des bel­li­gé­rants comme en Angle­terre, en Rus­sie ou en Alle­magne, lorsque le Par­ti socia­liste d’Al­le­magne, le SPD, vote­ra l’entrée en guerre en août 1914, lan­çant le mou­ve­ment qui prit le nom de Burg­frie­den.

Avec l’assassinat de Jean Jau­rès fut aus­si « assas­si­née » l’idée que la guerre qui se pré­pa­rait  ser­vait les inté­rêts capi­ta­listes et que les peuples n’avaient rien à gagner là-dedans. Cette opi­nion n’a plus eu droit de citer après la pro­cla­ma­tion de l’Union sacrée. Elle fut même consi­dé­rée comme délic­tuelle et pas­sible d’emprisonnement.

La gauche poli­tique et syn­di­cale mit du temps à se rele­ver de cette funeste erreur d’analyse et de délire chau­vi­niste et nationaliste.

JMS – Ch. R. – MM

(1) Quelques élé­ments de cet article sont tirés d’un tract dif­fu­sé par l’association « A Contre Cou­rant » lors de la mani­fes­ta­tion du 11 jan­vier à Mul­house. Pour accé­der à ce tract cli­quez ici. Il a été rédi­gé à par­tir d’un texte plus long que vous trou­ve­rez là.

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