Nous savons que les enjeux de la vie quotidienne sont largement déterminés par les choix politiques nationaux et internationaux.

Ces enjeux peuvent – ils être repensés à l’échelle des villes et villages ? La démocratie locale peut-elle préfigurer une société plus soucieuse des écosystèmes, de l’environnement, de l’avenir de la planète, des besoins sociaux ?

Dans la foulée de l’évolution de l’organisation territoriale depuis les élections municipales de 2014, la commune est encore plus dissoute dans des intercommunalités aux pouvoirs renforcés.

4 échelons administratifs locaux se partagent compétences et financements, participant à un empilement peu compréhensible.

Le risque d’aggraver l’éloignement entre les populations et les élus municipaux est manifeste.

La question est de fait posée : des maires pour quoi faire et demain pourquoi des communes ?

Mais la commune, née de la Révolution de 1789, reste bien le premier échelon de proximité, le premier guichet, le passage privilégié de l’expression démocratique.

C’est bien par le débat avec les équipes candidates que les citoyen.ne.s pourront porter leurs demandes et aspirations, peser sur les programmes, les enrichir.

Et déjà s’expriment les besoins de démocratie directe, de contrôle citoyen direct, de paroles locales qui doivent en permanence être prises en compte, bien au delà d’un scrutin.

Une lame de fond s’est levée : celle de la démocratie directe et de la volonté du débat permanent.

Des « Nuits debouts » aux « Gilets jaunes », des collectifs divers qui se multiplient, elle n’a cessé d’enfler et de révéler une intelligence collective mue par la quête de sens.

L’élection municipale de mars devrait favoriser encore d’autres expressions de ces aspirations au débat permanent, au respect de la parole citoyenne, au rejet des technocraties aveugles, au rejet des notables.

Ainsi les 60 ONG liées par le Pacte pour la transition après des consultations directes qui ont impliqué des milliers de citoyens, revendiquent-elles leur vocation à engager les changements majeurs écologiques, sociaux, démocratiques, nécessaires à la résilience des communes et de leurs groupements, en réponse aux défis des prochains mandats électoraux et déjà, à l’occasion des élections municipales de mars 2020.

Le Pacte  invite donc à « construire ensemble les communes de demain ».

Le Collectif citoyen de la vallée de la Doller et du Soulzbach qui vient de se créer dans la perspective des élections municipales dans les villages de la vallée de la Doller en est une illustration, un exemple de traduction opérationnelle, parmi bien d’autres sur tout le territoire français, dans les plus grandes villes comme dans les villages.

A partir des propositions issues des 32 mesures élaborées par le Pacte pour la transition la démarche est donc également engagée dans la vallée.

La préparation d’une réunion publique par le collectif illustrait bien cette volonté d’implication qui se manifeste désormais dans le contexte sociétal qui est le nôtre : conscience de l’ampleur des défis à relever et volonté d’y impliquer directement les citoyen.ne.s, conscience de la lame de fond qui s’est levée, de la soif de sens à retrouver pour nos modes de vie, notre organisation sociale, de l’importance du lien à réinventer avec l’environnement.

Car si la responsabilité de maire d’une petite commune a perdu de son attractivité dans un contexte difficile, c’est bien aux citoyens qu’il appartient de se mobiliser, de proposer, de réaliser et d’impulser des projets novateurs bons pour la nature et bon pour la société.

Le 29 février de 14h à 20 h à la Maison du Pays à Wegscheid les habitant.e.s des villages seront donc invités par le Collectif à s’exprimer, proposer et co-construire pour l’avenir de leurs communes des mesures, leurs mesures, inspirées du Pacte.

Services publics, écologie, accès aux droits, démocratie, économie sociale et solidaire, seront à l’ordre du jour des débats et des tables rondes organisées pour choisir les mesures prioritaires qui seront proposées à la signature des candidats dans les villages concernés.

Sensibiliser et former à la transition, impliquer réellement les citoyen.nes, être des acteurs soucieux de l’urgence climatique, des critères environnementaux et sociaux, des impacts à long terme des choix locaux pour l’organisation de la commune et ses groupements… autant d’engagements fermes qui seront proposés aux candidats à l’élection de mars… et suivis sur la durée des mandats par ceux qui se réclament et se réclameront du Collectif.

Le scrutin des 15 et 22 mars 2020 devra être celui des débats, des propositions, de la mise en œuvre  du contrôle citoyen, dans la vallée de la Doller, comme partout.

Comme l’annonce clairement un texte du Forum citoyen de la vallée de la Doller et du Soulzbach : « l’objectif est de réunir autour d’une même table les citoyens et citoyennes, les associations locales et les futurs élus qui souhaitent faire avancer leur territoire vers un modèle plus respectueux de la nature et plus juste » et de réfléchir ensemble pour «  décliner [les 32 mesures] de manière concrète dans nos villages ».

Et comme l’aurait dit le crieur public il y a bien longtemps (bien avant les réseaux sociaux donc) :

Avis à la population !

«  Il sera proposé aux candidats de choisir au moins 10 des 32 mesures proposées par la Pacte de transition, celles qu’ils souhaitent pouvoir appliquer, et aussi de signer le Pacte ».

Qu’on se le dise !

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