Ils déplorent la dégradations du service public et ses conséquences pour les personnes. Ce sont des citoyens allocataires ou solidaires des droits sociaux pour tous. 

Mais aussi des personnes engagées au sein du groupe chômeurs et précaires de la Maison de la Citoyenneté Mondiale affiliée au MNCP (Mouvement National des Chômeurs et Précaires), à AU68 (associations unies), au Droit au logement (DAL), à Droit et Pauvreté, RSA Grand Est, et à l’Archipel des sans voix.

Depuis le printemps ils s’adressent aux administrateurs de la CAF. Et veulent être compris et respectés, dans un climat de confiance et alors que des obligations de l’administration publique sont bafouées.

N’ayant que rarement l’occasion de rencontrer sa direction afin d’exposer les problèmes rencontrés par les allocataires, ils constatent que le service public est devenu le plus souvent un système inhumain et sourd.

Ce faisant, elles rappellent à la CAF que le logement, le revenu, la santé, l’éducation, la culture, sont des droits fondamentaux. Soit le contraire de la charité.

Face à cette barrière d’incompréhension et en l’absence d’un véritable dialogue, quand des personnes et des familles subissent quotidiennement des décisions souvent sans appel et avec des conséquences graves et dégradantes, et que les réunions avec les services de la CAF sont jugées “peu concluantes“,

Des rencontres étalées sur un semestre avec les services de la CAF ont permis d’examiner des situations subies par les allocataires, les associations et les travailleurs sociaux de la CEA. Mais ils ont accouché d’une souris, et se sont soldés par une déclaration jugée malheureuse, selon laquelle : « c’est aux personnes de s’habituer à la logique des systèmes, et alors nous irons mieux vers eux ».

Après une entrevue avec des responsables de la CAF lors de la première manifestation, ceux-ci ont admis que « le système est mauvais », tout en se satisfaisant du mode de contact physique des allocataires avec les agents.

Or, selon les manifestants, il s’agirait plutôt de s’habituer à une logique de la dématérialisation d’un service public, et à des silences opposés régulièrement aux allocataires ainsi qu’aux travailleurs sociaux qui les sollicitent en vain.

Pour toutes ces raisons, ils se sont décidés à se mobiliser régulièrement. Ainsi, tous les premiers mardis du mois verra un rassemblement devant la Caisse d’allocations familiales (Caf) du Haut-Rhin.

Ce fut donc le cas, ce mardi 7 septembre 2021.

Les manifestants réclament à ce titre de meilleurs contacts humains, dénoncent les contrôles permanents et dégradants, les préjugés colportés à leur endroit, même par des ministres, à propos de l’allocation de rentrée scolaire, ce que confirme d’ailleurs le sociologue Vincent Dubois, dans son ouvrage Contrôler les assistés, genèse et usages d’un mot d’ordre.

Les protestataires réclament également que le service public respecte la loi ESSOC (sur le droit à l’erreur) et le Code des relations entre le public et les administrations, et notamment l’obligation de traitement des dossiers dans la considération des personnes.

Ils plaident pour un revenu minimum d’existence, relèvent la fracture numérique grandissante entre allocataires, dénoncent les baisses voire les suppressions des aides au logement depuis le début de la réforme du mode de calcul, alors que les revenus des personnes ou familles n’ont pas changé.

En cas de révision des droits, ils dénoncent par ailleurs la suppression illégale des allocations pouvant durer plusieurs mois avant leur rétablissement.

Ils réclament enfin un audit portant sur l’efficacité sociale et financière des CAF.

Si la direction de la CAF déplore elle aussi un “manque de moyens” et admet la nécessite “de travailler tous ensemble”, les manifestants espèrent des actes vérifiables plus que des déclarations d’intention.

Lueur d’espoir ? Toujours est-il que Jacques Rimeize, président de la caisse d’allocations familiales du Haut-Rhin, et secrétaire départemental de Force ouvrière, se dit prêt à recevoir une délégation mardi prochain. Il rappelle par ailleurs l’existence d’une commission créée par ses soins, qui regroupe les travailleurs sociaux de la CAF, ceux des CCAS (centres communaux d’action sociale) et des représentants de chômeurs.

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