Crédit photos : Martin Wilhelm

Le syndrome d’un profond et persistant malaise au sein de la maison Éducation nationale, et plus généralement d’une perte de sens des métiers de la fonction publique, exacerbée encore par les récentes propositions gouvernementales défavorables aux agents publics, et un manque de reconnaissance à leur endroit, s’est traduit hier après-midi dans les rues de Mulhouse.

Celle-ci ont en effet été le théâtre d’une importante manifestation ce jeudi 5 décembre, à l’appel d’une intersyndicale CGT, FO, FSU, SGEN-CFDT, CFTC, Unsa, et Solidaires, rassemblant au moins 800 personnes selon notre décompte.

Les enseignants, surtout du premier et du second degré, et dans une mesure moindre de l’université, constituaient la majorité des manifestants. Ils voisinaient d’autres agents, issus notamment des services de santé, des finances publiques, des douanes, et même de la police nationale.

La mobilisation s’origine notamment dans le projet gouvernemental consistant à imposer trois jours de carence aux fonctionnaires d’État. Une mesure qui pourrait avoir un impact financier significatif, entraînant une perte de plus de 200 euros de salaire sur trois à cinq jours d’arrêt d’un professeur des écoles, selon les syndicats.

Mais les manifestants dénonçaient tout autant le « bashing » récurrent auxquels sont soumis les enseignants (ainsi que d’autres fonctionnaires), comme on l’aura encore vu au travers des déclarations de Nicolas Sarkozy, ainsi que les conditions de travail et de rémunération, notamment au regard des moyennes de l’OCDE.

Chiffres 2023 de l’OCDE des salaires annuels bruts

Le paradoxe étant que les syndicats mobilisent au moment d’une censure du gouvernement, entraînant la démission du Premier ministre Michel Barnier, et à travers lui, celle d’un ministre de la Fonction publique particulièrement décrié, Guillaume Kasbarian.

Pour autant, les syndicats craignent que les budgets de la sécurité sociale et celui de l’État, toujours en préparations, et aujourd’hui suspendus jusqu’au vote d’une loi spéciale, ne maintiennent l’essentiel des mesures combattues par les fonctionnaires.

Le taux de participation à la journée de grève a été particulièrement élevé, d’après les chiffres officiels de l’Académie de Strasbourg : 47,08% dans le premier degré, 34,72% dans les collèges, 20,19% dans les lycées généralistes, 12,72% dans les lycées professionnels.

À Mulhouse, on recense un total de 27 écoles élémentaires et/ou maternelles fermées selon le service éducation de la municipalité.

A Strasbourg, plusieurs lycées étaient bloqués et l’on comptait plus de 3000 manifestants dans les rues de la capitale alsacienne.