Cré­dit pho­tos : Mar­tin Wilhelm

Du moins ceux qui étaient pré­sents hier à la mani­fes­ta­tion orga­ni­sée par les syn­di­cats CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Soli­daires, les retrai­tés de la fonc­tion publique FGR, Ensemble et Soli­daires ain­si que Loi­sirs Soli­da­ri­té Retraite (LSR)… Un large appel qui a ras­sem­blé une bonne cen­taine de mani­fes­tants qui ont défi­lé de la place de l’Europe jusqu’à la sous-pré­fec­ture où une délé­ga­tion a pu remettre une motion détaillant leurs revendications.

La prin­ci­pale tou­chait au pou­voir d’achat. Une hausse de 10 % des pen­sions pour faire face à l’inflation et un rat­tra­page de trois mois pour les hausses légales qui ne sont pas inter­ve­nues depuis 2017. 

En ces temps où le gou­ver­ne­ment et son ministre de l’Economie en tête, envi­sage de frap­per les retrai­tés au porte-mon­naie pour réduire la dette publique, il n’est pas inutile de rap­pe­ler que la taxa­tion des pro­fits et le réta­blis­se­ment de l’impôt sur les grandes for­tunes seraient une voie bien plus judi­cieuse que de s’attaquer au plus faible.

Car, comme le rap­pelle Patrick Hoern­lé, res­pon­sable CGT, dans son allo­cu­tion devant la sous-pré­fec­ture : « Et encore 10% ce n’est pas assez, il fau­drait 15% », « Les retrai­tés partent de moins en moins en vacances, cer­tains n’ar­rivent plus à se chauf­fer, des gens sont obli­gés d’al­ler aux Res­tos du Cœur… », décri­vant ain­si une réa­li­té bien éloi­gnée du « retrai­té pri­vi­lé­gié et nanti ».

Depuis 2017, les syn­di­cats constatent une perte de 9,1 % de pou­voir d’achat (aug­men­ta­tion des pen­sions à 7,9 % pour une infla­tion de 17%), et consi­dèrent que la perte cumu­lée s’élève à près de 3 mois de pension!

Tout  cela  engendre  une  aug­men­ta­tion  de  la pau­vre­té des retrai­tés les plus dému­nis, 700.000 d’entre eux ne touchent que le mini­mum vieillesse, en aug­men­ta­tion de 10,6% en un an. Paral­lè­le­ment en 10 ans en France selon Oxfam, ,  il  y  a  3  fois  plus  de  mil­liar­daires, 42 mil­liar­daires ont gagné 230 mil­liards d’euros, assez pour faire un chèque de 3400 euros pour chaque Fran­çais, rap­pellent les orga­ni­sa­teurs de la jour­née d’action dans un tract.

Il est assez évident que le nombre de mani­fes­tants pré­sents dans les rues de Mul­house n’illustre pas l’ampleur du mécon­ten­te­ment de la popu­la­tion et des retrai­tés en particulier.

Cela reflète plu­tôt les dif­fi­cul­tés pour que ce mécon­ten­te­ment s’exprime publique, après la défaite de la bataille des retraites qui avaient beau­coup mobi­li­sée : le gou­ver­ne­ment a vou­lu faire la démons­tra­tion que la colère des Fran­çais lui impor­tait peu et qu’il pas­se­rait en force quand il l’aura déci­dé. Cal­cul poli­tique à court terme, mais bombe sociale à plus long terme : M. Macron semble avoir fait le choix du camp qu’il sert…