« Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les recon­naît », per­si­flait déli­cieu­se­ment le Dieu de la jac­tance, Mon­sieur Audiard.
Gageons que le cador Strau­mann, pré­sident du Conseil dépar­te­men­tal du Haut-Rhin, doit émar­ger au sein de la vaste confré­rie depuis quelques temps déjà.
Après avoir réins­tau­ré le cas­sage de cailloux pour délit de grande pau­vre­té, le voi­ci fran­chis­sant au trot le mur du çon en appa­rat de grand mama­mou­chi sud-alsacien.
Lun­di 22 février 2016, le jour­nal « l’Alsace » rela­tait en effet le cour­roux qui l’étreignait alors qu’il se bor­nait à pro­pa­ger la bonne nou­velle béné­vo­lante, aux lar­bins pas fran­che­ment conver­tis. Il se trouve qu’une poi­gnée d’empêcheurs de beso­gner pour des nèfles lui mor­dillait mécham­ment la sou­tane depuis une plombe. Ce à quoi il leur répon­dit, bran­dis­sant haut le por­trait de Saint-Tur­bin: « Une par­tie de l’é­lite intel­lec­tuelle, osant même par­ler du retour du STO (Ser­vice du Tra­vail Obli­ga­toire) de sinistre mémoire, en oubliant de regar­der du côté des pays anglo-saxons qui connaissent des niveaux de chô­mage bien plus faibles que nous. »
Il avait bien rai­son le Rico. Les anglishes c’est vrai­ment les rois du monde ques­tion bou­lot ! On peut même dire qu’ils dis­persent la cor­vée, et ven­tilent la dèche, comme pas deux euro­péens sau­raient se tirer la nouille à Bruxelles ! On repère même qu’ils ont inven­té le contrat de tra­vail « zéro heure ». Ce qui veut dire que le bour­geois dis­pose de toi quand le besoin le presse, sinon tu repas­se­ras la semaine des quatre !
On n’en croit pas ses cages à miel ! C’est un peu comme le « béné­vo­lat » de Strau­mann : on te sonne au lance-pierre et t’aboules la bidoche pour pas une thune ! Si tu refuses, t’iras visi­ter la camarde la gueule ouverte, elle au moins te fera bouf­fer du pissenlit…
Y a pas à dire, la vie poli­tique pour Strau­mann, c’est pas seule­ment du cinéma.

Mario DI STEFANO