Fauchés, ils deviennent abjects : les CD du 67 et du 68 prennent les pauvres en otage – L'Alterpresse68

Fauchés, ils deviennent abjects : les CD du 67 et du 68 prennent les pauvres en otage

Dans le Haut-Rhin : Straumann s’attaque aux bénéficiaires du RSA

Un communiqué, destiné à une diffusion locale et nationale, intitulé : « Non au SBO (Service Bénévole Obligatoire) pour les RSA ! » est accessible ici. Il fait suite à une réunion, le mardi 9 février, de plusieurs associations haut-rhinoises qui ont souhaité réagir à l’initiative d’E. Straumann, le président du conseil départemental du Haut-Rhin qui a exigé de tous les élu-e-s du CD68 un vote pour la mise en place d’un régime de travail obligatoire de 7 heures par semaine pour tous les bénéficiaires du RSA.

Le terme « exigé » n’est pas trop fort puisqu’une élue de droite, farouchement contre ce projet, a finalement voté pour, par discipline, après avoir lu une déclaration d’indignation et de protestation, en s’adressant à l’ensemble de ses collègues de droite. L’Alterpresse68 a demandé une copie de cette déclaration dont la « grande » presse n’a pas parlé. Si nous l’obtenons, nous en ferons connaître le contenu à nos lectrices et lecteurs. Quant à la seule élue PS du CD68, elle s’est abstenue…

Si le président du CD68 et tous ceux qui partagent ses objectifs réactionnaires sont déterminés (voir sur ce site l’article : Labeur du pauvre : Le conseil départemental du Haut-Rhin œuvre pour le larbinat ), la riposte tarde un peu à s’organiser. Si le ton du communiqué a les apparences de la radicalité et de la colère, voire de la rage, qui se sont exprimées dans la première partie de la réunion du 9 février, le texte reste flou sur les revendications et les objectifs que le collectif naissant devrait s’assigner en pareilles circonstances. Il ne contient même pas l’idée d’exiger des excuses du président du CD68 pour ses propos scandaleux et stigmatisants. Une idée qui a pourtant suscité beaucoup d’intérêt lorsqu’elle a été avancée au cours de la réunion. Une idée qui a été « oubliée » par les rédacteurs du communiqué, craignant, pour des raisons diverses et pas toujours avouables, de trop heurter E. Straumann. Lequel continue sur sa lancée, et sans état d’âme, lui : le 10 février il a mis au défi la ministre M. Touraine – qui considère illégale la décision du CD68 – de le déférer devant un tribunal.

Vous comprendrez que, dans ces conditions, l’équipe de L’Alterpresse68 n’ait pas été unanime à approuver ce communiqué. Qui pourrait être suivi d’autres initiatives, puisque le collectif, qui souhaite s’élargir, devrait organiser une nouvelle réunion le 22 février prochain. Peut-être avec l’obligation de mettre à son ordre du jour un autre « coup » perpétré par E. Straumann ou un de ses semblables ?…

Dans le Bas-Rhin : Bierry s’attaque à l’hébergement d’urgence

Avant même le service du bénévolat obligatoire (SBO) instauré par les élus du Haut-Rhin, la bassesse avait sévi au nord de la région.

Le conseil départemental du Bas-Rhin a en effet décidé de supprimer les crédits de l’hébergement d’urgence, sans préavis, et avec effet rétroactif au 1er janvier !

Des travailleurs sociaux ont manifesté jeudi près de l’hôtel du préfet, où une réunion se tenait sur le sujet.

L’information avait été révélée à la fin du mois de janvier. La somme en jeu, dérisoire à l’échelle départementale, et au regard de l’enjeu, est de 640 000 euros.

Frédéric Bierry, président aussi plein de ressources inhumaines qu’Eric Straumann, son homologue haut-rhinois, plaide la baisse des dotations de l’État pour justifier sa décision.

Notre confrère strasbourgeois « la feuille de chou » consacre un reportage sur le sujet, à découvrir ici.

Quant à la FNARS Alsace, elle a adressé une lettre ouverte au préfet, à Bierry et au maire de Strasbourg pour demander une « rencontre permettant de trouver des solutions ». La lettre est ici. Elle va sûrement faire peur à Bierry.

Tout comme le communiqué haut-rhinois va terriblement angoisser Straumann…

B. Schaeffer

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