Une bonne centaine de personnes rassemblées ce samedi place de la Réunion à Mulhouse pour demander l’arrêt des expulsions locatives; 2016 encore une année noire !
Le 1er avril marque la fin de la trêve hivernale des expulsions sur le territoire français.
Dans le Haut – Rhin le nombre de jugements accordant le concours de la force publique pour y procéder  a presque doublé depuis l’an dernier (de 490 en 2014 à 735 en 2015, dont près de 70% sont exécutés et dans le 68 plus de 200 foyers  susceptibles d’être expulsés depuis ce 1er avril).

Chô­mage, pré­ca­ri­té, misère…et dehors « Jac­que­line, Eric et leurs enfants, Suzan­na et ses enfants, Sabine et son tou­tou, Rafiye, han­di­ca­pée, et ses enfants, Gui­lène, sala­riée pré­caire, Moha­med et leurs enfants, Gul­nur et Ali, han­di­ca­pé, et leurs enfants, Chris­tiane, 70 ans et son petit- fils, Mor­gane et ses enfants, Loui­sa et sa fille, Rachel, Julien et leurs enfants, Ste­pha­nie et ses enfants dont un han­di­ca­pé »...autant de « pré­noms de vie », par­mi bien d’autres, énu­mé­rés par la repré­sen­tante du D.A.L. 68 (Droit au loge­ment) qui rap­pe­lait aus­si quelques grands chiffres: 13% de la popu­la­tion fran­çaise tou­chés par la pau­vre­té et 3,8 mil­lions de per­sonnes souf­frant de mal – loge­ment (chiffre fon­da­tion Abbé Pierre), des mil­liers de foyers en France en ins­tance d’ expulsion…

Une petite  chan­son a sui­vi les inter­ven­tions du D.A.L 68 et de la C.N.L 68.

Les paroles d’un cou­plet par­mi d’autres:

« Dans les rues,

sans loge­ment

demain nous,

serons tant ».

Ce 2 avril 11 maires de la région pari­sienne ont pris un arrê­té inter­di­sant les expul­sions loca­tives dans leur ville (comme l’an der­nier) pour « troubles à l’ordre public » cau­sés par l’E­tat Ils ont éga­le­ment moti­vé leur déci­sion par des enga­ge­ments inter­na­tio­naux inter­di­sant ces expul­sions sau­vages, sans solu­tion de relo­ge­ment, signés par la France…en 1966.

Les asso­cia­tions et par­tis poli­tiques les sou­te­nant ont rap­pe­lé à Mul­house leurs pro­po­si­tions (dont géné­ra­li­sa­tion de l’en­ca­dre­ment des loyers, construc­tion mas­sive de vrais loge­ments sociaux à loyer réel­le­ment modé­ré, appli­ca­tion de la loi sur la réqui­si­tion des loge­ments vacants, ren­for­ce­ment des droits des loca­taires pour le main­tien dans les lieux, réta­blis­se­ment des aides à la pierre, ren­for­ce­ment des APL et du Livret A, arrêt des poli­tiques d’ur­ba­nisme spéculatives…).

Deux fois plus de pré­sents donc au ras­sem­ble­ment cette année qu’en 2015

A Paris des mani­fes­tants du ras­sem­ble­ment « Nuit debout», expul­sés ce matin de la place de la Répu­blique où ils avaient pas­sé la nuit pour expri­mer leur indi­gna­tion et leur sou­tien aux luttes sociales en cours, se sont joints à la mani­fes­ta­tion du D.A.L et des orga­ni­sa­tion qui la soutenaient.

Inéga­li­tés, quart- mon­dia­li­sa­tion de notre socié­té pour­tant si riche…

Comme dans la chan­son, il fau­dra demain « être tant »  pour ne plus égre­ner des listes de  « pré­noms de vie».

Pre­miers signa­taires locaux ayant appe­lé au ras­sem­ble­ment: CNL 68, DAL 68, Emmaüs Cer­nay, LDH, Mai­son de la citoyen­ne­té mon­diale, Soli­da­ri­tés nou­velles face au chô­mage, Urgence Welcome…et avec le sou­tien de EELV Mul­house 3 fron­tières, Lutte ouvrière, PCF 68.

Chris­tian Rubechi

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