Un lecteur bas-rhinois de revues alternatives a transmis ses impressions à quelques-unes d’entre elles, après avoir vu et entendu quelques “analystes politiques” proférer quelques énormités anti-Mélenchon dans l’émission “C dans l’air” sur France 5.

Nous avons été destinataires, parmi d’autres, de ce courrier de lecteur-auditeur-téléspectateur que nous reproduisons intégralement ci-dessous en l’agrémentant d’une affichette produite par des partisans de Mélenchon. Elle montre que le camp du candidat de la France Insoumise mène une campagne intelligente. On comprend qu’elle exaspère et fasse perdre leurs nerfs aux chiens de garde et autres “éditocrates sous perfusion“.

Ah, il fallait les voir et les entendre, les invité(-e)s de «C dans l’air», (du lundi au samedi sur à 17 H 50 sur France 5), le lundi 10 avril, au lendemain du meeting de Jean-Luc Mélenchon sur le Vieux-Port à Marseille !

D’emblée, Christophe Barbier («L’Express», BFM TV), qui détient sans doute le record de participations à cette «émission-phare» de France Télévisions, avait, comme pour se rassurer, indiqué «qu’une partie de son électorat n’ira pas voter». Plus tard, celui qui adore s’admirer arborant une écharpe rouge a postillonné: «Il a parlé de la paix, des migrants, avec sa minute de silence, pour ne pas parler d’autre chose…».

Catherine Nay («Valeurs actuelles» et Europe 1) l’a égratigné pour son interview à «Gala», début septembre 2016, et ses «ronronnements de chat chez Karine Le Marchand», le 6 novembre dernier sur M6 (ces deux rendez-vous étaient-ils indispensables?…), puis l’a raillé : «il a lancé ses filets dérivants vers tout le monde», virant «du bavardage intime à une sorte d’épopée lyrique, Hugo revisité, mâtiné de Zola… Mais son programme? La distribution généreuse, faire payer les riches plus qu’avant… Sortie de l’OTAN, les missiles hors de Pologne, faut aussi être raisonnable!… Il termine par un poète grec [Yánnis Rítsos, décédé le 11 novembre 1990]. On est dans le bisounours…».

MelenchonAttentionDanger

Françoise Fressoz, sans doute la journaliste du «Monde» la plus réactionnaire, a insisté sur «le fond de radicalité extrêmement fort», se plantant en imputant au député européen la préconisation «du désarmement unilatéral» (malheureusement non ! Je déplore également le report, d’ici… trente-trois ans, quant à l’abandon du nucléaire civil). La présence de Jean-Luc Mélenchon provoquerait même «un cataclysme sur les marchés financiers» (Barbier et elle unisono).

À aucun moment, Caroline Roux, la «modératrice», n’a rectifié les erreurs de ses collègues. Elle a même suscité leurs rires avec son lapsus «le candidat de la France apaisée, euh, insoumise, pardon!…». Seul Bernard Sananès, de l’Institut ÉLABE, a maintenu un semblant d’objectivité.

Deux jours plus tard, le mercredi 12 avril, décor identique avec quatre autres habitué(-e)s. Yves Thréard («Le Figaro», Europe 1) a jugé, sans ciller, «le programme de Mélenchon délirant, hors des clous», le situant, sur le plan économique, «assez proche de Marine Le Pen».

«L’historien» Jean Garrigues a pointé les «accents de populisme au sens négatif du terme chez Mélenchon», dont le projet «repose sur des rapports de force irréalistes».

Jérôme Fourquet, de l’IFOP, a cité le macronien Alain Minc (quelle référence!) et sa «sortie du cercle de la raison».

Sophie Coignard («Le Point») n’a perçu dans l’hommage aux noyé(-e)s dans la Méditerranée qu’un «coup génial, absolument consensuel», traitant sa «cible» de «révolutionnaire en peau de lapin»…Vomitif !

Ces fier(-ère)s cumulard(-e)s, «éditocrates sous perfusion» (titre du remarquable opuscule de Sébastien Fontenelle, paru chez Libertalia au 4ème trimestre 2014), craignent aussi, en cas d’application de «L’avenir en commun», une loi contre la concentration des médias, protégeant le secteur des intérêts financiers, et une révision des aides publiques à la presse qu’engrangent encore, massivement, les principaux hebdomadaires «d’information» (sic), lesquels s’apparentent bien davantage à des catalogues publicitaires.

Quelle que soit la thématique abordée, les partisan(-e)s de l’ultra-libéralisme ont très majoritairement table mise à «C dans l’air». Quid du pluralisme, d’une authentique diversité d’analyse?… Serait-ce si incongru d’imaginer que de temps à autre Denis Sieffert, Christophe Kantcheff, Michel Soudais, ou Serge Halimi du «Monde diplomatique», y répandent une voix discordante?… Depuis l’accession, le 22 août 2015, à la tête du service public audiovisuel, de Delphine Ernotte et la nomination, le 7 décembre 2015, de Michel Field comme directeur exécutif de l’information , le périmètre de la liberté d’expression s’est encore réduit. La pugnace Élise Lucet, avec «Cash Investigation» et «Envoyé spécial» (sur France 2), reste une des rarissimes exceptions.

René Hamm

Bischoffsheim (Bas-Rhin)

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