La doyenne des mani­fes­ta­tions dédiées aux pro­duits éco­lo­giques et bio­lo­giques, une des plus impor­tantes dans l’Hexagone (1), réuni­ra à nou­veau, du jeu­di 10 au dimanche 13 mai à Col­mar, plus de cinq cents exposant(-e)s (asso­cia­tions incluses), tout en offrant aux visiteur(-se)s moult oppor­tu­ni­tés d’enrichir leurs connais­sances et de débattre, notam­ment autour de la thé­ma­tique cen­trale de cette 37ème édi­tion: «quel futur pour le travail?».

Dans l’éditorial de la pla­quette, Jean-Fran­çois Pier­det, le Pré­sident de la mani­fes­ta­tion, s’interroge quant à l’avenir de cette notion que les réac­tion­naires et ultra-libé­raux de tous bords dont, évi­dem­ment, les start-upers qui pré­tendent «nous» gou­ver­ner, érigent obs­ti­né­ment au rang de «valeur» suprême. «Ce mot, asso­cié à ceux de capi­tal et de crois­sance, est deve­nu le dogme de nos civi­li­sa­tions de consom­ma­tion. Il classe et empri­sonne les humains et contri­bue à la des­truc­tion de la pla­nète en fai­sant sem­blant d’ignorer que nous vivons dans un monde fini. Des femmes et des hommes souffrent parce qu’ils n’ont pas d’emploi ou que le tra­vail qu’ils accom­plissent les broie…». L’ambition du sus­nom­mé pour ces quatre jour­nées (voire bien au-delà!): «esquis­ser les pistes qui nous conduisent vers un nou­veau para­digme», per­met­tant aux terrien(-ne)s d’accéder à «un mieux-vivre entre eux et avec la nature».

Le comi­té d’organisation, secon­dé par quelque trois cents béné­voles, pro­po­se­ra trente-six  confé­rences, la pro­jec­tion de dix-neuf docu­men­taires, une qua­ran­taine d’ateliers, comme «le stage éolienne PIGGOTT» ou la «Phi­lo et pra­tique de l’attention», sept cau­se­ries (2), des contes, huit pièces de théâtre (3), sept concerts, diverses ani­ma­tions ain­si que, pour cinq euros, la dégus­ta­tion de vins com­mer­cia­li­sés sur le site, sous la hou­lette de Nico­las Senn, caviste à Kat­zen­thal (Haut-Rhin).

Le poli­to­logue Paul Ariès, depuis sep­tembre 2011 rédac­teur en chef de la revue tri­mes­trielle «Les Z’Indigné(-e)s», se deman­de­ra si le XXIème siècle ne signe­ra pas la dis­pa­ri­tion du tra­vail obli­ga­toire et le décou­ple­ment du job et des reve­nus. Didier Har­pa­gès, pro­fes­seur en Sciences éco­no­miques et sociales à la retraite, pré­co­nise la sor­tie de la crois­sance pour mieux se débar­ras­ser du capi­ta­lisme, «Mou­rir au tra­vail: plu­tôt cre­ver!», l’ex-garde-forestier Patrick Habe­rer emmè­ne­ra l’auditoire «sur les traces de la mala­die de Lyme» (4), en insis­tant sur l’indispensable récon­ci­lia­tion avec la nature et nous-mêmes, Gilles Lara, d’Alter Alsace, annon­ce­ra une excel­lente nou­velle, que, mal­heu­reu­se­ment les policard(-e)s du cru s’empressent de sno­ber: l’Alsace pour­rait être auto­nome à 100% grâce aux éner­gies renouvelables.

Par­mi les films, je cite­rais «À Bure pour l’éternité» (52 minutes) d’Aymeric et Sébas­tien Bonet­ti; «L’intelligence des arbres» (80 minutes) de Julia Dor­del et Gui­do Tölke, avec Pro Sil­va; «L’invisible» (66 minutes) de Ser­gey Tsol­ler sur les grands crus, l’émotion, non per­cep­tible par les yeux, qu’ils pro­curent, l’intensité du ter­roir, les «vibra­tions» res­sen­ties par des vigne­rons…, en pré­sence du réa­li­sa­teur et de Jean-Pierre Frick, vigne­ron à Pfaf­fen­heim (Haut-Rhin), un des pion­niers fran­çais de la bio­dy­na­mie; la «Tri­lo­gie de l’épuisement» de l’Autrichien Erwin Wagen­ho­fer: «We feed the world» (96 minutes), «Let’s make money» (107 minutes), «Alpha­bet» (une heure quarante-trois).

Comme très sou­vent, le che­vau­che­ment de cer­taines séances géné­re­ra des casse-têtes et des crève-cœurs!

Le des­crip­tif  exhaus­tif des réjouis­sances est dis­po­nible sous www.ecobio.alsace Prix d’entrée: sept euros. For­fait pour quatre jours: dix-huit euros. Gra­tui­té pour les moins de qua­torze ans accom­pa­gnés. Pour évi­ter l’exclusion des per­sonnes désar­gen­tées et leur per­mettre de pro­fi­ter de cet évé­ne­ment, les orga­ni­sa­teurs conservent la for­mule intro­duite en 2014: l’achat d’un billet qui res­te­ra au gui­chet et sera offert à celle ou celui qui en for­mu­le­ra la demande.

(1) Aupa­ra­vant, elle se tenait, dans un cadre assez buco­lique et un tan­ti­net plus convi­vial, à Rouf­fach (d’abord l’Allée des rem­parts, puis la Place de l’église), loca­li­té de 4600 habitant(-e)s située à seize kilo­mètres au sud.

(2) Dont une sur la ges­tion des ruches par les abeilles par Ber­nard Ber­trand et une sur un ter­ri­toire en tran­si­tion per­ma­cul­tu­relle avec Pas­cal Bitsch, de la Val­lée de la Dol­ler en transition.

(3) Entre autres, «Le tra­vail expli­qué à mon chef» par Cécile Canal et le one-woman show d’Élise Gira­di sur «Le pro­grès: il avance ou il recule?».

(4) Titre de son opus­cule, rédi­gé avec la phar­ma­cienne ento­mo­lo­giste Natha­lie Bou­lan­ger et l’enseignant, spé­cia­liste du loup, Tho­mas Pfeif­fer, paru le 15 octobre 2016 chez I.D. l’Édition à Ber­nard­swiller (Bas-Rhin), 48 pages, 7 euros.

René HAMM

 

Les Assises de l’Ecologie à la Foire Eco-Bio

Dans le cadre de la Foire Eco-Bio, Cécile Ger­main-Écuer et Michaël Kugler et co-secré­taires d’EELV Alsace nous informent de la tenue des Assises de l’E­co­lo­gie le 12 mai de 10 h à 12 h.

Il est vrai que l’é­co­lo­gie a le vent en poupe !  Par­tout les témoi­gnages d’ac­tions quo­ti­diennes, d’initiatives locales et de démarches indi­vi­duelles en faveur d’un monde plus juste et plus sain, fleurissent.

De même, la plu­part des par­tis poli­tiques ont inté­gré la ques­tion de l’en­vi­ron­ne­ment à leur pro­gramme. Pour­tant, alors que la conscience éco­lo­gique s’im­pose chez une large par­tie de la popu­la­tion, l’é­co­lo­gie poli­tique peine à être repré­sen­tée au sein des ins­tances de décisions.

À l’oc­ca­sion des Assises d’Eu­rope Eco­lo­gie – Les Verts, sou­haitent vous invi­ter, adhérent.e.s et sympathisant.e.s qui oeu­vrez pour le mieux vivre et la jus­tice sociale, à un moment de réflexion et de dis­cus­sion sur l’é­co­lo­gie poli­tique,  ce qu’elle fut, ce qu’elle est, ce qu’elle pour­rait ou devrait être.

Cet évè­ne­ment sera aus­si l’oc­ca­sion de nous ren­con­trer et de par­ta­ger nos pré­oc­cu­pa­tions de citoyen.ne.s engagé.e.s, tout en créant du lien entre les dif­fé­rents pro­jets et les dif­fé­rentes luttes, au niveau de notre ter­ri­toire et au-delà.

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