En 2019 le concours de l’Eurovision devrait se dérouler à Tel-Aviv, en Israël.

Pourquoi donc appeler France Télévisions, partenaire majeur de l’Eurovision à ne pas soutenir l’évènement?

Pourquoi l’appeler à chercher un autre pays organisateur, à ne pas envoyer de candidat français si l’Eurovision est maintenu à Tel-Aviv, en Israël?

Il ne s’agit certes pas de priver les artistes qui le souhaitent de participer à ce concours suivi par des millions de téléspectateurs en Europe.

Il s’agit, comme de nombreux acteurs de la scène française et européenne (chanteurs, danseurs , musiciens, techniciens…) l’ont annoncé dans nombre de pays, de ne pas cautionner un État qui est désormais officiellement un État d’apartheid.

Depuis le mois de juillet 2018 l’État hébreu a adopté une loi à valeur constitutionnelle déclarant Israël “État – nation du peuple juif”.

Les symboles de l’État, la capitale Jérusalem, l’hébreu déclaré “langue de l’État”, l’ouverture à l’immigration juive et au retour des exilés, l’intervention dans la Diaspora et la protection sécuritaire des membres du peuple juif, le développement des colonies juives déclarées “valeur nationale”, le calendrier officiel, les jours de repos et de fêtes,autant d’affirmations du caractère juif de l’État – nation redéfini.

Et les autres? Arabes israéliens représentant près de 20% de la population israélienne?  Minorités présentes en Israël telles les Druzes et les Bédouins? Et les 5 millions de Palestiniens vivant en Cisjordanie, à Gaza, à Jérusalem-Est victimes d’une colonisation systématique, d’une répression continue et planifiée, de l’occupation militaire?

Et les résolutions de l’ONU ? Et tout le droit international condamnant depuis 70 ans cette colonisation régulière et organisée? Et le droit refusé aux millions d’exilés Palestiniens de rentrer dans leur pays, de retrouver les Terres et villages dont ils on été chassés par l’expansion de l’État israélien?

Il ne s’agit pas de rejouer la pièce de l’antisémitisme, de l’antisionisme, des instrumentalisations diverses si commodes pour évacuer le fait brut, indéniable, inacceptable: après des années mise en oeuvre systématique de mesures discriminatoires (logement, droit à l’eau, aux soins, à l’éducation, à la liberté de circulation, interdiction de fait des mariages mixtes, des regroupements familiaux…)  Israël franchit un pas majeur et se déclare donc pays qui met en oeuvre officiellement une politique d’apartheid.

On peut  préférer l’État qui le 14 mai 1948, dans sa déclaration d’indépendance affirmait qu'”Eretz- Israël est le lieu où naquit le peuple juif, où se forma son caractère spirituel, religieux et national” mais affirmait également sa volonté de “développer le pays au bénéfice de tous ses habitants”, de se fonder sur “une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses citoyens, sans distinction de croyance, de race ou de sexe”, qui affirmait “vouloir garantir la pleine liberté de conscience, de culte, d’éducation et de culture…et vouloir “respecter les principes de la Charte des Nation Unies”.

Peut être que la figure de Nelson Mandela est encore présente à l’esprit des dirigeants de notre société nationale de programme ?

France Télévisions ne doit pas soutenir ce concours. Faites le lui savoir.