L’Alterpresse68 accusé de “fake news” sur Facebook ! Elle est bonne comme une théière qui siffle.

C’est à l’occasion du partage de notre dernier article relatif au massif du Sprickelsberg sur le réseau social, qu’un lecteur a cru bon de relayer, et de titrer d’une manière fallacieuse : « Bientôt l’eau de Mulhouse massivement polluée aux pesticides ».

Deux personnalités, l’une médiatique, et l’autre politique, laissent croire, sur les commentaires attachés à ce partage, que nous sommes diffuseurs de « fake news ». A ceci près que de pollution des eaux de Mulhouse, il n’a jamais été question dans l’article publié sur notre site !

« Les faits sont les faits, c’est même à ça qu’on les reconnait », comme dirait l’écharpe rouge de Christophe Barbier.

Alors pour que les mal-comprenantes animées par les meilleures animosités confraternelles comprennent limpidement : Alterpresse68 respecte scrupuleusement la base éthique du journalisme : ne pas déformer les faits. Cela posé, chacun est libre de les commenter ou de les analyser comme il lui conviendra, principe conséquent de la liberté de la presse, considérée accessoirement par la Cour européenne des droits de l’homme comme une composante de la liberté d’expression.

Et c’est exactement ce à quoi s’emploie notre journal. A moins que Le Figaro, L’Humanité ou L’Opinion, pour ne citer qu’eux, soient pareillement considérés comme des journaux propagateurs de « fake news », au prétexte d’une grille de lecture toute particulière de l’actualité ?

A ce sujet, nos dernières enquêtes relatives à la pollution induite par les dépotoirs et décharges dans le département, sont étayées par des sources documentées et vérifiables. Nulle trace de « fake news » dans nos articles, et pas la moindre, également, dans l’article relatif au Sprickelsberg, déformé donc abusivement par un lecteur, en rien lié à notre rédaction.

Le moment était donc propice pour questionner nos contempteurs sur l’existence impromptue d’un modeste média indépendant sur le 68, et l’appréhension qu’une nouvelle forme de journalisme engagé semble susciter auprès du double quotidien unique alsacien, et des autorités politiques locales, dont le journal du groupe EBRA se soucie tant et plus:

Voici donc ces romanichels de la presse alternative, déguenillés de l’info, ourdissant éhontément leur anonymat forestier, qui se piquent d’occuper le parterre de la presse bancaire !
Bollocks, Steph !

Nous avons malicieusement retrouvé ces vaillants Hérauts de l’objectivité journalistique, en les personnes d’Isabelle Glorifet (journaliste à l’Alsace) et de Stéphan Graesslin (Directeur du cabinet de la maire de Mulhouse), deux augustes représentants de la (bien)séance médiatique locale. Vous trouverez ici bas le meilleur de notre échange avec eux.


Alterpresse68 : Nous sommes particulièrement honorés de recevoir tout d’abord une authentique journaliste professionnelle, exerçant au journal l’Alsace et dans d’autres titres du groupe EBRA, Mme Isabelle Glorifet, qui…

Isabelle Glorifet : Fake news !

AP68 : Comment ? N’êtes-vous pas journaliste ?

IG : Bien sûr que si. D’ailleurs je ne sors jamais sans mon insigne officiel de choc. Tenez (elle le brandit devant nous). Mais dit par vous c’est dérangeant. Ça manque de sources potables !

AP68 : Concevriez-vous quelques réserves à l’égard de notre petite entreprise de presse confraternelle ?

IG : Pour le moins ! Vous affirmiez récemment sur facebouque que l’eau de la Doller est polluée. C’est honteux. Je m’en imbibe chaque jour, et mon esprit dégazéifié n’en est pas troublé pour autant. Bifteck news !

AP68 : En effet. Difficile de leurrer une consoeur de l’Alsace. Mais avez-vous pris la peine de lire l’article en question ?

IG : Je l’ai bu jusqu’à la lie, oui ! De la biture affreuse. Comment ne pas se méfier de vos petits cocktails d’infos astringents, puisés à la source des potins les plus imbuvables. Make news !

AP68 : C’est-à-dire que nous n’avons jamais publié l’information alléguée. La personne qui a relayé notre article sur le réseau social a cru bon de le commenter personnellement. Mais celui-ci n’évoque pas du tout de menace sur la qualité de l’eau de la Doller !

IG : Ne cherchez pas à noyer le poison de votre eau ! Il n’y a aucun témoignage dans cet article qui vous disculpe de cette intention. Un vrai cloaque éditorial. Lake news !

AP68 : Et l’étude d’impact qui clôt l’article, elle est rigoureuse et documentée en matière de risques encourus par la faune et la flore dans tout le massif, en raison des travaux !

IG : Je ne vois pas à quoi vous faites allusion. Par ailleurs, on nous rebat les oreilles avec la faune et la flore ! J’aimerais aussi que l’on évoque mes difficultés personnelles. Comme mon incapacité foncière à admettre ma mauvaise foi !

AP68 : Passons maintenant à M. Stéphan Graesslin. Vous êtes depuis novembre 2017 le directeur du cabinet de Michèle Lutz, maire de Mulhouse.

Stéphan Graesslin : Pas du tout. Mais c’est ce que je m’astreins à lui faire croire. Comment pourrait-on seulement travailler avec Lutz ?

AP68 : Mme Lutz en a-t-elle conscience ?

SG : J’ai quelques discours-type que je prétends lui écrire lors des conseils municipaux. Elle les lit posément et distinctement. Quant à sa conscience, personne n’a jamais prouvé qu’elle en disposait.

AP68 : Il doit être délicat de gérer un tel hiatus professionnel étant donné que…

SG : Absolument pas, et puis la pratique de l’« intox » ne vous est pas exclusive !  

AP68 : Encore une fois, soyez assuré que nous n’avons rien écrit au sujet de la pollution de la Doller et…

SG : Taratata et langue de foi ! Je rejoins ma très consœur sur le fait que vous ne pouvez vous disculper de cette accusation infâme, qui fait ricochet sur les meurtrissures de votre âme endolorie, sous le couvert en argent massif duquel je me sers chaque jour lorsque je vous conchie entre deux repas, après les avoir bénis d’un puissant zéphir.  

AP68 : Vous avez la scatologie lyrique. Mais Isabelle Glorifet est-elle alors votre muse et êtes-vous son partenaire professionnel ?

SG : Vous m’en tordez les boyaux ! Le quotidien l’Alsace, comme tous ceux du groupe EBRA, est la voix de tous ses maitres. A commencer par son banquier de propriétaire. Les maitres des requêtes le suivent de près. Et puis il y a l’armée de greffiers sur qui l’on peut compter pour enrôler les affaires les moins périlleuses, même s’il existe quelques rétifs. En fait, Isabelle et moi, on s’assure que la plaine politico-médiatique mulhousienne reste aussi morne que possible. Oui, la mornitude est féconde par ici !

Merci au dessinateur Rodho pour l’aimable emprunt