Près de 6000 personnes ont encore défilé hier dans les rues de Mulhouse (3500 à Colmar, environ 12 000 en Alsace), contre le pass sanitaire, et ses conséquences sociales et économiques, notamment en matière de suspension des rémunérations chez les soignants, les pompiers, et les personnels oeuvrant dans les services, non encore vaccinés entre le 30 aout et le 15 septembre.

Moins de drapeaux tricolores, mais des détournements d’affiches et de nombreux pastiches témoignaient de la durable motivation des manifestants, dont le nombre fluctue légèrement au fil des semaines, sans pour autant marquer le pas, puisant encore dans de nouvelles ressources de mobilisation et de créativité, sans doute au grand regret du pouvoir politique.

Signe d’un intérêt un peu plus marqué et de la part de certaines forces de gauche, les manifestants ont commencé à scander quelques classiques en matière de slogans et messages politiquement plus structurés :

Captation audio de Jean-Jacques Greiner

On notait également l’intervention de Françoise Ruch, militante très connue de la gauche mulhousienne, notamment active au NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) et à la CGT. Présente à nombre de luttes sociales (dont dernièrement contre la loi sécurité globale), elle fut également active parmi les gilets jaunes ces dernières années.

Captation audio de Jean-Jacques Greiner

Mais la gauche y était en vérité toujours peu représentée, quand les extrêmes-droites y figuraient plus volontiers, et souvent sous de faux-nez.

Si quelques organisations marginales y font encore leur apparition, comme les marxistes-léninistes du PRCF (un “variant” du PCF, également présent), d’autres fractions de la gauche communiste (et même libertaire) préféreraient quant à eux s’autodissoudre, plutôt que de s’associer à cette “ignominie populacière” (à en déduire leur rhétorique). On y reviendra prochainement dans un prochain article.

Le “Mouvement communiste“, par exemple, créée en 1988 entre France et Belgique, voit quant à lui les “antivaxs” comme autant de “proto-fascistes” façonnés par le capitalisme, et va jusqu’à relativiser le caractère “totalitaire” des instruments du contrôle social numérique déployés à cette occasion, comparés aux pratiques consenties du réseautage social !

L’hénaurme et fascinante dialectique de ce dernier surgeon de l’ouvriérisme avant-gardiste, ambitionnant notamment de viser la “mise à mort des sociétés divisées en classes” vaut d’être découverte par ici.

Comme de bien entendu, vous trouverez ci-dessous la galerie photographique proposée par notre ami et collaborateur Martin Wilhelm :

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