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Ce sont deux issues probables d’un rapport de force : mais ce que l’on sait, c’est que la guerre doit bien se terminer un jour. Par un accord de paix. Sauf chez Orwell, dans son roman 1984, dans lequel l’Oceania, l’Eurasia et l’Estasia sont en guerre perpétuelle les uns contre les autres manœuvres, bienvenue pour imposer des systèmes oppressifs aux populations partout.
Mulhouse est une ville plurielle, on n’arrête pas de nous le dire. Mais est-ce que toute cette pluralité se retrouve dans la communauté mulhousienne ?
La guerre entre Israël et la Palestine est un de ces conflits qui semble perpétuels, comme si personne ne voulait l’arrêter… Et est, qu’on le veuille ou non, une thématique présente dans la jeunesse multiculturelle de notre cité… Voyez les réseaux sociaux…
L’horreur de l’attaque du Hamas contre la population israélienne est de ces éléments qui peuvent susciter des débats sans fins, et conduire à des ruptures définitives entre des individus et des groupes…
Si on veut éviter les malentendus qui conduisent au drame, il faut s’informer, essayer de comprendre une situation, ne pas se contenter de la réaction passionnelle. C’est à quoi nous souhaiterions contribuer ici.
L’INDIGNATION ET LA COMPASSION SÉLECTIVE
Car un acte comme celui-ci a aussi des causes, et pas uniquement des effets mortifères. Or, depuis samedi ce sont essentiellement les éléments passionnels qui sont traités, soit par les forces politiques, soit par les médias.
A l’exclusion d’un excellent dossier paru cette semaine dans l’Humanité Magazine, qui explique en quelques dates la genèse des rapports tendus entre Israël et le peuple palestinien, les médias font tout pour attiser le feu qui a embrasé le sud d’Israël.
Au sein de notre média, nous sommes comme tout le monde horrifiés par des images de massacres d’hommes, femmes et enfants, qui n’avaient que le tort d’être au mauvais endroit, au mauvais moment.
Faudrait-il pour autant reprendre la terminologie de l’extrême-droite israélienne, qui qualifie les Palestiniens d’« animaux » ? Faut-il croire que toute humanité a disparu chez ces combattants ? Et si tel était le cas, ne faudrait-il pas se demander d’où provient cette folie meurtrière ?
Nous n’avons pas, ici, l’indignation et la compassion sélectives : nous suivons depuis des années la situation dans cette région, et avons même été, pour certains d’entre nous, sur place, en Israël et en Palestine, afin de se frotter au réel de la situation, qui par certains côtés évoquent le sentiment d’une prison à ciel ouvert pour des centaines de milliers de palestiniens.
Nous avons pu voir combien l’existence d’une « Autorité Palestinienne » en Cisjordanie était fictionnelle, tant l’existence de ces territoires dépendaient du bon vouloir d’Israël : les banques israéliennes contrôlent la monnaie, les salaires des ouvriers travaillant dans les territoires occupés passent par des banques israéliennes, les points de passages contrôlés par l’armée de Tsahal sur la partie palestinienne ou à Jérusalem-Est compliquent tout déplacement…
Et nous avons toujours constamment plaidé pour une solution simple : cesser la colonisation des terres palestiniennes, reconnaître un véritable État palestinien, lui laisser les moyens d’exister et de fonctionner, enfin prévoir une solution à long terme avec les pays de la Région sur le sort fait aux réfugiés palestiniens de 1948.
Des Palestiniens qui, à l’appui d’une statistique issue de l’institut européen Statista, illustre un sordide bilan humain du conflit, de 2008 à 2020, et dans lequel le prix en vie humaine payé par le peuple palestinien est considérable.

On y constate une différence écrasante entre les blessés et tués parmi les deux populations, soit 5.590 Palestiniens et 251 Israéliens.
Évidemment, précisons-le pour les nombreux procureurs en réseau social, le rappel de ce simple fait macabre ne justifie en rien le massacre de ces derniers jours.
Cela nous permet néanmoins de constater qu’il n’y a manifestement pas de concurrence victimaire pour les médias mainstream. Car les victimes de cette guerre fratricide qui se joue depuis de si longues décennies, semblent unilatéralement (et spectaculairement) israélienne. Ce qui est à la fois vrai et faux, ainsi qu’on l’a vu dans le graphique ci-dessus.
Ce faisant, la souffrance palestinienne est passée régulièrement sous la sourdine ordinaire des narrations médiatiques.
Après tout, s’ils meurent en masse, ces Palestiniens, c’est parce qu’ils l’auraient mérité ? Parce qu’ils sont tous complices ?
A t-on le droit d’évoquer le contexte pour expliquer les motifs de cette guerre, sa radicalité et sa haine, de part et d’autre, sans devoir se disculper d’une complaisance supposée avec le terrorisme islamique, comme certains média s’en sont fait la spécialité à l’endroit de certaines personnes, et même d’un parti politique ?
Le schéma mortifère n’a quant à lui pas été modifié d’un iota : la violence engendre la violence. Du côté israélien, le gouvernement de droite et d’extrême-droite multiplie les mesures coercitives contre la population palestinienne…
L’armée fait en ce moment dégager une partie de Gaza, préparant sans doute une invasion terrestre, lourde de destructions et de morts. Ne suscitant par là qu’encore plus de colère, plus de haine, envers l’ensemble de la population israélienne.
L’INDIGNITÉ DES POLITIQUES ET DE LEURS MÉDIAS
Que la population israélienne puisse réclamer vengeance est compréhensible, lit-on dans la presse dominante (même chose dans les informations télévisées ou radiophoniques).
Mais alors, ce sentiment ne devrait-il pas symétriquement valoir pour les centaines de milliers de familles palestinienne qui éprouvent le même sentiment, d’autant plus que « leurs » morts ne suscitent pas les débats enflammés qui embrasent les plateaux télé.
La loi du talion, le principe « œil pour œil, dent pour dent » n’est pas digne dans notre vision de l’humanité. Et il est le contraire de la justice.
Or, la tonalité globale des gouvernements occidentaux est bien celle de justifier la réaction absurde et disproportionnée du gouvernement de M. Netanyahou.
Bloquer toute entrée d’eau, de gaz et d’électricité, ainsi que les vivres vers la bande de Gaza. Punir tout un peuple pour l’acte d’une fraction d’entre eux.
On voit bien l’objectif : essayer de détourner les Gazaouis du Hamas en les persécutant et en leur expliquant que tout cela est la faute de leur gouvernement ! C’est ce qui est fait depuis 2007 : car Gaza est sous embargo depuis cette date ! Et cette politique n’a fait que renforcer le soutien au Hamas, qui apparaît le seul à défendre l’objectif d’une Palestine libre et indépendante.
Qu’on le veuille ou non, qu’on le pense juste ou non, c’est ainsi qu’une majorité de la population de Gaza (et depuis quelque temps en Cisjordanie) pense : et c’est là, le principal échec de la politique israélienne, qui n’est pas le seul fait de l’actuel gouvernement.
Quand on voit les réactions des gouvernements, le sang ne peut que se glacer, et l’on peut sérieusement s’interroger sur le monde qu’ils souhaitent laisser en héritage.
Mme Borne estime que critiquer le gouvernement israélien est un pas vers l’antisémitisme ! Applaudie par toute la macronie, les droites et la gauche s’autoproclamant « raisonnable ».
Ceux qui ne pensent pas comme cela, sont évidemment des complotistes, des non-républicains. Parfait pour tuer tout débat et discussions contradictoires et mettant sous le boisseau la seule et vraie question : comment sortir de cet infernal tourniquet de drames et tueries…
DES INITIATIVES DE PAIX
Quand M. Scholz, le chancelier allemand, n’a qu’une seule proposition à faire : livrer des munitions à Israël, on peut s’interroger sur sa véritable intention. Personne n’interdit évidemment à l’État d’Israël de se défendre : alors, faisons tout pour qu’il ne soit pas attaqué !
Au lieu d’encourager le gouvernement israélien dans ses exactions contre le peuple palestinien, ne vaudrait-il pas mieux prendre enfin les mesures nécessaires pour garantir l’application de la résolution de l’ONU sur l’existence des deux pays : Israël ET Palestine, car malheureusement on ne peut plus penser de nos jours à un seul pays regroupant les deux communautés…
A différentes reprises, l’Organisation des Nations Unies à voté des résolutions imposant à Israël l’arrêt de la colonisation : mais rien n’y a fait, les différents gouvernements ne les ont jamais appliquées. Dans l’indifférence générale, y compris de la part de gouvernements arabes. Pourquoi ?
Pourquoi aucune mesure n’a-t-elle été prise pour imposer à Israël le respect des résolutions de l’ONU, sinon en conclure que le sort des Palestiniens est considéré comme secondaire.
C’est cela qui doit changer, et on ne peut que partager ce qu’écrit l’association France-Palestine solidarité dans son communiqué : « Nous attendons (…) des autorités françaises et européennes qu’elles se mobilisent pour un cessez-le-feu immédiat, et nous exigeons que cessent les bombardements contre la Bande de Gaza, l’offensive terrestre programmée par Israël et le siège totalement inhumain qu’Israël fait subir à la population. »
Nous y ajouterons : une initiative diplomatique d’envergure, pour que le problème soit enfin traité sur le fond, et débouche sur un salutaire accord préservant la paix pour les deux peuples.














Merci pour cet article qui remet un peu les « pendules à l’heure ». Comme il serait quasi miraculeux de lire ce genre d’analyse dans les colonnes de notre PQR, parce que les miracles, ça n’arrive qu’à Lourdes – et encore – , il faudrait que cette analyse tout à fait juste et pertinente, puisse et devrait être lue par un maximum de monde. Le « bon sens » et la triste vérité des faits y gagnerait.
Quant à notre classe politique, au lieu de se préoccuper de leurs strapontins au sein du gouvernement et de l’Assemblée Nationale, se replonger dans l’histoire de ce cheminement dramatique, en ne se basant que sur les faits et les opportunités oubliées – volontairement ou non – de trouver une issue à ce conflit, qui remonte aux lendemain de la guerre de 39-45, c’est à dire à l’époque de ce que les Palestiniens appelaient la « Nakba » (pardon si l’orthographe n’est pas tout à fait juste), permettrait d’éviter de dire et écrire n’importe quoi sur les déclarations de certains partis politiques, dans la plupart des médias qui font l’impasse sur la triste réalité des faits.
La France siège au Conseil de Sécurité de l’ONU … qu’attend notre président et notre Assemblée Nationale pour exiger un cessez-le feu immédiat et obliger au respect des accords d’Oslo ?
Il faut exiger aux belligérants de revenir autour de la table de négociation et arrêter les massacres, d’un côté, comme de l’autre. La Palestine doit avoir son état, au même titre que l’état d’Israël qui doit cesser de grignoter de plus en plus de terrain à son voisin. Dire cela, n’est pas de l’anti-sémitisme, brandi à n’importe quel propos pour éviter les questions qui fâchent !
La France ne joue pas son rôle en déclarant uniquement qu’Israël a le droit de se défendre, tout en faisant l’impasse sur la colonisation galopante dans le non-respect total du droit international depuis tant d’années !
amicalement à tous – pierre dolivet