Nous publions en collaboration avec Radio WNE un article tiré d’un échange avec Eliot Gafanesch, ancien porte-parole du syndicat « Voix lycéenne », et tête de liste de la France insoumise aux élections municipales de Mulhouse.
Eliot Gafanesch, 20 ans, étudiant en histoire à la Fonderie de Mulhouse, se présente comme tête de liste de La France insoumise (LFI) aux élections municipales de Mulhouse des 15 et 22 mars 2026.
Issu d’un milieu modeste, il évoque une prise de conscience politique précoce, marquée par les difficultés familiales et les inégalités sociales, comme le contraste entre jets privés d’une poignée de milliardaires et la précarité quotidienne de millions de personnes.
Militant depuis 2022 pour Jean-Luc Mélenchon, il rejoint LFI pour son programme concret et son refus des compromissions passées de la gauche traditionnelle.
Parcours personnel et engagement politique
Né à Mulhouse, Eliot Gafanesch a fréquenté les établissements locaux, du collège Kennedy au lycée Montaigne, avant de poursuivre ses études supérieures à l’UHA. Son activisme débute avec du porte-à-porte lors de la présidentielle de 2022, motivé par un sentiment d’écrasement social partagé par de nombreux jeunes des quartiers populaires.
Il critique les partis comme le PS ou le PCF pour leur entre-soi bourgeois, et vante la France insoumise pour son organisation en groupes d’action horizontaux, limités à 12 membres, favorisant la flexibilité et l’engagement direct sans hiérarchie lourde.
Gafanesch met en avant des causes comme le pouvoir d’achat, les questions internationales – notamment la solidarité avec la Palestine – et la lutte contre l’islamophobie d’État, qu’il voit comme un frein à l’unité populaire. Sa vie mulhousienne mêle études, militantisme et souvenirs d’activités sportives, où il a observé les coupes budgétaires dans les équipements municipaux, ou le théâtre d’improvisation au Théâtre de la Cité, victime de sous-financement.
Vision pour Mulhouse : rupture sociale et écologique
Eliot Gafanesch dénonce l’image négative de Mulhouse comme « zone de non-droit », un mythe alimenté par les disparités entre quartiers riches comme le Rebberg et populaires comme les Coteaux. Il critique les travaux urbains actuels, comme ceux de la rue Aristide-Briand, accusés de favoriser la gentrification en expulsant les plus modestes.
Pour une « ville insoumise », il s’inspire des municipalités communistes d’antan, avec gratuité des activités culturelles, sportives et extrascolaires, et une première mesure symbolique : ramener les séances du conseil municipal à la mairie, accessibles à tous, au lieu du Parc-Expo excentré.
Sur la sécurité, il prône l’arrêt de l’expansion de la police municipale (200 agents) et des caméras, inefficaces selon lui, pour réorienter vers des travailleurs sociaux contre les violences intrafamiliales. Face à la Métropole de Mulhouse (M2A), dominée par une coalition anti-Mulhouse, il propose de reprendre le contrôle de services délégués comme les piscines, mal gérées et sources de compression budgétaire. Pour financer, il vise à réduire l’épargne de la ville (13%, contre 5% au national) pour investir dans la rénovation thermique, la voirie et les transports gratuits, en négociant avec l’opérateur privé Solea via les rails municipaux.
Culture, jeunesse et écologie : priorités démocratisées
La culture doit être populaire et accessible : subventions maintenues pour la Filature ou l’Orchestre, mais recentrées sur des festivals comme Scène de rue, relancé annuellement, et des activités gratuites dans les quartiers pour contrer l’élitisme actuel. Gafanesch regrette la faillite des centres sociaux comme Papin, qu’il veut sauver par un meilleur management et des salaires décents pour les animateurs, vus comme piliers communautaires.
Pour la jeunesse, il plaide pour des conseils locaux variés, des assemblées de quartier proactives (avec porte-à-porte pour mobiliser) et un soutien aux associations, afin de restaurer la confiance trahie par la gauche passée.
L’écologie occupe une place prépondérante pour lui, avec des mesures locales comme la décentralisation énergétique via panneaux solaires sur immeubles. Eliot Gafanesch alerte sur les impacts à Mulhouse : 17 jours de canicule en 2050-2070, sécheresse accrue (Alsace plus sèche que Nice), et lien direct avec la précarité via les passoires thermiques. Il propose d’étendre le tramway intra-muros et de le rendre gratuit, recoupant social et environnemental.
Union de la gauche et appel au vote
LFI Mulhouse constitue sa propre liste après avoir compris que Mulhouse en Commun (Loïc Minery) rejette un programme de rupture – gratuité des transports, jumelage avec Gaza, etc. Par ailleurs LFI s’est vue proposée des places trop basses sur la liste.
Gafanesch refuse une union sans garanties démocratiques, visant les 36% de Mélenchon (60% dans les quartiers) plutôt que les « bobos » du centre-ville. Au second tour, tout dépendra du rapport de forces en vue de former une éventuelle union à gauche. Il appelle les abstentionnistes, majoritaires, à s’emparer des instances pour imposer le changement, via Instagram « Mulhouse Populaire et Antiraciste », et bientôt un site internet pour les boomeurs allergiques aux plateformes capitalistes proposées par Meta.









