Photos et vidéo : documents remis

La journée de mobilisation nationale de la fonction publique, mardi 29 septembre (sur laquelle nous reviendrons dans un prochain article), a également intéresser la jeunesse. Aux côtés des agents en grève, des lycéens ont fait bloc, aussi bien dans les cortèges que devant les grilles des établissements, à Mulhouse, Strasbourg, Guebwiller ou Altkirch.

Des revendications d’abord scolaires, mais qui rejoignent frontalement la contestation plus large du sous-investissement des services publics.

Un mouvement national qui gagne l’Alsace

Appelée par l’ensemble des syndicats de la fonction publique, la journée d’action du 29 septembre a réuni un peu plus de 200 000 personnes en France selon le ministère de l’Intérieur, tandis que le ministère de l’Éducation nationale dénombrait plus de 300 établissements touchés par des actions ou des perturbations.

Né la semaine précédente en Île-de-France autour des moyens, du remplacement des enseignants, des emplois du temps et des conditions d’étude dégradées, le mouvement lycéen a essaimé dès le début de semaine dans de nombreuses académies.

En Alsace, des centaines de personnes ont défilé à Mulhouse, près de 3 000 à Strasbourg (détails à venir).

À Mulhouse, la grogne lycéenne en arrière-plan du cortège

Mais c’est devant les lycées que la journée a pris son ampleur à Mulhouse. Les griefs, partout identiques : des classes surchargées de 36 à 38 élèves, au point de manquer de tables. Des bâtiments décrits comme brûlants l’été et glacials l’hiver. Des professeurs non remplacés et des heures non rattrapées. Des emplois du temps à l’amplitude étirée, jusqu’au samedi. Un système d’orientation, Parcoursup, accusé de creuser l’écart entre les familles qui peuvent payer et les autres.

Les lycéens prennent soin de préciser que leur colère ne vise ni leur établissement ni leurs professeurs, mais l’État et l’Éducation nationale.

En outre, des heurts avec la police ont eu lieu mardi devant le lycée Schweitzer, d’après les images que nous avons réceptionnées. Outre les restes d’une grenade lacrymogène, on y voit un lycéen bousculé par un policier, dans une vidéo de 26 secondes. Enfin une photo d’un lycéen dont le visage est manifestement ensanglanté nous a également été transmise.

Mercredi, la mobilisation se poursuit et se durcit

Dès ce mercredi au matin, les blocages ont repris dans toute l’Alsace. À Mulhouse, le lycée Albert Schweitzer a été bloqué aux aurores (poubelles incendiées, tirs de mortiers), tout comme au lycée Lavoisier, où les internes ont été confinés par précaution, et au Louis Armand, avec une benne incendiée et la ligne 2 du tram interrompue.

Le cœur de la contestation s’est déplacé vers le lycée Montaigne. Près de 1 500 lycéens se sont rassemblés au parc Salvator. On y compte des poubelles embrasées, des pavés lancés, contre des grenades lacrymogènes en riposte ; la circulation des tramways a été stoppée entre la gare et Porte Jeune, avant que la Ville n’invite les commerçants de la rue du Sauvage et du centre commercial à baisser leurs rideaux.

À Strasbourg, un policier a été blessé et 17 personnes interpellées ; à Molsheim, 541 absents étaient recensés au lycée Louis Marchal. Thann, Wittelsheim, Saint-Louis et Guebwiller ont également été touchés. Des lycéens dénoncent par ailleurs des débordements policiers, à l’instar de ceux que nous relayons.