En ces temps de pandémie les inégalités sociales, économiques et sanitaires sont encore aggravées par l’urgence sanitaire… tout particulièrement pour les  « sans-papiers », précaires parmi les précaires, exclus d’accès aux droits fondamentaux tels le droit au travail, au logement, aux prestations sociales.

Et si ici où là leur sort est apparu dans le débat public pour, au moins, permettre l’émergence de solutions de fortune en termes d’hébergement, c’est d’abord pour satisfaire aux exigences sanitaires.

L’État conduit des politiques migratoires toujours plus restrictives et déshumanisantes, fait le choix délibéré de politiques du non-accueil, au détriment de la prise en compte des valeurs qu’il affirme régulièrement, oublieux de la prise en compte de la dignité humaine.

Cette situation va perdurer une fois l’urgence sanitaire passée. Les sans-papiers continueront d’être des sans–droits rencontrant d’innombrables obstacles administratifs pour chaque démarche de la vie courante, vulnérables à toutes les exploitations, menacés en permanence par les risques de placement en centres de rétention et expulsables.

Pour eux qui vivent dans cette crainte quotidienne de l’arrestation et de l’expulsion, leurs situations administratives irrégulières ou incomplètes, toujours provisoires, les privent de fait de quasiment tous les dispositifs de protection sociale.

Ils constituent aussi depuis nombre d’années une main d’oeuvre flexible et fort bon marché qui contribue à la dégradation générale des droits au travail, du droit du travail.

Depuis plus de 20 ans la France réduit dans cesse l’accès au statut de réfugié.

Elle refuse l’asile en déclarant « sûrs » nombre de pays, au gré de ses besoins diplomatiques et des humeurs réelles ou supposées de son opinion publique. Elle fabrique ainsi des milliers de sans-papiers dont elle peut justifier l’expulsion.

Dans le cadre de la campagne nationale « Régularisation et Égalité des Droits » ils étaient en ce 20 juin 2020 une cinquantaine d’associatifs, de candidats à des fonctions électives, de représentants de partis ou de syndicats, venus dire place de la Réunion à Mulhouse que la régularisation est un droit et qu’un titre de séjour pérenne est dû à toutes celles et ceux qui vivent en France.

Tenant chacun la corde qui matérialisait leur « cercle de parole » – en respectant évidemment les distances imposées par les précautions sanitaires -, les manifestants ont exprimé leur demande d’une société plus juste, où personne ne serait « illégal », où l’accès aux droits et à la régularisation des situations par un titre de séjour pérenne pour tous ceux qui vivent en France serait garanti.

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