Une séquence sonore avec Mar­cel Bur­gy est dis­po­nible sous le texte

Mar­cel Bur­gy a 65 ans. Et est au bord du gouffre. Vic­times d’er­re­ments, de la mau­vaise foi, d’ir­res­pon­sa­bi­li­tés de diverses admi­nis­tra­tions, il se retrouve aujourd’­hui déses­pé­ré, sans res­sources, bien­tôt sans toit et sur­tout sans une issue visible à l’im­passe dans laquelle on l’a mené.

Lors d’une confé­rence de presse à la Mai­son de la Citoyen­ne­té Mon­diale, entou­ré de ses sou­tiens dont Laurent Schnei­der et Domi­nique Maxi­mi­lien. Après une tra­jec­toire de vie qui le mène à Mul­house en 2018, malade et inva­lide, seul avec trois enfants, son épouse étant décé­dée, il vit grâce à l’AAH (allo­ca­tion pour adulte han­di­ca­pé) lui per­met­tant de mener une exis­tence chiche mais assu­mant ses res­pon­sa­bi­li­tés : paie­ment du loyer, édu­ca­tion des enfants, etc…

Arri­vé à l’âge de 62 ans en 2017, il se voit signi­fié la fin du ver­se­ment de l’AAH car il est éli­gible à la retraite. Mar­cel fait les démarches auprès de la Caisse d’as­su­rance retraite et de la San­té au Tra­vail de Picar­die (lieu de rési­dence à cette époque de sa vie) et tout semble aller dans le bon sens.

Sauf que Mar­cel ne voit rien venir : pas de ver­se­ment de retraite, donc plus de reve­nus. Toutes ses demandes d’explications sont trai­tées avec mépris. Les inter­ven­tions des assis­tances sociales subissent le même effet. Les dettes s’ac­cu­mu­lant, le ser­vice social de la ville de Mul­house (une des rares admi­nis­tra­tions à être effi­cace dans ce dos­sier) lui conseille de faire une demande de RSA (reve­nu de soli­da­ri­té active) celui-ci lui est ver­sé… durant un mois. Puis, la Caisse d’al­lo­ca­tion fami­liale du Haut-Rhin (CAF) bloque les ver­se­ments… sous pré­texte que Mar­cel touche une retraite !

Non seule­ment elle ne verse plus rien mais elle lui réclame un rem­bour­se­ment de plus de 5.000 euros repré­sen­tant des ver­se­ments s’é­che­lon­nant entre le 1er juillet 2018 et le 31 décembre 2019. Inutile de dire que Mar­cel n’a jamais vu un fifre­lin de cette somme !

Ne pou­vant évi­dem­ment pas rem­bour­ser ce qu’il n’a pas tou­ché et pri­vé de toutes res­sources, Mar­cel est condam­né à rem­bour­ser chaque mois 49 euros à la CAF ! Pré­ci­sons que les seules res­sources qu’il a sont 115 euros d’al­lo­ca­tions fami­liales… qui per­mettent à sa fille lycéenne et spor­tive de haut-niveau d’a­voir un accès inter­net indis­pen­sable à la pour­suite de ses études !

Et comme il est logé dans un appar­te­ment loué par un par­ti­cu­lier, celui-ci, peu com­pré­hen­sif, a enta­mé une pro­cé­dure d’ex­pul­sion car les loyers ne sont évi­dem­ment plus ver­sés. Expul­sion qui devrait inter­ve­nir mi-juillet.

Quand le fisc s’en mêle

Mais là où Kaf­ka est tota­le­ment dépas­sé, c’est que le Ser­vice des impôts envoie une décla­ra­tion pré­rem­plie à Mar­cel sur laquelle figurent les ver­se­ments d’une pen­sion de retraite.

Alors des ques­tions se posent évi­dem­ment : si ces ver­se­ments sont bien effec­tués par la CARSAT des Hauts-de-France et qu’ils ne se retrouvent pas sur le compte de Mar­cel, où ont-ils atter­ri ? Ques­tion simple qui mérite une réponse simple. Mais Mar­cel se heurte à un mur : la CARSAT refuse de lui répondre ain­si qu’à toutes les per­sonnes qui vou­draient essayer d’ai­der notre vic­time à sor­tir de ce trou !

La Caisse d’Al­lo­ca­tions Fami­liales, elle aus­si, se lave les mains et estime qu’elle n’est pas res­pon­sable. Les appels faits au Conseil dépar­te­men­tal du Haut-Rhin sont ignorés.

L’ir­res­pon­sa­bi­li­té admi­nis­tra­tive va jus­qu’au point où la CAF ouvre deux dos­siers pour Mar­cel : l’un au nom de « Bur­gy » (le vrai nom) et un autre au nom de « Bucy »… Quand on vous dit que Kaf­ka est un petit joueur à côté de notre CAF !

Com­ment s’en sortir ?

Mar­cel voit dans l’ap­pel aux médias sa der­nière chance pour ne pas tout perdre ! Il arrive que de funestes idées lui passent par la tête, repous­sée grâce à une soli­da­ri­té sans faille de ses sou­tiens et du mou­ve­ment asso­cia­tif, grâce auquel il peut au moins manger…

Com­ment dans la France numé­ri­sée, de tels évé­ne­ments puissent encore sur­ve­nir ! L’in­for­ma­ti­sa­tion des ser­vices publics devraient per­mettre de régler de telles situa­tions en deux coups de cuillères à pot !

La seule expli­ca­tion qu’on peut y voir c’est l »expres­sion d’une arro­gance sans limite de cer­taines admi­nis­tra­tions. Il est évident pour elles que ce qui arrive à Mar­cel est impos­sible puisque leur fonc­tion­ne­ment est sans faille. A la limite, ne fau­drait-il pas sus­pec­ter la vic­time de négli­gences voire de mau­vaise foi !

C’est ain­si que chaque admi­nis­tra­tion concer­née ouvre une forêt de para­pluie pour ne pas régler le pro­blème :  espé­rons pour Mar­cel que cette bou­teille à la mer que repré­sente l’ap­pel aux médias servent à faire bou­ger les ronds-de-cuir (même si la majo­ri­té des fonc­tion­naires ne peut être assi­mi­lés à ces quelques bre­bis galeuses) et per­mettre enfin à faire ces­ser une injus­tice qui pousse toute une famille vers le désespoir.

Échange de Michel Mul­ler avec Mar­cel Burgy : 

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