Alban Brua, élu délégué syndical CGT en décembre 2022, tient manifestement son mandat syndical avec un peu trop d’énergie au sein du supermarché Leclerc Gay Lussac de Mulhouse.

Ce faisant, il vient d’être convoqué par la direction de l’établissement, en vue d’un licenciement pour « faute grave ».

M. Hervé Benabid, dirige l’enseigne de supermarché mulhousienne, sous franchise Leclerc, via sa société « Mudis-Mulhouse distribution« . Une entreprise qui se porte plutôt bien, cumulant plus de 2 millions d’euros de bénéfice lors de son dernier exercice comptable, en mai 2022.

L’entreprise, qui compte plus de 200 salariés (et exploite également un Leclerc drive à Mulhouse), a par ailleurs convoqué une autre salariée, également membre de la CGT, pour un entretien avant sanction.

Alban Brua qui est ressorti de son entretien avec la direction 7 minutes après y avoir accédé, a fait part devant une bonne cinquantaine de personnes présentes, du motif délictuel qui lui vaudrait, alors même qu’il est salarié protégé, d’être menacé de licenciement.

La direction lui reproche en l’espèce d’avoir pratiqué un « harcèlement moral et syndical« , à l’endroit d’une salariée, durant les dernières élections du personnel, tenues il y a 6 mois !

Un grief dont la caractérisation parait opportune et assez surréelle, au regard des dispositions du Code du travail.

L’unité syndicale n’est toutefois pas de mise au magasin Leclerc de Mulhouse… Le contexte social est rendu difficile par la tension et l’incompréhension avec un autre syndicat, que des membres de la CGT désignent comme passif et trop complaisant avec la direction.

Dans le commerce et la distribution, l’une des techniques favorisant les malentendus entre salariés consistant (et la chose est vérifiée dans ce magasin), à se présenter aux élections des représentants du personnel sous une étiquette syndicale au premier tour, puis sous le nom d’un collectif au second tour de ces élections.

Un choix qui a la préférence de la direction, puisqu’elle estime posséder ainsi une instance du personnel plus à sa main.

Ce faisant, une salariée disant être représentante depuis 30 ans, est venue rejoindre les manifestants, indignée par le terme « coopérant » utilisé dans le tract de la CGT annonçant l’action, pour qualifier le comportement de certains représentants des salariés.

Des noms d’oiseaux sont échangés entre cette représentante et les membres de la CGT qui la prennent à partie. Ce qui provoquera sa fuite.

Quant à Alban Brua, il se plaint d’intimidations ou d’actes de censure de la part de la direction, notamment au sein des instances représentatives du personnel, avec la complicité passive d’autres élus salariés. Des documents d’information lui étant soustraits, par exemple.

Mais il évoque davantage des entraves répétées à l’exercice de son mandat syndical. Affichage syndical interdit ou impossible, ou interventions bridées en réunion du CSE. Le panneau d’affichage syndical (disposition prévue par le code du travail) de la CGT étant positionné de manière dissuasive par rapport à d’autres…

Le secrétaire département de la fédération commerce et services CGT du Haut-Rhin ajoutant que le salarié convoqué a subi de nombreuses pressions, depuis le début de la procédure élective, où le quorum n’a pas été atteint au premier tour, et a donc conduit à un second tour (la CGT ayant réalisé 18%).

Pour lui aussi, la direction a pesé de tout son poids pour dissuader les salariés de voter librement, escomptant sur des collectifs plus conciliants. Sachant en outre que le secteur de la distribution repose sur le sous-travail d’une partie du salariat, notamment féminin.

Sollicité pour connaitre sa position, Monsieur Hervé BENABID, directeur de l’enseigne, n’a pas donné suite à notre demande.

MAJ. Nous apprenons que la salariée également concernée a été entendue pendant 10 minutes cet après-midi. Le délégué syndical CGT qui l’assistait (Alban Brua) n’a pas été autorisé à poser des questions. Disposition (encore) contraire au Code du travail…