Cette belle région d’Alsace ne serait pas ce qu’elle est sans les apports de générations de migrants. Il suffit d’aller voir les pierres tombales dans nos cimetières et les noms qui y sont gravés : ils montrent le cosmopolitisme d’une région qui a bénéficié de l’apport de peuples et de cultures différentes surtout quand on considérait le Rhin comme un pont et non comme une frontière (ou, comme disait René Schickele l’Alsace est ce lien entre le monde germain et roman).
Et pourtant, TOUS les députés et sénateurs haut-rhinois (sauf Hubert Ott, du Modem nous y reviendrons) ont approuvé cette loi inutile et honteuse, dont le seul but est de stigmatiser les « étrangers » et ainsi fracturer encore plus la société française. Inutile car elle ne répond en rien aux vrais problèmes de l’immigration qui sont liés aux respects mutuels pour bien vivre ensemble. Honteuse, car elle définit des citoyens de second ordre, ceux qui ne seront pas traités comme les autres, vieille rhétorique de la droite et de l’extrême-droite en Europe. Celle qui, dans les années 30, fustigeait les juifs, responsables de la crise économique et sociale d’avant 2e guerre mondiale. Celle qui, de nos jours, fustige les musulmans, autres sémites, avec les mêmes mots et les mêmes intensions.
UNE PERTE DE crédibilité DU MONDE POLITIQUE
C’est cette loi que les parlementaires haut-rhinois ont votée sans état d’âme ! On se plaît ici à rappeler les ronds de jambes, paroles mielleuses, d’un Bruno Fuchs pour s’attirer les bonnes grâces des associations en voulant se faire passer pour ce qu’il n’est pas ! Empreints de « démocratie chrétienne », tout comme Mme Klinkert qui ne cesse de faire état de sa « résilience »… deux parfaits exemples de la duplicité ! Ces deux-là, avec 349 de leurs collègues, dont 88 du Rassemblement national ont voté la loi la plus régressive de la 5e République sur l’immigration. Tout en n’hésitant pas à se réclamer de l’humanisme chrétien quand cela les arrange !
En votant un texte inspiré par le RN, texte dans lequel de propositions de l’extrême-droite sont reprises textuellement, elles et ils se sont déshonorés. Vous me direz qu’après le vote de la loi contre les retraites (dont 75% des Français ne voulaient pas !), ils avaient déjà entamé fortement leur capital d’honorabilité.
Une ancienne socialiste à présent macroniste, n’a pas hésité à voter ces dispositifs d’extrême-droite alors qu’elle est élue dans la région frontalière… où la quasi-totalité des habitants sont des immigrés quotidiens pour aller travailler en Suisse !
Pourtant, des voix s’élèvent, ici aussi, en Alsace, contre cette loi indigne : les étudiants de l’Université de Strasbourg manifestent, les associations déclarent quasi unanimement leur réprobation… Mais peu importe : le roitelet de l’Elysée passe en force, se basant sur des « sondages » qui montreraient que les Français « réclament » cette loi.
Je ne sais la place que laissera Emmanuel Macron dans l’Histoire. Il y entra sûrement par une petite porte et en sortira pas une plus petite encore tels l’absence de sens politique et de l’intérêt général sont sa vraie nature.
Nous étions pourtant avertis : cet homme n’avait jamais assumé de mandat politique et son seul horizon, c’est le monde économique et l’entreprise. Il méprise les « politiques » et considère qu’il faut gérer le pays comme une entreprise, sans une vision sociale voire culturelle. Pour lui le social, c’est un coût qu’il faut réduire le plus possible… l’économie ne peut être vue que par les intérêts des groupes industriels, commerciaux et financiers qui l’orchestrent à l’échelle mondiale. Une nation, un pays ? C’est une vision dépassée de la société qui ne saurait être que globale, uniformément globale : aucune place pour ces singularités que sont la culture et la manière de vivre d’un peuple ou d’une population.
Cette vision du rôle de Président a séduit des électrices et électeurs à un moment où la « politique » avait quasiment perdu toute considération ! Après des septennats qui ont totalement démonétisé l’action politique uniquement vue par la restriction des droits (loi El Khomri) et des libertés fondamentales (dont le socialiste Caseneuve a été un fer de lance !), la droite et la gauche politique ont été mis dans le même sac… puisqu’ils menaient la même politique…
A l’époque de la mondialisation, l’économie a pris la direction des opérations, la politique ne joue plus ce contrepoids de protection face à un capitalisme dont la vision de la liberté est celle du renard dans le poulailler…
C’est vrai dans tout le monde occidental, c’est vrai en Europe, c’est la situation en France.
C’est dans ce contexte qu’Emmanuel Macron a imposé, une « gestion du pays » sans boussole, ni valeur, ni vision politique… C’est au jour le jour qu’il faut décider, en fonction de l’état supposé d’une opinion publique rapporté par des instituts de sondage. Les réponses sont trouvées par les cabinets de conseil… L’appareil d’Etat, la haute fonction publique bien formée quoi qu’on en dise dans notre pays, est marginalisée… Cette incohérence apparente des déclarations du Président de la République illustre cette politique de l’instantané : quand il parle aux médecins, il est médecin, quand il parle aux chercheurs il est chercheur, quand il parle aux agriculteurs, il est agriculteur… Au bout de tout cela, il n’est en réalité rien car sa parole fluctue au gré de ses interlocuteurs, il ne lui reste que la séduction et les balivernes pour essayer de convaincre la population.
Mais à force de promettre tout et n’importe quoi, sans aucune cohérence, il est repris par la patrouille : c’est en réalité Bercy, le Ministère de l’Economie et des Finances très à l’écoute du monde économique et financier, qui prend les décisions ultimes…
Si cela marche pendant un certain temps, ces actions ne peuvent être durablement efficaces : même un mensonge mille fois répété (et relayé par les médias dominants) ne devient une vérité. L’obligation de renouveler sans cesse les thèmes pour occuper l’espace médiatique devient épuisant et fait perdre la considération auprès de celles et ceux qui lui ont fait confiance.
Et pourtant, ce rejet du politique et les promesses de « manager » la France comme une entreprise, ont réussi à attirer de nombreux électeurs à être séduit par les promesses de « neuf » affiché par le banquier Macron. Pourtant, on omet en général de rappeler que ces deux éléments ont surtout nourrit le camp des abstentionnistes.
UNE DROITE ET SON EXTRÊME DÉCOMPLEXéS, LES CENTRISTES LEURS IDIOTS UTILES
Être réélu pour un second mandat était évidemment miraculeux. La seule chance pour Emmanuel Macron était de se retrouver en face de Marine Le Pen au second tour. La force à abattre au premier tour en 2022, n’était donc pas le RN… mais le candidat de la gauche… Et il s’en est fallu de peu pour que Jean-Luc Mélenchon ne se retrouve devant l’extrême-droite.
Après son élection, M. Macron ose affirmer qu’il se sentait « obligé » par l’apport des voix de gauche qui lui ont permis de retrouver son poste. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient, n’est-ce-pas…
Grugeant cette naïve gauche en se présentant comme un « rempart » au Rassemblement National, il ne cesse d’appliquer une politique inspirée par ce parti raciste et xénophobe.
Nous l’avons souvent dit : il n’y a pas de différence fondamentale entre la droite et l’extrême-droite. Si sur certains thèmes sociétaux, quelques nuances apparaissent, elles ne sont en rien antinomiques avec la vision de la société qui caractérise la droite : l’ordre et l’autorité. Dès que l’opinion sera prête à sembler accepter le pire, la droite dite « républicaine » reprendra les propositions de sa branche extrême. Comme elle l’a fait naguère en martelant « plutôt Hitler que le Front Populaire » !
Dans cette mouvance droite-extrême droite, on retrouve une partie qui se dit « centriste » ou « démocrate sociale » ou « chrétienne sociale »… En France, cette frange qui se situe nationalement dans une fourchette de 5 à 10% en général, permet soit à la droite, soit à la gauche à accéder au pouvoir s’ils n’ont pas obtenu une majorité absolue.
Cette position les oblige à faire des compromis (et souvent des compromissions) avec leur conscience. Il faut entendre un Bourlanges (archétype d’une démocratie chrétienne qui s’accommode de tout) expliciter qu’il vaut mieux des immigrés ukrainiens car ils sont des nôtres, pour comprendre quelle est sa vision du monde ! Il vaut mieux être blanc, chrétien et occidental pour plaire à M. Bourlanges. Pas très catholique, tout ça !
Il n’est donc pas étonnant que sur cette loi immigration, qui comporte des éléments totalement contraires à une morale chrétienne basique, le MODEM et tous ceux qui se réclament du « centre » votent sans état d’âme. Comme c’est avant tout une immigration musulmane qui est visée, il faut en réduire le nombre, des fois qu’ils deviendraient majoritaires et supplanteraient notre civilisation.
Cette théorie du « grand remplacement » version grenouille du bénitier, n’est pas sans rappeler les théories d’Éric Zemmour et de Marion Maréchal-Le Pen…
Alors quand Hubert Ott a le courage de s’abstenir sur la loi (pas voter contre, quand même faut pas exagérer !), il est incapable de citer les vraies raisons de son acte politique et est obligé de reprendre la fable du « c’est la faute de la gauche qui a voté une motion de rejet empêchant l’Assemblée nationale d’adopter un texte qui aurait pu être amendé et qui était moins marqué à droite ».
Comment peut-il, lui et tous les autres, que ces explications soient audibles ! Depuis le début, Macron sait qu’il lui faut les voix de la droite pour faire passer ce texte, il sait que la droite française trotte derrière les thèses du RN pour exister…
COMBATTRE LE RN
Prétendre que reprendre les propositions du RN pour l’affaiblir est une chimère, voire une imbécilité. En reprenant une partie du programme de l’extrême-droite, la macronie (députés alsaciens compris !) lui donne du crédit. Et bien loin de l’affaiblir, le RN sort renforcé de cet épisode parlementaire désastreux qui va marquer longtemps la vie politique française.
Quel message aux Français passent la majorité qui a voté ce texte alors que le Président de la République et sa Première ministre avouent sans ciller que le texte est en grande partie inconstitutionnel et qu’ils attendent du Conseil Constitutionnel qu’il retoque certains articles. Quelle démocratie peut fonctionner ainsi ? Comment des parlementaires peuvent-ils encore se regarder dans leur miroir quand on leur dit que ce qu’ils ont voté va être annulé en partie par une instance suprême ? Et quelles seront les conclusions que la droite dans son ensemble (centriste, LR et RN) va en tirer, sinon celui d’une réforme constitutionnelle pour modifier substantiellement les textes fondateurs de notre République ? Et on peut s’imaginer dans quel sens tout cela va aller…
En conséquence, M. Macron et ses affidés, sont en train de créer une situation qui permettra à l’extrême-droite d’arriver au pouvoir dans un fauteuil, tant les électeurs préfèreront toujours l’original à la copie… Imaginer une Marine Le Pen président et Éric Ciotti sont Premier Ministre n’est plus une chimère… L’Italie a ouvert la voie… Danemark, Suède, Finlande s’y sont aussi engouffrés.
Pouvons-nous encore empêcher cela ? Oui, certes mais ne comptons pas trop sur les parlementaires haut-rhinois pour l’empêcher… Il nous reste la « société civile » pour sauver l’honneur : et cela ne se passera malheureusement pas au Parlement.
Des ONG et syndicats organisent une manifestation pour le 11 janvier 2024. Ils réclament à Emmanuel Macron de ne pas promulguer la loi immigration :















Bonjour à tous,
Michel Muller, un vieil ami (rien à voir avec l’âge du capitaine) puisque nous sommes quasi contemporains), fait une saine analyse de la situation … mais, sans vouloir remuer le sable au fond du verre d’eau claire, les « flingueurs » de la NUPES y ont aussi une grande part de responsabilité, dans l’ascension du RN.
Ce fait, qui saute aux yeux, à ceux qui disposent d’une analyse objective – il doit y en avoir sûrement – il n’ en est guère question dans cet excellent texte, je pense que c’est dommage.
Le PCF, les survivants du PS et les écolos à géométrie variable, n’existent encore que grâce à l’idée géniale d’un « programme commun » en plus de 600 propositions, mis en musique et proposé par la F.I.
Ce programme, au départ signé par tous, à permis non seulement de faire gagner en représentativité les trois partis moribonds, cités en amont, mais a fait aussi revivre la possibilité d’une gauche de gouvernement et un vrai changement. Mais non, nos chers « amis » du PCF, des écolos, du PS, balaient cette possibilité d’un revers de main sous des prétextes fallacieux et mettent par cette attitude irresponsable toute possibilité réelle de changement de paradigme. A quelle fin ?
La réhabilitation du RN a eu lieu, lors de cette fameuse manif, organisée par M. « ferme ta gueule », le bien nommé Larcher, Braun-Pivet, soutien inconditionnel de l’état d’Israël, où la F.I., compte-tenu des participants à cette mascarade aux côtés de Zemmour, Meyer-Habib et d’autres « démocrates », ne tenait pas à y figurer, avec raison !
Ce qui n’a pas empêché d’y voir M. Roussel, M. Faure, Mme Tondelier et consorts, bras dessus, bras dessous, aux côtés de Hollande, Sarkozy et d’autres « responsables, mais non coupables », de « l’arc républicain » auto-proclamé.
Quant aux parlementaires alsaciens et ceux de droite en général, ils essayent d’abord de sauver leur « place auprès du réchaud » et leurs convictions ne dépassent guère la gamelle, bien remplie que l’on leur « offre » contre leurs renoncements successifs, très éloignés des convictions profondes de la notion de « Liberté-Egalité-Fraternité » figurant sur le fronton de nos administrations et sur notre drapeau.
Je suis allé, il y a un moment déjà, pour le compte d’un hebdo local, faire quelques photos au cimetière des Vallons. Là où il y a pléthore de tombes de ces pauvres diables, ayant risqué leur vie, pour libérer l’Alsace et la vallée du Rhône. Beaucoup sont venus de l’autre côté de la Méditerranée, enrôles parfois de force, pour défendre une patrie qui les rejette aujourd’hui … Où est la morale et la justice dans tout ça ?
Comme dit Michel, combien d’entre les alsaciens vont travailler en Suisse et en Allemagne, au Luxembourg, étant eux-mêmes des étrangers acceptés par ces pays, tout en acceptant le fait de rejeter « l’autre » qui, peu importe la couleur de peau, sa religion, fait le chemin, en sens inverse, avec le risque mortel en plus !
Et c’est pour cette saloperie de loi d’immigration que nos édiles d’Alsace votent, ou s’abstiennent courageusement … afin de garder leur petite soupe, leur petite place au chaud, sans états d’âme. Ils osent tout, c’est à ça qu’on les reconnait !
Dans ces conditions, il m’est difficile d’imaginer que la plupart des républicains de 1793, qui défendaient la toute jeune République à Valmy, venaient d’ici !
Bonnes fêtes à tous, malgré tout et au moment de passer à table, après avoir déballé les cadeaux, ayez une pensée pour ceux qui, en guise de cadeaux, prennent des bombes sur la tête ou dorment dans la rue.
Bonne année, prenez soin de vous – amicalement à tous.
Ce projet de loi n’a pas été approuvé par TOUS les députés et sénateurs alsaciens, mais il est clair que la focalisation sur le Haut-Rhin révèle une inquiétante glissade. Cette dérive xénophobe appelle à un sursaut citoyen : ne laissons pas aux mains de ces renégats de la droite macroniste la faculté de ternir davantage l’image de notre patrie, berceau des droits de l’homme et du citoyen ; RDV le 11 janvier pour exprimer notre rejet de ces textes aux relents bellicistes et défendre nos valeurs humanistes, valeurs qui sont le fondement de notre société.