On se souvient de la promesse faite par Marine Le Pen (et Eric Zemmour) de rouvrir la centrale nucléaire de Fessenheim lors de la campagne électorale des présidentielles de 2022.
Plus récemment, c’est une gerbe de fleurs qui était déposée devant le site de l’ex-centrale nucléaire de Fessenheim, par le candidat du PCF aux élections européennes.
Le nucléaire semble revenir en odeur de sainteté pour de multiples raisons, et le lobby de l’atome, symétrique à celui des énergies fossiles, semble vouloir faire feu de tous bois pour se proposer comme solution énergétique matricielle, avec une certaine réussite.
En témoigne le sommet international du nucléaire organisé en mars 2024 à Bruxelles, qui consacrait le retour en grâce de l’atome dans l’Union européenne, à propos duquel les législations nationales sont devenues de en plus plus accommodantes.
Noter confrère Reporterre, consacrait déjà en 2020, un article extrêmement bien fait, relatant la forme nouvelle du lobby nucléaire, métamorphosée sous les oripeaux de thuriféraires en réseaux, notamment sur YouTube ou Twitter.
Parmi eux, des ingénieurs de formation se font les chantres de l’atome, avec un rien de mépris et d’arrogance, comme si l’expertise valait compétence globale et détermination politique.

On se met à avoir la berlue en scrutant la dégaine et le visage de rédempteur nazaréen de Tristant Kamin, lui aussi ingénieur diplômé en génie atomique, qui rayonne sur YouTube. Sa prédication préférée ? Débunker la sottise des antinucléaires, ces impies !
Récemment, c’est saisi par un étrange sentiment teinté de peine et d’affliction que l’on découvre une admirable personnalité publique, grand réalisateur de renom, virer de bord en la matière, et se faire le thuriféraire de l’énergie atomique, une « énergie propre« , selon lui.
Oliver Stone, réalisateur de cinéma prestigieux, âgé de 77 ans, compte 54 années de carrière au compteur. Notamment réalisateur de « Wall Street« , « Platoon », « Tueurs nés », et de biopics sur Kennedy (« JFK« ), Nixon, ou George Bush junior (« W« ).
Entre la production d’un « Snowden » et celle d’un documentaire en quatre parties sur Vladimir Poutine (avant la sortie d’un « Lula« , portrait du président brésilien, en 2024), il a résolu de se faire le porte-voix de la cause nucléaire dans le film « Nuclear now« , produit en 2022, jamais sorti dans les salles en France, mais sélectionné en 2022 pour la Mostra de Venise.
Son plaidoyer débutera en confondant la fusion nucléaire (à l’oeuvre au sein du Soleil) avec la fission nucléaire opérante dans les centrales !
Un synopsis limpide d’unilatéralisme… et de fatalisme
Le cinéaste américain Oliver Stone narre comment selon lui l’énergie nucléaire serait une source d’énergie sûre pouvant remplacer les combustibles fossiles et ainsi aider à lutter contre le changement climatique. Il prédit un doublement ou un quadruplement de la demande mondiale d’électricité dans les 30 prochaines années. Afin d’assurer un soutien suffisant avec l’électricité décarbonée, le réalisateur suggère une production de masse de centrales nucléaires.
Oliver Stone soutient que le recyclage, les voitures électriques et la consommation de produits respectueux de l’environnement ne sont que des tentatives des citoyens de la classe moyenne pour se sentir bien, mais que cela ne fera pas une réelle différence pour le climat. Les scénaristes accusent le mouvement antinucléaire d’assimiler le nucléaire aux armes nucléaires et de créer ainsi une peur primale contre cette forme d’énergie. Les auteurs impliquent en outre que l’industrie pétrolière et gazière a financé les campagnes.
Oliver Stone entend donc lutter contre « désinformation » et la « propagande » [antinucléaire], avec Nuclear Now. Il prend ce faisant à contrepied le documentaire Une vérité qui dérange (2006) de Al Gore (ex Vice-Président des États-Unis), qui porte sur les effets du réchauffement climatique, mais invalide le préjugé favorable aux énergies renouvelables exposé dans le film, qu’il juge « aléatoires en termes de production et [qui] coûtent des milliards de dollars ».
Sa préférence va aux nouvelles générations de centrales de 3ème génération de type EPR (Flamanville 3 vient tout juste d’être chargé en combustibles, après 12 années de retard !), ou encore aux SMR (petits réacteurs modulaires, qui ont également la préférence d’Emmanuel Macron depuis qu’il s’est (re)converti aux bienfaits de la fission atomique).
Le Président français est en effet résolu de « tripler l’énergie nucléaire d’ici 2050 » dans le cadre de la COP 28 à Dubaï, fort d’une « alliance » de 22 pays partisans de l’atome, persuadés qu’ils tiennent la « solution indispensable à la lutte contre le changement climatique ».
Oliver Stone évide systématiquement les effets et dangers réels et potentiels du nucléaire actuel. L’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl ? Une conséquence de l’inertie et de la bureaucratie soviétique. Et Fukushima ? La faute au tsunami exceptionnel et à l’imprévoyance des ingénieurs !
Dans tous les cas, la technologie du nucléaire est exonérée de tout effet délétère en tant que telle, parée de toutes les vertus devant l’imminence des effets du changement climatique.
Plus généralement, et sans doute plus intimement, le film est également une déploration de l’Amérique de Eisenhower (1953-1961) au cours de laquelle l’avenir radieux, soit « l’atome pour la paix » (un programme américain de 1953), promis par le président en exercice, aurait été vidé de sa substance par le lobby des énergies fossiles.
D’autant que selon Stone, le projet prévoyait l’abandon des énergies fossiles, et aurait été torpillé auprès de l’opinion publique. Même si les historiens concluent tout autrement à ce sujet, considérant qu’il était un élément de propagande visant à « confiner » la guerre froide lors de la mort de Staline.
D’autres évoquent une manoeuvre destinée à convaincre les alliés européens de basculer sous le parapluie nucléaire américains dans le cadre de l’OTAN.
Mais peu importe, puisque le discours se fait progressivement unilatéral au fil du visionnage du film. Et les exemples édifiants se multiplient, censés démontrer la nécessité impérieuse de renouer avec « le bon sens », c’est à dire le nucléaire pour tous et partout.
En témoigne, un projet de mini réacteur « sans déchets », prévu dans l’Etat de L’Idaho, illustrant le bénéfice tiré de l’installation d’un petit réacteur « de quartier » (déjà cités : les » SMR « , en anglais Small Modular Reactors).


En voyant ces projets constituant les habits neufs d’un nucléaire de proximité se multiplier autour de lui, les questions de « bon sens » assaillent nécessairement le quidam, même pas forcément hostile au nucléaire en tant que tel.
D’abord ils n’existent encore pratiquement pas. Et c’est peu dire qu’il ne font pas l’unanimité chez les spécialistes de l’énergie. On a beau savoir que ces mini-réacteurs sont utilisés dans le domaine militaire depuis près de 70 ans, afin de propulser les submersibles, ils ne sont pas éprouvés, et ne risquent pas de l’être, à en croire ces spécialistes.
Pour M. Bonduelle, les carottes du nucléaire (nouvelle mode) sont déjà cuites…
En mars 2024, le journal Libération s’est par exemple procuré un rapport d’ingénieur consultant du bureau « E&E » (études, expertises et recherches en climat-énergie). L’auteur de « Les SMR, le nouveau mirage de l’industrie nucléaire » se nomme Antoine Bonduelle, et il se trouve être par ailleurs expert auprès du Groupe intergouvernemental d’étude sur l’évolution du climat (Giec), ainsi que cofondateur du Réseau Action Climat.
Bien que sceptique, il assurera aux journalistes n’avoir pas voulu se placer «dans un cadre polémique entre pro et antinucléaire» mais «du seul point de vue de l’ingénieur et du scientifique».
Pour lui, l’objectif était d’analyser les perspectives technologiques, économiques et sociétales de ces mini-réacteurs, cinq à dix fois plus petits que les réacteurs traditionnels avec une puissance généralement comprise entre 120 mégawatts électriques (MWe) et 300 MWe (pour repère, Fessenheim en générait 900).
L’industrie nucléaire s’est mise en tête d’installer, ces kits modulaires (car susceptibles de croitre en dimension) clés en main, aux portes des villes et des usines, afin de générer abondamment l’électricité décarbonée qui fait saliver ces promoteurs désintéressés de rendre naturel ce qui a toujours été contre-nature, puisqu’il s’agit de remplacer les centrales à gaz et charbon.
Consulté par les journalistes de Libé, le rapport de 120 pages d’Antoine Bonduelle éreinterait les SMR «présentés comme la solution miracle» pour enrayer la bombe climatique. Laquelle serait «une diversion» dégainée par l’industrie nucléaire pour «faire oublier sa stagnation et ses nombreux échecs», notamment avec le fiasco des EPR de Flamanville et Hinkley Point : «La fonction essentielle des SMR est de maintenir la flamme d’un nucléaire conquérant qui prendrait l’ascendant sur les autres énergies», assène-t-il.
En témoigne les projets Newcleo, Hexana, Stellaria ou Naarea, qui sont sur les rangs dont les appellations fleurent bon la science fiction nucléariste.
Pour Antoine Bonduelle, Ils sont tout à la fois «trop chers, trop risqués et trop incertains». Et que le plan « France 2030 » prévoit d’y consacrer 1,2 milliards n’empêche pas que «les SMR s’inspirent d’une collection de prototypes datant tous de la guerre froide et présentent de nombreux défauts», quelle que soit la technologie utilisée par leurs concepteurs (réacteurs à eau pressurisée classiques, à haute température, à neutrons rapides, à sels fondus…) ou les promesses des AMR (Advanced Modular Reactor), ces SMR supposés encore plus «avancés».
L’argument des coûts ne tient pas : «Les SMR nous sont vendus comme des réacteurs nucléaires bon marché mais en réalité, il n’en est rien : ni leur construction ni leur exploitation ne peuvent descendre sous les coûts de leurs homologues de grande taille, eux-mêmes désormais largement distancés» par les ENR comme l’éolien ou le solaire ».
« Selon Bonduelle, qui cite les travaux du chercheur américain Charles Glaser du MIT, « l’effet de série » mis en avant par les promoteurs des SMR n’existerait pas avant le… 700e exemplaire de SMR ! Or la projection la plus optimiste de l’Agence de l’énergie nucléaire (NEA) de l’OCDE prévoit au mieux 1 500 unités dans le monde à l’horizon 2050″.
«De tels chiffres sont hors de portée» des grandes nations nucléaires, tranche l’auteur, pour qui les SMR ne seront jamais aussi compétitifs que les réacteurs plus puissants.
Ainsi, l’investissement serait «2,5 fois plus cher par unité pour un réacteur de 200 MW par rapport à un réacteur de 1 000 MW».
Toujours selon Bonduelle, la dérive est évidente : « pour compenser ce handicap, les projets de SMR deviendraient «de plus en plus gros» et finiraient par ressembler aux réacteurs actuels. Mais au final, leur financement public ou privé se chiffrerait à des milliards d’euros par an et se heurterait à leur caractère «non bankable» pour les investisseurs : un projet nucléaire soumis à de multiples autorisations ne peut pas être cédé à un tiers du jour au lendemain comme dans les renouvelables« .
La sûreté est un autre gros problème : les promoteurs des SMR sont accusés de vouloir «abaisser les exigences de sûreté» en voulant les installer à proximité des villes, «limiter le nombre d’opérateurs» ou encore «ne pas s’assurer contre l’accident majeur, comme les grands réacteurs».
Car pour l’ingénieur : «un petit réacteur n’est pas immunisé» face au risque d’emballement de la réaction en chaîne et de fusion de son coeur radioactif. Le rapport démonte la promesse des systèmes de sécurité «passifs» (réacteurs immergés en piscine). Et pointe le risque accru des transports de matières nucléaires» en plus grand nombre si les SMR s’implantent sur tout le territoire, le risque de dissémination de ces matières entre de mauvaises mains, ou encore le manque d’expertise de sûreté des nouveaux acteurs ».
Quoi qu’il en soit, des SMR en nombre produiraient aussi toujours plus de déchets radioactifs et le même problème se poserait pour leur démantèlement en fin de vie.
In fine, l’ingénieur estime que le marché des petits réacteurs «est très limité» face à la relance du «grand nucléaire», notamment en France avec les six à quatorze EPR voulus par Macron. Les projets qui visent le marché des industries électro-intensives ou polluantes (sidérurgie, chimie…) seraient en fait «inadaptés». Sans parler du fait que l’Autorité de sûreté nucléaire n’autorisera pas avant longtemps l’implantation des SMR en dehors des sites nucléaires existants !
Même à l’export, la rentabilité serait rendue illusoire. Verdict final : «Hors sujet sur la crise climatique», «trop chers, trop risqués et trop incertains» par rapport à des énergies renouvelables qui se déploient à très grande vitesse, les SMR seraient «une fiction industrielle» dont le véritable objectif serait de «maintenir à flot la recherche française sur le nucléaire» civile et militaire.
Des alternatives au nucléaire actuel invisibilisées
Oliver Stone ne s’appesantit pas sur la nature des technologies nucléaires en vigueur ou en projet.
Il évoque en quelques secondes les systèmes étudiés par les membres du « Forum Génération IV« , initiative du département de l’Énergie des États-Unis destinée à instaurer une coopération internationale dans le cadre du développement des systèmes nucléaires dits de quatrième génération, et dont les principaux objectifs sont :
- arriver à maturité technique vers 2030 ;
- améliorer la sûreté nucléaire ;
- diminuer le risque de prolifération nucléaire, en « brûlant » les stocks de plutonium ;
- minimiser les déchets nucléaires, en recyclant et transmutant les métaux lourds issus des réactions nucléaires ;
- économiser l’utilisation des ressources naturelles ;
- diminuer les coûts de construction et d’exploitation des réacteurs nucléaires ;
- permettre d’autres usages que la production d’électricité, telle que la production d’hydrogène, d’eau potable (dessalinisation), et la valorisation de la chaleur fatale (en général perdue, sur les générations I, II et III de centrales nucléaires).
Enfin, chaque réacteur devra être conçu et associé à son propre cycle du combustible (de la fabrication du combustible à la gestion des déchets).
Parmi ces technologies, les centrales à sels fondus de Thorium (dont le combustible est quatre fois plus abondant que l’uranium et trois fois moins radioactif), sans compter que sa technologie est moins dangereuse que les réacteurs à eau pressurisée (la totalité du parc en France, au moins 60% dans le monde), a été évoquée en exactement 3 secondes entre 2 images !
De quoi se remémorer que nous vous avions proposé de visionner un excellent documentaire sur une technologie dont on a quasiment perdu la maitrise d’oeuvre depuis les multiples essais dont elle a pu faire l’objet.
Il s’agit de « Rêves fondus » de Myriam Tonelotto, toujours visionnable depuis notre serveur vidéo :
Le détail de ces réacteurs de 4ème génération (dont les générateurs à sels fondus) sont décrits sur le site du CERN.
Rappelons qu’en matière d’indépendance énergétique nationale, argument outrageusement repris chez les commentateurs et promoteurs du nucléaire, en dépit des évidences qui plaident le contraire, il y a de quoi s’interroger.
Car la production mondiale d’uranium qui s’élevait à 49 355 tonnes en 2022, est répartie pour l’essentiel entre le Kazakhstan (43 %), le Canada (14,9 %), la Namibie (11,4 %), l’Australie (9,2 %), l’Ouzbékistan (6,7 %), la Russie (5,1 %), le Niger (4,1 %) et la Chine (3,4 %).
Autant dire que mieux vaut (tout comme pour les énergies fossiles) ne pas finasser en matière de respect des droits de l’homme quant aux 6 pays autocrates qui fournissent plus de 70% de nos besoins en uranium. Et en conséquence, un gage de funambulisme hypocrite de la pire espèce dans les relations internationales, pour lequel notre pays possède une infinité de stocks.
Du parc éolien en mer contre le CO2…
Mais avant d’enterrer les énergies renouvelables sous des barres d’uranium, elles continuent à faire de la résistance, notamment en mer.
Le Parc éolien en mer de Fécamp géré par une filiale d’EDF a en effet été inauguré ce 17 mai par Roland Lescure, Ministre de l’Énergie et de l’Industrie. D’une capacité d’environ 500 MW, et situé entre 13 et 24 km des côtes, il sera en mesure d’alimenter en électricité bas carbone près de 770 000 personnes, soit l’équivalent de 60% de la consommation d’électricité annuelle du département de la Seine-Maritime !
…Pour brasser du vide politique, générateur de CO2
C’est le point aveugle du film, mais il l’est pour la totalité des ambassadeurs de l’atomisme bas carbone : la décroissance n’est pas seulement impensée, elle est politiquement impensable.
Oliver Stone n’envisage pas un seul instant de considérer les hypothèses, aussi modestes soient-elles, visant la réduction de la consommation énergétique, dans une véritable perspective de futur durable et soutenable.
La croissance infinie est une donnée allant tellement de soi, qu’elle n’est jamais interrogée ou analysée. Ni par Oliver Stone, qui pourtant n’aura eu de cesse de réinterroger les idéaux américains tout le long de sa carrière cinématographique, ni par le moindre soldat du neutron, qu’il soit politique ou influenceur sur internet.
Et tout comme l’antinucléaire est régulièrement renvoyé à sa bougie, le décroissant est tenu de réapprendre à chasser pour survivre.
Le marché des idées politiques à besoin de croire en l’illimitation de la consommation et de la technologie. Or le spectacle du monde en déréliction informe assez clairement de la mystification. Tout comme le solutionnisme technique, qui lui sert d’aiguillon, et ne connait pas plus de frein à ses prétentions.
Pourtant, même la star des conférences sur la fin du monde, à savoir Jean-Marc Jancovici, qui est un adepte raisonné du nucléaire, le répète à l’envi : il n’y a pas d’infinitude dans un système [Terre] fini, par nature.
Christophe Degryse, chercheur à l’Institut syndical européen, lui donne une autre dimension, dans une tribune publiée par Le Monde : « L’un des angles morts des nouvelles questions économiques de rareté est celui, politique, de la résilience sociétale. Nos sociétés sont-elles vraiment capables de faire face collectivement aux limites ? »
« Ces deux constats réunis font penser que, dans un monde qui redécouvre la finitude, les sociétés où une petite élite politique, économique et financière continue de faire la fête pendant que « le peuple » s’attelle à la transition seront des sociétés plus fragiles, plus lentes à s’adapter, et qui offriront au bout du compte toutes les conditions pour une révolution sociale ; en revanche, les sociétés plus égalitaires seront davantage en mesure de faire face aux défis de cette fin de l’infinitude. La résilience sociétale face aux pandémies, aux guerres et aux catastrophes climatiques à venir reposera donc, non pas principalement sur les technologies, mais avant tout sur une société perçue comme étant juste. Tel est sans doute l’un des plus grands défis politiques du futur ».
Et quand on exprime socialement la problématique environnementale, on sait que les émissions de CO2 des 10% les plus riches dans le monde excèdent de fait les émissions des 90 % restants, selon le World Inequality Report 2022. Le rapport 2022 sur les inégalités publié par Oxfam, intitulé : « Dans le monde d’après, les riches font sécession », ne dit pas autre chose.
De sorte que penser selon les termes du « monde d’après« , en vue de satisfaire les besoins de ces 10%, c’est prétendre générer une énergie comparable, voire supérieure, aux besoins du « monde d’avant« .
Aujourd’hui, les renouvelables constituent peu ou prou 20% de l’énergie consommée. Compte tenu le gâchis employé à produire inutilement des marchandises accessoires, au profit de ces 10%, dans le cadre d’un modèle économique suicidaire au 90% restants, un modèle de monde soutenable et fraternel pourrait largement se suffire des 20% d’énergie produits par les seuls renouvelables !
Une société à la Mad max supposerait quant à elle de poursuivre une route où les énergies s’empilent les unes sur les autres sans jamais se substituer l’une par l’autre. C’est pourtant la nôtre.
Surviendra, un jour très prochain, le stade de la rareté, puis de la pénurie. C’est à dire le stade de la guerre. Avec l’atome comme illustration de l’hybris énergétique. Qu’il soit civil ou militaire.
Oliver Stone en ferait-il un film ?












