Photos : Martin Wilhelm – De gauche à droite : Fabian Gay, Jean-Victor Castor, Christian Tein (masqué), et Robert Xowie
Soupçonné d’être le maitre d’œuvre de la révolte contre la réforme relative au dégel électoral prévue en Nouvelle-Calédonie (dernier territoire colonial annexé à la France en 1853), en tant que secrétaire général adjoint de l’Union calédonienne (composante du FLNKS), et porte-parole de la CCAT (cellule de coordination de l’action territoriale), Christian Tein a été mis en examen pour complicité de tentative de meurtre et association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime.
Il a été incarcéré, avec six autres militants indépendantistes, au centre pénitentiaire de Mulhouse-Lutterbach, à plus de 17000 kilomètres de chez lui.
Rencontrant ce jeudi 18 juillet l’eurodéputée Marie Toussaint, auprès de qui il a appelé à l’apaisement, et s’est dit inquiet de l’inertie de l’État dans ce dossier, du fait du flottement politique survenu depuis la dissolution ratée d’Emmanuel Macron.
Il recevait par la suite la visite de trois parlementaires :
Robert Xowie, premier indépendantiste néo-calédonien de l’histoire élu au Sénat français, Jean-Victor Castor, membre du mouvement de décolonisation et d’émancipation sociale (MDES), et député dans la 1re circonscription de la Guyane, et Fabian Gay, sénateur de Seine-Saint-Denis, et directeur du journal L’Humanité.
La visite avait notamment une fonction politique.
Placé dans une cellule à l’isolement, il affirme ne pas connaitre les motifs de son extradition (ou déportation, selon une pratique bien en vigueur dans les colonies françaises aux 19e et 20e siècles). Il n’a « pas demandé à venir dans cet espace de 5 mètres carrés« .
Mieux : « Comme tous les citoyens du monde et Français, j’aspire à vivre chez moi paisiblement chez moi« , affirme-t-il devant les parlementaires, accompagnés de plusieurs journalistes, et de Fabrice Bels, directeur du centre pénitentiaire de Mulhouse-Lutterbach.

« Il faut donner des raisons aux calédoniens de vivre à travers un calendrier de la paix ».
En partant d’une condition sine qua non : le respect du corps électoral, gelé depuis 2007 :
« C’est la mère de toutes les batailles, on l’a toujours dit. On ne peut pas perdre sur le sujet. Ce serait y laisser une part de dignité. C’est la raison pour laquelle il ne faut pas bousculer le calendrier à ce sujet. De nombreuses personnalités calédoniennes se sont battues pour défendre ce corps électoral« .
Pour le leader indépendantiste : « Cela maintient un équilibre. Et cet équilibre fixe la paix. Personne n’empêche personne de vivre en Nouvelle Calédonie. Mais on avait établi des règles. On ne peut pas changer les règles du jeu politique depuis Paris. Mais il faut travailler ensemble ».
Se désolant de la tournure des évènements : « On aurait pu faire l’économie de tout cela« .
S’agissant de la situation sociale sur l’archipel, il affirme être « conscient des difficultés sociales traversées par la population calédonienne. J’ai moi même vécu en tant qu’entrepreneur qui salariait 2 personnes« .
L’homme veut toutefois rester optimiste, espérant qu’un nouveau gouvernement issu des élections législatives puisse changer les choses : « Je veux croire a un beau soleil pour le peuple« .
Il a par ailleurs tenu à remercier la direction de l’établissement pénitentiaire : « Tout le monde est super sympa ici, même si je suis à l’isolement« . Christian Tein dit pratiquer la musculation pour maintenir le corps, et bouger un minimum.
Il reste en contact avec son avocat établi à Nouméa, lequel agit de concert avec un avocat montpelliérain.
A la sortie du centre pénitentiaire, les sénateurs Fabian Gay et Robert Xowie ont témoigné de leur visite au micro de France 3 Alsace :









