Photographies de Martin Wilhelm, et prise de son par Max-Emilien Silva
Au delà de l’entre-soi bourgeois qui caractérise pour beaucoup le quartier le plus riche de province, ainsi que nous l’évoquions ici et là, le quartier mulhousien du Rebberg (de l’allemand Rebe signifiant vigne, et Berg désignant une montagne ou une colline) est une zone d’habitation unique en son genre, qui mérite que l’on s’y arrête.
Tout comme d’ailleurs la totalité de cette ville, si parfaitement décriée par ses habitants, dont la riche histoire industrielle et sociale est si incroyablement méconnue.

Pierre Fluck, spécialiste de géologie de la profondeur, de métallogénie, d’histoire des techniques et d’archéologie industrielle, membre de l’Institut universitaire de France, et professeur honoraire à l’Université de Haute Alsace, échange avec Michel Muller et l’équipe du journal sur le sujet du Rebberg, en « explorateur » et fin connaisseur, puisqu’il l’a étudié sous diverses facettes.
Une partie de la somme de recherche engrangée est au demeurant rassemblée dans un ouvrage richement illustré, et paru en 2022 chez Le verger éditeur : « La colline aux cent tourelles: Le Rebberg à Mulhouse« .
On y apprend, en passant, que les industriels, dont on raconte qu’ils sont les principaux promoteurs de ce quartier, n’y ont jamais constitué qu’un seul tiers des catégories socio-professionnelles présentes.

Si Pierre Fluck explique en détail les enjeux de la préservation de ce quartier, quand d’autres (tel « le carré mulhousien » ou « la cité« ) ont subi de vastes transformations au fil des générations, il n’est pas certain que l’ensemble de la bourgeoisie mulhousienne, grande ou petite, soit sensible à un discours plaidant la préservation en tant que patrimoine naturel et architectural commun, et qui, par-dessus tout, entraverait de potentielles et juteuses affaires foncières à réaliser dans les prochains temps…
Le tout en poursuivant la destruction des écosystèmes et en dénaturant les paysages.
Une pétition visant à stopper la construction d’un collectif d’habitation, en est d’ailleurs l’illustration actuelle.
D’autant que Pierre Fluck affirme, en des termes certes mesurés, que la municipalité ne semble manifestement pas à la hauteur de l’enjeu…












