Une panne caténaire survenue dimanche 12 avril en gare de Mulhouse-Ville a fortement perturbé la circulation ferroviaire pendant plusieurs heures. Dans un communiqué, la CGT Cheminots de Mulhouse relie cet incident à un manque chronique de moyens pour la maintenance du réseau et à des choix politiques qu’elle juge délétères pour le service public ferroviaire.
Selon le syndicat, l’incident s’est produit à 3h55, à la suite d’une détonation au niveau des caténaires, entraînant une coupure totale d’alimentation électrique qui a paralysé la gare pendant près de cinq heures. Celui-ci indique qu’un capteur défectueux serait à l’origine de la panne et y voit un révélateur du sous-investissement dans les installations du sud Alsace.
Le syndicat estime que cette défaillance s’inscrit dans un contexte plus large de fragilisation du rail public. Il dénonce un désengagement de l’État, qu’il accuse d’avoir, depuis plus de vingt ans, accompagné l’ouverture du ferroviaire à la concurrence tout en réduisant progressivement les moyens consacrés à l’entretien et au renouvellement des infrastructures.

Dans le contrat TER Grand Est 2024-2033, la Région présente en effet une trajectoire marquée par une ouverture progressive à la concurrence avec attribution de lots, dans un contrat de transition censé préparer le passage à un nouveau cadre d’exploitation.
La CGT critique aussi les conséquences concrètes de cette évolution sur les moyens humains. Elle affirme que les suppressions de postes imposées à SNCF Réseau, sous la pression de l’État et de la Région Grand Est, ont allongé les délais d’intervention et laissé en place des équipes sous-dimensionnées sur des zones d’action trop vastes.
Le document de concertation du contrat TER Grand Est montre par ailleurs un cadre plus contraignant, avec un système de qualité de service, de bonus-malus et de pénalités renforcé, ainsi qu’une logique d’optimisation de la performance globale du contrat.
Par ailleurs, l’ouverture des 7 lignes TER transfrontalières Grand Est-Länder allemands, initialement prévue en 2024 puis 2026, est reportée à l’horizon 2028, pour des raisons liées à des problèmes techniques, logistiques et de coordination internationale.
Face à la panne, les conséquences pour les voyageurs ont été immédiates. Selon la CGT, les trains Strasbourg-Bâle ont été détournés via Mulhouse-Nord, les usagers mulhousiens ont été renvoyés vers le tram, trois bus de substitution seulement ont été mobilisés et le TGV 5521 a supprimé son arrêt en gare.
Le syndicat y voit une nouvelle illustration d’une inégalité de traitement territorial, qu’il juge particulièrement pénalisante pour le sud-Alsace.
La CGT Cheminots de Mulhouse demande le renforcement des effectifs de maintenance, un engagement clair de l’État en faveur du financement du service public ferroviaire et une remise en cause de la logique de démantèlement par la concurrence. Selon lui, les cheminots ne sont pas responsables de ces dysfonctionnements : ce sont les choix budgétaires et managériaux qui fragilisent le rail en Alsace comme ailleurs.















