Crédit photos : Martin Wilhelm
Jeudi 15 octobre, le CCAS de Mulhouse organisait une conférence-débat sur le droit à l’alimentation. Prévue à l’université de Haute Alsace, la rencontre a été déplacée la dernière minute à la salle de conférence de la Cour des Chaînes, rue des Franciscains, l’UHA n’étant pas en mesure d’accueillir le public. Un contretemps logistique qui a coûté de l’audience, mais a donné à la soirée une résonance particulière, au moment même où le mouvement lycéen et étudiant occupait les campus alsaciens.
« On a perdu pas mal de personnes qui auraient dû être présentes ce soir et qui finalement n’ont pas trouvé le bon lieu », a reconnu l’animatrice de la soirée, avant de saluer « le début de quelque chose d’un peu plus large ».
Le programme, lui, était ambitieux : « comment garantir un accès digne à l’alimentation, choisie et de qualité pour tous ? », question posée en préambule par une représentante du Centre communal d’action sociale, qui a rappelé que « l’alimentation touche à la dignité, à la santé, au pouvoir d’achat, à la qualité des produits auxquels nous pouvons accéder, mais aussi à notre capacité à choisir ce que nous voulons ».
Deux invités, un fil rouge
Le CCAS avait convié Tanguy Martin, ingénieur agronome, militant à Ingénieurs sans frontières – Agriculture et souveraineté alimentaire, coauteur avec Sarah Cohen de De la démocratie dans nos assiettes. Construire une sécurité sociale de l’alimentation.
Retenu à Angers, il est intervenu en visioconférence, s’en excusant d’emblée : « un écran noir, ce n’est pas hyperconvivial ». À ses côtés, en présentiel, Somhack Limphakdy, philosophe du droit rattachée à Paris 8, spécialiste des questions de « renouvelabilité de la ressource en eau » et cofondatrice de l’association Pour une sécurité sociale de l’alimentation – Alsace, dont plusieurs membres avaient fait le déplacement.
La soirée était également nourrie par Sarah Allegry-Sy, docteure en sociologie, ingénieure d’études à la chaire Économie sociale et solidaire de l’UHA, qui a travaillé sur les effets de la crise sanitaire dans les quartiers populaires de Mulhouse et de Strasbourg.
Tous se sont pliés à un « fil rouge » en quatre verbes : se nourrir, choisir, participer, transformer. Objectif affiché : tenir la démonstration en trente-cinq minutes, pour laisser le plus de place possible aux échanges avec la salle.
« Remplir des ventres » : les coûts cachés du système alimentaire
Le point de départ est un constat chiffré, égrené par Tanguy Martin : entre 5 et 10 % de la population française dépend de l’aide alimentaire, quand le pays figure parmi les premiers producteurs mondiaux ; près de la moitié des habitants déclarent ne pas manger comme ils le voudraient, notamment pour des raisons de prix ; un tiers saute un repas de temps en temps, pour les mêmes motifs économiques.
« La course vers les prix bas ou l’aide alimentaire ne suffit pas à répondre à ces problématiques », a-t-il insisté. Et de rappeler l’histoire d’un dispositif né dans les années 1980 pour répondre à une urgence : « Les Restos du cœur, ce n’était pas censé durer aussi longtemps. »
Devenu « un système institutionnel pour pallier le fait qu’un certain nombre de gens, sinon, mourrait de faim », l’aide alimentaire ne garantit pourtant pas un droit : « Il s’agit juste de remplir des ventres et d’éviter que des personnes ne meurent. »
Depuis la loi de 2016 sur le don alimentaire, le mécanisme s’est en outre branché sur la surproduction : « on force les personnes les plus précaires à ingérer la nourriture que les personnes plus solvables n’ont pas voulu manger », a-t-il asséné, dénonçant « une société d’inégalité, de domination, symboliquement extrêmement violente », aux effets délétères sur la santé physique comme sur la santé mentale.
Somhack Limphakdy a complété : ces invendus sont souvent « des invendables », dont les dates de péremption sont dépassées ou sur le point de l’être. Elle a convoqué les travaux de Bénédicte Bonzy, autrice de La France qui a faim. Le don à l’épreuve des violences alimentaires, qui documente la « dissonance cognitive et émotionnelle » des bénévoles eux-mêmes, pris entre la volonté de répondre à l’urgence et l’impossibilité de le faire dignement.
Un chiffrage, ensuite, pour sortir du registre moral. Les coûts cachés du système alimentaire représentent « au moins 19 milliards d’euros » de dépenses publiques et de sécurité sociale chaque année : 12,3 milliards pour la santé, 3,4 pour l’environnement, 3,4 pour le social. Et encore s’agit-il des données les plus faciles à objectiver : diabète, algues vertes ramassées par les collectivités.
La philosophe du droit a ajouté un ordre de grandeur éclairant : la taxe sur la pollution diffuse payée par les agriculteurs rapporte environ 200 millions d’euros par an, quand l’assainissement de l’eau coûte « au moins 1 milliard 200 millions ». Six fois plus. « Combien de cancers, combien de Parkinson liés à notre alimentation, on n’est pas capable de le chiffrer », a-t-elle ajouté.
48 milliards d’argent public pour un système qui ne tient pas debout
Le second bloc de chiffres est plus dérangeant encore. Chaque année, 48 milliards d’euros de dépenses publiques soutiennent le système alimentaire, soit la restauration collective des collectivités, les soutiens européens dont 9 milliards au titre de la PAC, mais surtout, et c’est moins connu que la PAC, les exonérations de cotisations sociales dans les filières.
Or le résultat économique de ces filières tourne autour de 30 à 40 milliards. « Il n’y a pas un euro de bénéfice. Les propriétaires de Carrefour, de Lactalis ne gagnent pas d’argent si l’État ne met pas d’argent dans le système », a résumé l’agronome, en précisant qu’il ne posait pas là « un constat moral, mais un constat juste financier ».
Quelques minutes plus tard, sa co-intervenante donnera une version légèrement différente : 30 milliards de bénéfices pour 50 milliards d’aides directes, soit 20 milliards de pertes en l’absence de soutien public, mais la conclusion est la même.
C’est de ce déséquilibre que naît, selon eux, le « déni de démocratie ». « La démocratie, c’est bien des choix collectifs faits entre personnes égales. On n’a pas plus de droits de vote parce qu’on a gagné plus d’argent au loto, à l’usine ou par l’héritage. Eh bien l’alimentation, elle est régie uniquement par le marché et par des politiques publiques qui ne passent que par le soutien à la compétitivité, en évitant le plus possible d’orienter la production selon l’intérêt général », a développé Tanguy Martin.
« C’est le marché, le vote par le caddie, qui est profondément inégalitaire et non démocratique. » Et Somhack Limphakdy de prolonger : « C’est dans un îlot non marchand qu’on peut construire du droit. Laisser au marché le soin de répondre à un droit, de le protéger, de le construire, c’est une matrice de destruction de ce droit. C’est valable pour l’alimentation, mais aussi pour le logement, la santé… et aujourd’hui, puisque nous nous retrouvons ici à l’improviste, pour le droit à l’éducation. »
Le lien avec l’actualité est assumé. « Ce mouvement de nos jeunes en dit long : quand on regarde leurs revendications, elles rejoignent celles de la communauté éducative depuis des décennies. Ce que revendiquent ces jeunes, c’est exactement ce pour quoi leurs aînés, leurs parents et leurs enseignants se mobilisent depuis des décennies. »
De la fourche à la cantine : penser le système, pas le rayon
Pour déplacer le regard, les deux intervenants ont déroulé la notion de système alimentaire : production, transformation, distribution, lieux de consommation, restauration collective, gestion et prévention des déchets, transport.
Un ensemble qui pèse « 30 % des émissions de gaz à effet de serre » et qui, pensé de façon linéaire : un début, un milieu, une fin, a éloigné les mangeurs de ce qu’ils mangent. « Comme on ne se connaît plus, on n’a plus confiance », a souligné Somhack Limphakdy, prenant l’exemple de ces producteurs bio qui refusent de payer un label parce que leurs clients viennent chez eux et savent.
Autre angle mort : la traçabilité. L’Eurométropole de Strasbourg a mis « plusieurs mois d’enquête » à établir où était planté le blé de son pain, où il était transformé en farine, et où celui-ci était panifié.
Un symptôme, selon elle, d’un système à réencastrer dans la société, dont dépendent aussi des enjeux de santé publique, d’emploi et de démographie agricole : « près d’un agriculteur sur deux partira à la retraite d’ici dix ans », a rappelé Tanguy Martin, qui a aussi pointé l’érosion de la biodiversité végétale et animale et l’uniformisation des paysages.
La question de la gouvernance devient alors centrale. « L’alimentation, c’est intime, il y a très peu d’actes aussi intimes que d’ingérer des aliments qui vont devenir littéralement notre corps et notre esprit, mais cette question est éminemment politique », a résumé Somhack Limphakdy.
La démocratie alimentaire, notion apparue au milieu des années 1990, articule justice alimentaire (la lutte contre les inégalités) et capacité des mangeurs à « décider par eux-mêmes et pour eux-mêmes quel système alimentaire ils veulent ». Une définition en deux étages : choisir ce qu’on met dans son assiette, et participer aux décisions qui déterminent ce qui y arrive.
À Mulhouse, « un grand écart »
Le retour au territoire a été l’un des moments les plus denses. Sarah Allegry-Sy a rappelé que « plus d’un tiers de la population » mulhousienne est en situation d’insécurité alimentaire, et décrit un écosystème associatif « extrêmement riche », bousculé par la crise sanitaire : essor de collectifs informels, de maraudes, d’associations étudiantes sur les deux campus.
La précarité alimentaire, a-t-elle ajouté, ne se limite pas aux quartiers prioritaires : des familles nombreuses de classe moyenne rencontrent des difficultés d’approvisionnement, et la situation frontalière pose crûment la question des personnes sans papiers, privées d’accès aux colis alimentaires lors des confinements.
Somhack Limphakdy a planté le décor : « 50 % des RSA du département, c’est la ville de Mulhouse ; 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, très au-dessus de la moyenne nationale, mais c’est aussi les plus hauts revenus d’Alsace. C’est un grand écart. »
Avant de pointer le paradoxe du foncier : un territoire « bien doté en surface agricole utile », autour et jusqu’au sud de l’Alsace, mais occupé « pour l’essentiel » par du maïs d’ensilage, de l’amidon et du sucre pour la pâtisserie agro-industrielle, et par des « fermes-usines ».
Un agent de l’agglomération, chargée de mission du projet alimentaire territorial, a nuancé : sur 14 000 hectares, le maïs représente aujourd’hui 51 % des surfaces, les prairies près de 20 %, et l’âge moyen des exploitants a rajeuni. « Ce n’est plus aussi caricatural. »
Réponse de l’intéressée : « Oui, ça a progressé, mais c’est parce que des politiques publiques l’ont mené. Et au vu de l’ampleur de la situation, il reste énormément de travail. »
Sur la restauration scolaire, l’agglomération annonce 24 % de produits durables dans les assiettes du périscolaire, un travail sur l’éducation au goût, le gaspillage et la santé ; la Collectivité européenne d’Alsace a, elle, voté en décembre une tarification unique et solidaire dans les collèges, à 4,10 euros le repas, 2,90 euros pour les boursiers et les enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance, pour un coût réel estimé à 9,50 euros, et ouvert une plateforme, « Agri-locale », pour connecter ses restaurateurs aux agriculteurs. Somhack Limphakdy a rappelé au passage que les collectivités sont de toute façon tenues par la loi EGalim.
Des expérimentations déjà là, de Fribourg à Lons-le-Saunier
Reste la question qui fâche : que faire ? Tanguy Martin a déroulé un catalogue de dispositifs existants, sans en faire « une juxtaposition de petites initiatives ». Les AMAP, avec leurs paniers suspendus ou leurs tarifs différenciés sur la base du volontariat, où « seul le paysan partenaire sait qui paye le tarif solidaire ».
VRAC, « présent sur Mulhouse depuis trois ans », réseau de groupements d’achats dont l’intérêt n’est pas seulement le prix bas mais « toute la phase d’élaboration de ce qu’on va acheter en commun, qui est un acte de démocratie en soi ».
Les supermarchés coopératifs, où « le marché appartient directement à ses consommateurs ». La Carline, ce « petit marché coopératif » qui, faute de légumes bio sur son territoire, a acheté des terres pour les louer à des maraîchers bio, « dans une structure où chaque consommateur a une voix ».
Puis GartenCoop, à Fribourg : des habitants qui, il y a plus de dix ans, ont mis de l’argent en commun pour louer une parcelle, construire les bâtiments d’exploitation et verser chaque mois de quoi couvrir salaires, semences et réparations. Et deux exemples de démocratie institutionnelle. À Lons-le-Saunier, dans le Jura, la pollution d’un bassin de captage a conduit à convertir l’agriculture en bio, puis à passer la cantine scolaire en bio et à créer un restaurant d’entreprise « où l’on mange pour une somme modique un repas de bien meilleure qualité qu’en restauration collective classique ».
À Épinal, la ville a opté pour une cantine en régie directe avec des maraîchers municipaux : les agents sont venus manger avec les enfants, « ils se comportent mieux, ils goûtent plus facilement, il y a moins de gaspillage ». Petit hic : les légumes poussent l’été, quand les enfants sont en vacances. D’où le projet, en cours, de travailler avec des conserveries locales. « Ça ne s’est pas fait en un claquement de doigts. Ça a été tout le mandat précédent. »
La sécurité sociale de l’alimentation, « utopie concrète »
Le fil rouge du livre, c’est la mise sous sécurité sociale de l’alimentation. Le collectif fédère « une quarantaine d’expérimentations », et « il y en a au moins autant en dehors » : « il n’y a pas deux expérimentations qui se ressemblent », toutes naissent de l’écosystème local. Trois piliers les structurent : l’universalité du droit, la cotisation (ici une contribution, avec une grille indicative et une libre détermination du montant), et la démocratie alimentaire.
À Montpellier, Bordeaux ou Lyon, des « caisses communes alimentaires » réunissent jusqu’à quelques centaines de mangeurs qui décident ensemble de leur alimentation. En Seine-Saint-Denis, une expérimentation close début 2026 a testé une carte de paiement avec une bonification de plus de 50 % pour les produits durables : « toutes les personnes qui en ont profité étaient celles qui pouvaient accéder géographiquement à cette alimentation durable ».
Une heure et demie de transport aller, autant au retour : la meilleure bonification du monde n’y change rien. D’où l’importance de penser aussi l’offre dans les « déserts alimentaires ».
L’argument financier se veut imparable : 150 euros par personne et par mois, soit 120 milliards d’euros à l’échelle de la population, y compris les personnes sans papiers, car « les droits humains, c’est inconditionnel ». « Ce n’est pas ce qu’on demande pour organiser la sécurité sociale de l’alimentation, c’est ce qu’on pèse », a insisté Somhack Limphakdy, en soulignant que ces 150 euros, « on les paye toutes et tous » : de sa poche pour qui en a les moyens, en justificatifs, en travail social, en ramasse en supermarché et en bénévolat pour les autres. Et de qualifier le projet de « projet de paix économique », de « coopération entre les territoires et avec les pays des Sud ».
« On ne demande pas à un malade de courir un marathon »
La salle n’a pas été avare de contributions. Un participant a interrogé l’état réel des cantines mulhousiennes ; un soignant en psychiatrie a relié foncier agricole, qualité des repas thérapeutiques et la « qualité de ce qui est servi dans les hôpitaux et les EHPAD », qu’il juge « franchement scandaleux ».
Estelle, responsable des colis alimentaires à Caritas Alsace, a raconté le quotidien des épiceries sociales : « notre rêve, ce serait de ne plus en avoir et d’avoir des lieux où tout le monde pourrait acheter à prix différenciés », mais « pour l’instant, on essaye d’améliorer ce qu’on reçoit de la banque alimentaire. On est quand même dans du déchet. »
Et d’interroger le lien avec l’Assurance maladie : « les personnes en précarité ont souvent des taux de diabète et de cholestérol très élevés ; quel pont fait-on avec une Sécurité sociale qui met un budget monumental à financer la maladie ? »
Réponse prudente : changer d’alimentation ne fera pas disparaître du jour au lendemain diabète et cholestérol, « c’est avec beaucoup de constance qu’on construit la maladie, et avec beaucoup de constance qu’on construit la pleine santé ». Il faudra « très vraisemblablement payer les deux en même temps pendant un certain temps ».
Un autre intervenant a enfoncé le clou : une conférencière médecin, devant des responsables de santé du Grand Est, jugeait la sensibilisation « inutile voire contre-productive tant qu’on ne s’assure pas que les gens aient un accès géographique et économique à l’alimentation de qualité » ; « les 10 ateliers de nutritionnistes dans l’année ne compenseront pas le fait que tous les arrêts de bus sont couverts par le McDo 365 jours par an ». Son association a déposé plusieurs projets de prévention santé ; aucun n’a été financé, faute d’entrer dans les cases.
Sur le foncier, Tanguy Martin a plaidé pour « casser les silos » : la SAFER, ce « parapublic » qui oriente les terres, compte des collectivités dans sa gouvernance, mais ce sont parfois leurs services fonciers, et non les élus du projet alimentaire territorial, qui arbitrent les attributions.
Il a aussi rappelé que l’autonomie alimentaire complète n’existe nulle part : « votre capacité nourricière en Alsace est entre 50 et 90 % », quand Paris est entre 0 et 5 %, d’où l’intérêt de penser les interdépendances entre territoires plutôt qu’une relocalisation totale.
Un élu a complété : la production agricole de l’Eurométropole de Strasbourg couvre « moins de 10 % » des besoins, plus de 80 % des terres étant en céréales ; dans un scénario de rupture d’approvisionnement, Strasbourg « ne tiendrait que deux jours ».
Un intervenant a enfin posé la question du temps et de l’échelle : « il y a la moitié des agriculteurs qui vont être en âge de partir à la retraite » dans les cinq ans, « des centaines d’hectares qui vont devoir changer de main ».
Pour lui, le marché doit être « piloté » sur ces orientations, car la transition exigera « des investissements, de l’énergie, de l’entrepreneuriat » colossaux. Et de résumer l’asymétrie : « on ne peut pas demander à un malade de courir un marathon », or c’est à une filière déjà affaiblie qu’on demande un changement profond, sans engagements de volumes ni de prix sur la durée.
Somhack Limphakdy lui a répondu : « Je ne crois pas du tout que ta proposition soit noire, au contraire, je la trouve très claire et lucide. » Avant de replacer l’horizon : « la paysannerie, on a mis cinq siècles à l’abattre avec beaucoup de constance », et il faudra « deux générations de politiques publiques, bien 50 ans » pour reconstruire une société paysanne.
Non sans rappeler que l’Alsace fut, en 1525, le théâtre de la révolte des paysans et de ses Douze Articles, « considérés comme les prototypes des droits humains ». Et de lancer : « Aucun de nous, présents dans cette salle, n’est l’adversaire d’un autre. L’adversité, elle est en dehors de nous. »
Et maintenant ?
Le CCAS l’a annoncé en clôture : le territoire planche sur de prochaines « assises de l’alimentation », dans le prolongement du projet alimentaire territorial et de son axe consacré à l’accès digne à une alimentation de qualité, avec l’ambition d’y associer les habitants.
Un guide, À fond les caisses, a par ailleurs été transmis aux organisateurs, pour outiller les collectivités qui voudraient se saisir de la démocratie alimentaire sans attendre une hypothétique sécurité sociale de l’alimentation. « Il n’y a pas que la sécurité sociale de l’alimentation », a insisté Somhack Limphakdy : il y a « un levier formidable avec les cantines », compétence directe des villes.
Avant de conclure, l’animatrice a eu cette formule, qui résume assez bien la soirée : « Rentrez bien. Prenez soin de vous et mangez bien. »
































