Quand la télévision publique ARD coince la chancelière… – L'Alterpresse68

Quand la télévision publique ARD coince la chancelière…

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Dimanche 5 juillet. Il se passe quelque chose d’immensément important en Europe avec le référendum grec mais la télévision publique française ne juge pas essentiel de suivre les résultats en direct.

Il faut se rabattre sur LCI ou Itélé… Des reportages lénifiants, répétitifs, une information plate et sans saveurs… Pas d’éclairage particulier… Chiant, quoi !

Décidément, être région frontalière comporte bien des avantages, entre autres celui de pouvoir suivre la télévision d’outre-rhin.

Un doigt sur la télécommande et voilà l’ARD qui diffuse une émission spéciale… ZDF n’est pas en reste et les deux chaînes publiques allemandes font de la vraie information passionnante et pluraliste.

Je reste scotché sur l’ARD. Car les participants du débat sont particulièrement bien choisis : un député CDU et un ancien rédacteur en chef de Bild Zeitung pour un camp, je vous laisse deviner lequel… Un membre du Comité politique de Syriza parfaitement germanophone et une journaliste de la Tageszeitung (TAZ) de Berlin, un quotidien de gauche, réputée pour son information honnête sur la situation des grecs.

Bien sûr on n’évite ni les clichés allemands sur les Grecs, ni les applaudissements du public pour les deux camps (tiens, ceux pour la droite sont plus nourris, est-ce possible…)

Mais on entend également le représentant de Syriza remettre les pendules à l’heure sur les exigences pour son gouvernement de la part des Allemands… alors qu’ils n’avaient pas les mêmes pour Samaras…

Et puis vient un reportage avec une question centrale. Nous dit-on la vérité ? Richtig oder falsch ? Trois points concernant le projet d’accord refusé par Tsipras sont passés en revue. Le premier : apparaît Mme Merkel sur l’écran qui affirme « nous n’avons jamais été aussi généreux avec la Grèce »…  Puis M. Schulz, président SPD du Parlement européen : « il n’est plus question de réduire les retraites ». Et enfin Sigmar Gabriel, chef du SPD et vice-chancelier : « Nous avons offert 35 milliards d’investissements supplémentaires ».

Le reportage démonte totalement ces trois affirmations.

Un moment de vérité qui présente trois personnages éminents de la sphère politique allemande comme des manipulateurs de l’opinion, voire pire.

Il y a donc encore des télévisions publiques qui font de l’information… en Allemagne !

Michel Muller

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