“Manif” samedi 13 avril à Strasbourg, à l’appel de la CGT et de 21 autres organisations pour les libertés publiques et le droit de manifester…

De 500 à 700 manifestants selon les estimations, syndicalistes, organisations de défense des droits de l’homme, gilets jaunes, des drapeaux, beaucoup de drapeaux… un défilé pacifique, une dérivation du parcours initialement prévu suite aux initiatives de quelqsues uns et…quelques interpellations en fin de parcours. Pourtant, comme le chantait Boris VIAN, “on n’était pas là pour se faire engueuler, mais bien “pour voir le défilé” et même, y participer !

Elles seraient donc menacées, les libertés publiques ? La bonne vieille liberté de manifester, celle  de manifester pacifiquement son opinion en public, collectivement, ne serait plus la règle ?

Finies les manifs colère, comme les manifs pépères, les manifs traîne-savates ?

Que prévoit la loi anticasseurs désormais adoptée?

“Après l’inscription de l’état d’urgence dans le droit commun, l’adoption du projet de loi “anti-manifestant.e.s” (qui) accroît les mesures liberticides vis à vis des manifestant.e.s et des gilets jaunes” et la mobilisation des militaires de l’opération Sentinelle pour intervenir face aux mobilisations sociales” s’indignent les organisateurs de la manif de Strasbourg.

A juste titre.

Si l’annulation par le Conseil Constitutionnel de l’article 3 du projet de loi prévoyant la possibilité pour l’autorité administrative d’interdire la paticipation d’une personne donnée à une manifestation est une bonne nouvelle, il reste… le reste !

Le Procureur de la République, magistrat non indépendant, pourra toujours bloquer l’accès aux manifestations en imposant fouilles et contrôles aux abords des manifestations prévues. Rendre délictueux le port d’un masque de protection, ou le simple fait de se couvrir la bas du visage, utiliser la menace de recours pécuniaire de l’Etat contre les manifestants, utiliser, avant même le début d’une manifestation, l’arrestation préventive et la garde à vue comme instruments de dissuasion, les juger à la chaîne alors que s’éternisent les enquêtes sur les violences policières, permettre l’utilisation d’armes qui mutilent et pourraient être létales… autant de mesures qui relèvent bien de la volonté de décourager et réprimer les aspirants manifestants.

A l’heure des “gilets jaunes”, de débordements réels ou provoqués de “casseurs”, ce serait du classique, du normal, du maintien de l’ordre, une réplique nécessairement “ferme”aux violences de la foule, en somme ?

Bien au delà: c’est toute l’architecture de notre conception des libertés publiques qui est en jeu.

La liberté de manifester collectivement son opinion en public était la règle. Elle devient une simple tolérance, à la merci des peurs du pouvoir du moment.

La loi adoptée par l’Assemblée nationale est une atteinte grave à nos libertés publiques et à l’équilibre des pouvoirs. Elle contribue, en visant une liberté fondamentale, à la casse – déjà bien engagée -,  de l’équilibre des pouvoirs, qui fonde notre système démocratique.

Il faut dénoncer les dérives d’un exécutif jupitérien, abroger cette loi et… ceux  qui l’ont portée !