Joëlle Bonn, responsable de la section Unser Land de Mulhouse nous l’avait annoncé : « Notre parti proposera des listes aux municipales ». Ce sera donc Régis Baschung, vieille connaissance de la vie politique mulhousienne, issue du Modem, qui sera à la tête d’une liste qui doit encore s’étoffer pour atteindre les 55 candidatures imposées. Des pistes de programme sont avancées dont la gratuité des transports en commun, l’élimination des emprunts toxiques, entre autres. Mais là également, le programme sera encore détaillé dans les semaines et mois à venir.

La nécessité de formuler des proposer pour répondre aux problèmes économiques, sociaux, culturels d’aujourd’hui ont conduit Unser Land tenir un séminaire samedi 16 novembre à Horbourg-Wihr.

J.G. Trouillet

Jean-Georges Trouillet, fondateur et porte-parole du parti Unser Land, (présidé par Andrée Munschenbach), précise ci-dessous les objectifs du parti autonomiste pour les élections à venir et les suivantes.

En plus de la réunion de groupe de travail (sur le programme, l’animation de réseaux sociaux), Unser Land a invité le collectif Déstocamine pour qu’il puisse faire part des enjeux autour de l’évacuation totale des déchets du fonds des galeries et de la mobilisation en cours. Mobilisation à laquelle le Parti alsacien participe en appelant à la marche pour l’eau prévue samedi 23 novembre à Wittelsheim, manifestation qui partira à 13 h du Château d’eau de Wittelsheim pour aller jusqu’au site de Stocamine.

Stocamine : des élus alsaciens impuissants ?

Yann Flory et deux autres animateurs du collectif ont mit l’accent sur la certitude qui est partagé en Alsace sur la nécessité et la possibilité de sortir tous les déchets. Pourtant, le gouvernement continue de tergiverser, de gagner du temps, alors que chaque jour les galeries se rétrécissent et rendent l’évacuation plus difficile. Les élus alsaciens (parlementaires, maires, conseillers régionaux et départementaux…) se déclarent unanimes réclament l’ouverture des travaux. Ce qui fait dire à Andrée Munchenbach que « l’état centralisateur ne tient pas compte des décisions d’une population et de ces élus ». Ce qui conforte la présidente dans son exigence de plus de pouvoir vers les régions et justifie son combat pour l’autonomie.

Nationalité et citoyenneté…

Cristian Kollmann, secrétaire du mouvement Süd-Tiroler Freiheit, qui milite pour le retour du « haut-Adige », selon la formulation héritée de l’époque mussolinienne rappela l’orateur, vers l’Autriche, souleva une des questions qu’on se pose souvent à propos du mouvement autonomiste alsacien. Entre régionalisme, autonomisme, indépendance, quelle est la position la plus appropriée pour redonner du pouvoir  aux citoyens. M. Kollmann surprit quelque peu l’assistance en plaidant pour une « double nationalité » dans sa région, autrichienne et italienne. Difficilement concevable en Alsace où une proposition de double nationalité française et allemande n’est pas vraiment imaginable. Pourtant, le Tyrol du sud bénéficie d’une large autonomie car l’état italien est plus ouvert à une vraie décentralisation. Ainsi l’allemand, langue maternelle de la population, est enseigné au même niveau que l’italien (donc deux langues officielles sont en vigueur) et de nombreux domaines de la vie publique relèvent des seules décisions des élus tyroliens. Mais un constat s’imposer aussi : cela ne suffit pas pour promouvoir les idées indépendantistes. Aux dernières élections, le parti Süd-Tiroler Freiheit (Liberté pour le Tyrol du Sud) a régressé au profit de partis régionalistes plus modérés.

Adrien Biassin et la résilience territoriale dans le Sud Alsace

Jean Faivre, attaché parlementaire du député européen François Alfonsi, élu sur la liste EELV en tant que chef de file de la fédération « Régions et Peuples Solidaires (qui réunit des partis politiques régionalistes ou autonomistes de France), expliqua qu’au niveau européen, les mouvements autonomistes et indépendantistes s’organisaient  et s’appuyaient sur le concept de « minorité nationale », reconnu au niveau international et sur lequel il faut pouvoir s’appuyer pour qu’elle soit reconnue universellement.

Adrien Biassin, doctorant en prospective, qui a fait d’importants travaux sur les perspectives d’avenir du sud Alsace, parla de la résilience territoriale qui est la conclusion de son étude. On sait qu’il propose six scénarios possibles pour le Sud Alsace à l’horizon 2040 pour affronter un risque d’ « effondrement » de notre mode de vie actuel. De quoi faire un vrai programme politique à court, moyen et long terme, volontariste et courageux.

Une journée qui a permis d’affiner un peu plus encore le profit d’Unser Land pour ne pas rester cataloguer dans sa seule identité « autonomiste » dont on ne sait pas toujours s’il s’agit d’un but ou d’un moyen. Et s’il s’agit d’un moyen, pour aller vers quel type de société ?

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