Nos entre­vues des can­di­dates et can­di­dats aux élec­tions muni­ci­pales en 30 minutes

Nous publions un entre­tien audio réa­li­sé avec celui qui était encore à l’heure de l’enregistrement, tête de liste « Unser Land » aux élec­tions muni­ci­pales de Mul­house, Régis Baschung.

Régis Baschung n’est pas un débu­tant en poli­tique : déjà can­di­dat à diverses élec­tions sous l’étiquette Modem, il s’est lan­cé cette fois-ci sous la ban­nière « Unser Land ». Bien qu’il nous ait assu­ré que la com­po­si­tion de sa liste étant en « bonne voie », cela n’avait pas effa­cé notre scep­ti­cisme devant l’ampleur de la tâche. Car les élec­tions muni­ci­pales ne sont pas le ter­rain le plus favo­rable pour une liste auto­no­miste, plus à l’aise dans des élec­tions régio­nales voire législatives.

L’engagement dans la cam­pagne pou­vait donc se com­prendre comme l’utilisation d’une tri­bune pour faire avan­cer les thèses favo­rites de l’au­to­no­misme, sur la culture et la langue régio­nale, le retour à une région Alsace, la volon­té d’une nou­velle démo­cra­tie basée sur la proxi­mi­té, etc… C’est d’ailleurs ce que fait Régis Baschung dans l’entretien que nous publions.

Cela pou­vait éga­le­ment se com­prendre à l’analyse du son­dage IFOP réa­li­sé en décembre der­nier, dans lequel, outre les 68% d’Alsaciens qui s’exprimaient pour une sor­tie du Grand Est, 55% d’entre eux sou­hai­tait la « créa­tion d’un nou­veau Par­ti poli­tique alsa­cien reven­di­quant la sor­tie de l’Alsace de la Grand région ».

Appa­rem­ment, les son­dés soit ne connais­saient pas « Unser Land », soit ne croyaient pas à sa capa­ci­té d’action en ce domaine. Les élec­tions muni­ci­pales venaient donc à point nom­mé pour faire connaître les pro­po­si­tions et pers­pec­tives d’action du Par­ti auto­no­miste alsacien.

Et voi­là qu’une infor­ma­tion tombe au len­de­main de l’enregistrement de l’entretien avec Régis Baschung : ne pou­vant réa­li­ser sa liste, il se range sous la ban­nière d’un dénom­mé Romain Spi­na­li, can­di­dat sur­prise de der­nière heure qui, lui aus­si, peine à consti­tuer une liste. Ain­si notre Régis alsa­cien se retrouve à la 3e place sur une hypo­thé­tique liste Spi­na­li, et « Unser Land » dis­pa­raît tota­le­ment de ce débat municipal.

Pas sûr que cette manœuvre ne per­mette à ce par­ti de tirer béné­fice d’une cam­pagne élec­to­rale dans laquelle il n’a rien à gagner en terme de sièges, mais dont la seule ver­tu était d’offrir une tri­bune aux auto­no­mistes qui peinent, par ailleurs, à élar­gir leur base mal­gré un contexte poli­tique qui devrait plu­tôt leur être favorable.

Néan­moins, nous publions l’enregistrement de Régis Baschung parce qu’il mérite d’être enten­du… même si les pro­po­si­tions énon­cées vont sûre­ment disparaître.

Nous ten­te­rons d’obtenir un entre­tien avec M. Spi­na­li : ne serait-ce que pour savoir de qui il pour­rait être la créature…

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