Homme poli­tique ou méde­cin urgen­tiste ? Pré­sident de la région Grand Est ou blouse blanche sur le retour ? Liqui­da­teur poli­tique ou géné­ral de rang sanitaire ? 

Jean Rott­ner se joue mani­fes­te­ment de toutes les inter­ces­sions pro­téi­formes que lui offre le désastre sani­taire du moment.

La « guerre » contre le covid19 est aus­si­tôt décla­rée par un Chef des Armées gau­lois, risible, aus­si ampou­lé que dépas­sé par les évè­ne­ments qu’aus­si­tôt le « Géné­ral du Grand-Est », ain­si qu’il est sur­nom­mé à Paris, mène la bataille contre la per­fide épi­dé­mie, aus­si tueuse que silen­cieuse en ses avancées.

Jean Rott­ner est deve­nu incon­tour­nable. On le voit par exemple le 5 mars 2020 affec­tant une forme de déni aux côtés des lycéens de Mul­house à qui il conseille de prendre du para­cé­ta­mol (car ils ne sont pas à risque), sus­ci­tant ce fai­sant l’ad­mi­ra­tion du jour­na­liste de l’Alsace: « Être méde­cin lorsqu’il faut évo­quer une épi­dé­mie, ça aide et autant dire que Jean Rott­ner a été très bon dans cet exer­cice inédit ».

Mais, pré­cise aus­si­tôt le rédac­teur: « Il s’est sur­tout vou­lu ras­su­rant : « La vie conti­nue. » », avant d’in­car­ner les Cas­sandre tout le long du mois de mars, sur les pla­teaux télé ou sur les ondes. Au dia­pa­son, d’ailleurs, de tous les pro­fes­sion­nels de la pro­fes­sion, ain­si qu’on peut le voir dans cet acca­blant petit mon­tage vidéo (hélas de piètre qua­li­té visuelle) :

https://vimeo.com/409497435

Il est par ailleurs omni­pré­sent sur Twit­ter, où il dis­tri­bue de pro­li­fiques bons points et remer­cie­ments. On l’y aper­çoit pareille­ment faire la chasse aux masques sani­taires, une den­rée plus rare qu’un satis­fe­cit numé­rique, aus­si bien pour les qué­man­der aux bonnes âmes qui en dis­po­se­raient, en tant que « geste citoyen » ici, que pour dénon­cer les rachats sau­vages de ceux-ci sur le tar­mac des aéro­ports de « l’usine du monde » par . La faute à ces vilains amé­ri­cains et à leurs incoer­cibles réflexes de cow-boys, lors­qu’ils raflent la mar­chan­dise à la barbe des cigales fran­çaises désto­ckées, à coup de pis­to-dol­lars surcalibrés.

Et Rott­ner le clame par­tout : il se bat « 24 heures sur 24 », depuis une cel­lule dédiée au sein de sa tour du Grand-Est, afin de se pro­cu­rer la pré­cieuse pro­phy­laxie. Une lutte de tous les ins­tants qui ne por­te­ra tou­te­fois pas le bon doc­teur jus­qu’à sug­gé­rer la réou­ver­ture des hôpi­taux ou ser­vices mater­ni­té de Thann et d’Alt­kirch, en vue de déga­ger des places sup­plé­men­taires sur le site de Mulhouse.

Jean Rott­ner est un cou­teau suisse face à l’adversité. Il semble endos­ser impu­dem­ment toutes les res­pon­sa­bi­li­tés au niveau régio­nal, car sa tra­jec­toire pro­fes­sion­nelle lui per­met d’ap­pa­raitre comme l’un des rares inter­lo­cu­teurs incon­tour­nables, dans toutes les accep­tions socio-poli­ti­co-sani­taire ouvertes par la pandémie.

Mais com­ment ne pas voir dans les pou­pées gigognes qu’il encap­sule matoi­se­ment, avec ses faux-airs débon­naires à la Droo­py, une manière de char­rier sa bre­loque d’empreinte poli­tique dans le pay­sage poli­tique national ?

Et quand d’au­cuns poètes façonnent leurs fou­lées pareilles à « des semelles de vent », Jean Rott­ner syn­chro­nise quant à lui sa pro­so­die mul­ti-ins­tru­men­tiste sur les quelques girouettes qui lui servent d’indicateur, lor­gnant la meilleure prise d’air disponible.

Car pour juger de la soli­di­té appa­rente de l’animal poli­tique, au regard d’une pan­dé­mie dont le fac­teur aggra­vant relève de l’irresponsabilité native et abso­lue de la classe poli­tique fran­çaise dans son ensemble, il convient de le juger à l’aune de sa cohé­rence, ses prises de posi­tion et inter­ven­tions, notam­ment en matière sanitaire.

Et l’examen de conscience pour Jean­not-le-mul­hou­sien risque d’être pas­sa­ble­ment déli­cat à sur­mon­ter. Il n’est certes pas le seul à qui seront récla­més des comptes dans les pro­chains temps, mais lui, contrai­re­ment à d’autres, tente encore de jouer les bra­vaches illusionnistes. 

Ain­si, lorsqu’il parle de Mul­house avec quelques tré­mo­los dans la voix, c’est en tant que maire dont il n’a plus le titre, bien que per­sonne n’i­gnore que l’é­dile en poste ne décide de rien sans lui en réfé­rer, et, puisque celle-ci n’apparait tou­jours pas légi­time aux yeux des mul­hou­siens, la cam­pagne muni­ci­pale de 2020, désor­mais sus­pen­due, se sera donc jouée sur le prin­cipe du « ticket », pour reprendre la savou­reuse for­mule de la mai­resse Michèle Lutz, l’o­bli­gée de Jean Rott­ner, sinon l’oblitérée du poin­çon­neur poli­tique qu’il est. 

Le doc­teur aurait-il ava­lé du gel hydroalcoolique ? 

C’est que l’animal poli­tique « vira­li­sé » par les médias sociaux dit tout et son contraire, et cela depuis un moment déjà. Serait-ce le mar­queur du vieux tro­pisme régen­tant le camé­léon cen­triste, atteint en l’oc­cur­rence par une zoo­nose aus­si oppor­tune qu’opportuniste ?

Il était déjà pro­di­gieux de dénon­cer la créa­tion du Grand-Est en 2014, puis d’en deve­nir le pré­sident dans la fou­lée. Encore fal­lait-il émer­ger poli­ti­que­ment en se déles­tant du sein mater­nel d’Ar­lette Gross­kost, ancienne dépu­tée LR aujourd’­hui reti­rée de la poli­tique, qui voyait en lui « son petit frère », et remâche encore aujourd’­hui son amer­tume: « Je l’ai lan­cé. Il a tra­hi», dans le por­trait de l’ex-pou­lain que lui consa­crait « Le Monde » le 27 mars der­nier.

« C’est un cen­triste par­fait, qui suit le vent ». « Il se sert de cette situa­tion pour lui-même » pré­cise encore la mère Gross­kost, qui a long­temps excré­té une noire colère contre la mol­lesse du per­son­nel poli­tique alsa­cien. « Le Monde » cite éga­le­ment une « oppo­sante », sans doute issue de son ex-majo­ri­té muni­ci­pale, compte tenu le niveau fiel qu’on y injecte par intra­vei­neuse, décla­rant: « Pen­dant des mois, il n’a rien fait pour l’hôpital, puis, là, tout un coup… Chez lui, tout est calculé »

De ce fait, il est ain­si remar­quable de l’entendre fus­ti­ger le 10 avril 2020 sur France Info le dys­fonc­tion­ne­ment des agences régio­nales de san­té (ARS) créées en avril 2010 par la famille poli­tique à laquelle il appar­tient. Tra­ver­sé par une sou­daine épi­pha­nie, Rott­ner énonce que ces agences n’au­raient plus « la bonne méthode » pour agir. Et si l’on « a pro­ba­ble­ment pris du retard aus­si dans la ges­tion de crise [c’est] parce que nous avions affaire plu­tôt à des acteurs bud­gé­taires plu­tôt qu’à des logis­ti­ciens de crise ».

Ô piètre mor­tel que tu es, lec­teur, ne savais-tu pas qu’il ne s’a­gis­sait que de san­té bud­gé­taire dont ces agences avaient la charge ?

Ô peu­plade déchar­née par l’ignorance, ne voyais-tu pas, comme l’an­nonce Jean­not-la-science, que l’é­vo­lu­tion de la san­té « néces­site de vraies muta­tions ». Diable ! Mais aurons-nous seule­ment l’an­ti­dote éla­bo­ré par les cher­cheurs de Ber­cy ?

Ajou­tant : «Quand on est une agence pure­ment bud­gé­taire, deve­nir une agence de ges­tion de crise, c’est pro­fon­dé­ment dif­fé­rent. C’est des métiers pro­fon­dé­ment dif­fé­rents ». Oui, c’est très dif­fé­rent. La san­té est en crise, et la crise ne connait rien à la san­té. Rai­son pour laquelle les citoyens semblent « pro­fon­dé­ment » acca­blés par ceux qui, pour jouer les blanches colombes, n’ap­pa­raissent que les four­riers idéo­lo­giques, même pas­sifs, du désastre capa­ci­taire en matière de san­té publique. 

Crash test venteux

En phy­sique on appel­le­rait cela une « tran­si­tion de phase », pour témoi­gner d’un chan­ge­ment d’état vers un autre, induit par la varia­tion d’un para­mètre externe.

En poli­tique, c’est un peu la même chose : alors que l’on s’est fait jusque-là le cham­pion de la ges­tion bud­gé­taire par la res­tric­tion jusqu’à l’os, y com­pris et sur­tout en matière hos­pi­ta­lière, le deve­nir-girouette de l’animal poli­tique Rott­ner sent désor­mais le vent se lever, et gron­der dan­ge­reu­se­ment au loin.

Et la pers­pec­tive qui s’offre à lui ne tient pas exac­te­ment du zéphyr, mais plu­tôt du vor­tex déchai­né par la colère patiente. De celles qui font voler les cer­ti­tudes les mieux arri­mées. D’où le chan­ge­ment d’état du camé­léon poli­tique. L’exemple du chef de guerre Macron, sou­dai­ne­ment frap­pé d’un éclair de luci­di­té en la faveur du ser­vice public, dut lui ser­vir de bous­sole, mais ne fera pas bien long­temps illusion. 

Car le crash ultime révé­lé par cette crise témoigne d’un échec total pour le per­son­nel poli­tique. Désor­mais les citoyens savent que mieux vaut ne plus escomp­ter sur les moyens actuels de l’État pour assu­rer promp­te­ment aux citoyens le ser­vice de la san­té, dont les moyens élé­men­taires de pro­phy­laxie, a for­tio­ri en temps de crise. 

Bien sûr, à l’é­chelle locale ou régio­nale, des hommes et des femmes, res­pon­sables et élus, ont réa­li­sé une mis­sion d’ac­com­pa­gne­ment et de sau­ve­garde des moyens publics de san­té, qui est méri­toire. Jean Rott­ner y a éga­le­ment contri­bué. Mais il ne s’a­gis­sait que d’ac­tions à court terme, et de por­tée limi­tée, alors qu’il était déjà bien trop tard. 

Au demeu­rant, pour gérer « l’a­près confi­ne­ment », l’exa­men de pro­bi­té et de conscience sera obli­ga­toire pour tous ceux et celles à qui les élec­teurs confie­ront les rênes d’un pou­voir. D’au­tant que les élec­tions muni­ci­pales semblent désor­mais devoir se rejouer prochainement…

En revanche, ici à Mul­house, il relève bien du sur­na­tu­rel que l’hôpital public passe pour avoir été ren­for­cé grâce à l’action du doc­teur Rott­ner. Sup­po­ser cela revien­drait à admi­nis­trer une gifle mons­trueuse à la com­mu­nau­té soi­gnante dans son ensemble, laquelle se bat en vain depuis des mois pour récla­mer des moyens et du per­son­nel, en pres­sen­tant le pire. 

Vous comp­tez les sous, nous comp­te­rons les morts 

Slo­gan lan­cé à l’oc­ca­sion des grèves aux urgences en 2019

Il aura fal­lu le drame mul­hou­sien lié au Covid19 pour des­siller les yeux des poli­tiques, et per­mettre une mobi­li­sa­tion consi­dé­rable des acteurs de la san­té, venus en nombre de toute la France, pour aider et com­plé­ter les per­son­nels à Mulhouse. 

Le fait de voir se lever une armée de volon­taires prête à s’en­trai­der dans la coopé­ra­tion, et sai­sie par le sen­ti­ment d’une décence com­mune face à l’im­pé­ri­tie du poli­tique, est frap­pante. Si armée il y a, elle est d’a­bord le pro­duit de l’au­to-orga­ni­sa­tion d’ac­teurs de la socié­té civile, et non d’un quel­conque acteur politique. 

Ce qui, en revanche, pour­rait être étouf­fé par une délé­tère ins­tru­men­ta­li­sa­tion poli­tique, est la mémoire des mobi­li­sa­tions sociales de la part des per­son­nels de l’hôpital, en par­ti­cu­lier des urgences, tout au long de ces der­nières années.

Hon­neurs et déshon­neurs à l’hô­pi­tal Émile Mul­ler de Mulhouse 

En 2019, nous rela­tions l’état d’épuisement psy­chique et phy­sique du per­son­nel urgen­tiste durant de très longs mois, en indi­quant que seuls 7 postes médi­caux sur 22 étaient encore pour­vus à Mul­house, tant le fonc­tion­ne­ment du ser­vice était deve­nu intenable.

Nous évo­quions éga­le­ment le choix opé­ré par l’ARS de lais­ser selon nous dépé­rir l’hôpital (au point d’envisager la fer­me­ture des urgences et tan­dis que la chi­rur­gie pédia­trique fer­mait) au pro­fit de pôles pré­fec­to­raux. L’invraisemblable aber­ra­tion du finan­ce­ment à l’acte, lequel déshu­ma­nise l’acte de soin, le tou­risme sani­taire de vigueur dans le Sud-Alsace, l’opacité et la gabe­gie liée au sec­teur pri­vé, et les effets délé­tères du « nume­rus clausus » … 

Nos confrères de Média­part (accès payant) ont éga­le­ment réa­li­sé un repor­tage très com­plet à ce sujet dans leurs colonnes. 

Sur ce ter­rain acci­den­té, l’ex­plo­sion de la pan­dé­mie virale, favo­ri­sée par l’ir­res­pon­sa­bi­li­té conjointe des pou­voirs publics et d’une église évan­gé­lique à Mul­house, a pres­su­ré redou­ta­ble­ment les capa­ci­tés d’ac­cueil de l’hô­pi­tal, lequel aura su se recon­fi­gu­rer dans la catas­trophe, notam­ment par le sou­tien en ren­fort et la soli­da­ri­té d’é­quipes exté­rieures à l’é­ta­blis­se­ment, d’ailleurs tou­jours en cours. 

Mais si les urgences connaissent en ce moment un répit, la trêve reste fra­gile, et déjà d’autres pro­blèmes se font jour. Une uni­té de soins post-réani­ma­tion res­pi­ra­toire Covid-19 vient de s’ins­tal­ler, ani­mée par des infir­mières, méde­cins urgen­tistes et réani­ma­teurs, notam­ment issus de Cagnes-sur-Mer, Tou­louse, Cannes, Stras­bourg, Lille et Pau, et pla­cés sous la hou­lette de Domi­nique Petit, ancien méde­cin mili­taire. Nos confrères de France3 ont récem­ment relayé son cri d’a­larme, dans lequel il juge « dra­ma­tique » la situa­tion mulhousienne : 

Pour autant, une autre réa­li­té est à mettre en exergue, dont Jean Rott­ner est per­son­nel­le­ment comp­table: le droit à l’in­for­ma­tion. Une dis­po­si­tion qui méri­te­rait d’ailleurs à elle seule une cas­se­ro­lade d’an­tho­lo­gie, en ce qu’elle ravive la colère du per­son­nel soi­gnant et inter­pelle les usa­gers de l’hôpital. 

Ses ser­vices entravent depuis des mois notre volon­té de faire jour et com­prendre les choix de ges­tion opé­rés ces der­nières années par l’ad­mi­nis­tra­tion du GHRMSA (grou­pe­ment hos­pi­ta­lier du Rhin Mul­house Sud-Alsace, dont l’hô­pi­tal Émile Mul­ler est le navire ami­ral), tout en pré­ten­dant n’a­voir rien à cacher. 

Pro­cès-ver­baux masqués 

L’en­semble de ces orien­ta­tions sont dûment défi­nies par le « conseil de sur­veillance », dont le bon doc­teur est pré­sident. Les hôpi­taux de l’assistance publique de Paris (AP-HP), par exemple, mettent à dis­po­si­tion de tout un cha­cun les comptes-ren­dus de cette ins­tance de pilo­tage et de ges­tion, direc­te­ment sur leur site internet.

Rien de tel à Mul­house. Nous sol­li­ci­tons depuis des mois copie des pro­cès-ver­baux du conseil de sur­veillance pour les années 2018 à ce jour. Nos demandes sont enre­gis­trées par des fonc­tion­naires qui ont obli­ga­tion de nous les remettre, car il s’agit de docu­ments publics, d’intérêt public. Pour­tant ceux-ci s’arrogent le droit de ne pas se confor­mer à la loi, cela en toute conscience. Nos demandes sont res­tées lettre morte jus­qu’à ce jour.

Se mani­feste ain­si non seule­ment le mépris de cette admi­nis­tra­tion devant le public des usa­gers et citoyens rele­vant du bas­sin de popu­la­tion de l’hô­pi­tal, qui a le droit de connaitre les déci­sions qui y sont prises, mais informe de ce que ces mêmes agents se per­suadent que le droit d’in­for­mer et d’être infor­mé en trans­pa­rence, y com­pris et sur­tout en temps de crise, peut-être impu­dem­ment fou­lé aux pieds. 

C’est pour­quoi nous avons sai­si la com­mis­sion pour l’accès aux docu­ments admi­nis­tra­tifs (CADA) qui siège à Paris.

Vous trou­ve­rez ici une copie de la réponse four­nie par cette com­mis­sion. Elle appa­rait lim­pide, mais nous valut 6 mois d’at­tente. Datée de février 2020, sa déci­sion pro­non­cée en notre faveur n’est tou­jours pas exécutée. 

Il y est dit que nous avons droit légi­time à obte­nir com­mu­ni­ca­tion de ces docu­ments, et de les ana­ly­ser en toute liberté.

A Mul­house, ce droit nous est dénié, par les ser­vices de celui dont il convien­drait de faire un héraut de la place sani­taire. Nous souf­frons donc ici de la peste du covid19, redou­blée du cho­lé­ra de la poli­tique de gri­bouille d’une admi­nis­tra­tion hos­pi­ta­lière, dont Jean Rott­ner est pré­sident du conseil de surveillance. 

D’au­tant que les menaces pèsent tou­jours iden­ti­que­ment sur les ser­vices publics, notam­ment hos­pi­ta­liers. Si le direc­teur de l’ARS Grand-Est, Chris­tophe Lan­ne­longue, a été remer­cié pour avoir récem­ment annon­cé que le CHU de Nan­cy allait pour­suivre sa poli­tique de sup­pres­sion de postes et de lits, croyant ain­si accom­plir avec zèle le rati­boi­sage que les pou­voirs publics lui inti­maient, rien ne chan­ge­ra du para­digme idéo­lo­gique à l’o­ri­gine de cette poli­tique cri­mi­no­gène, dont on per­çoit les pre­miers effets à l’oc­ca­sion de cette crise.

Le GHRMSA béné­fi­cie en ce moment d’une per­fu­sion excep­tion­nelle de moyens repo­sant d’a­bord sur la dis­po­ni­bi­li­té et la bonne volon­té de per­sonnes phy­siques aux mul­tiples com­pé­tences médi­cales. Mais rien n’as­sure que le pire ne repren­dra pas sa course folle aus­si­tôt l’é­pi­sode épi­dé­mique passé. 

C’est assez dire si les Tar­tuffes de l’es­pèce poli­ti­co-admi­nis­tra­tive ont encore de solides atouts en leurs mains, tant il est vrai qu’au­cune logique bud­gé­taire n’est fon­da­men­ta­le­ment remise en cause à ce jour. 

Le gou­ver­neur de la Banque de France le rap­pe­lait d’ailleurs dans Le Jour­nal du dimanche du 19 avril: « il va fal­loir rem­bour­ser et trai­ter ce qui était déjà notre pro­blème avant la crise: pour le même modèle social que nos voi­sins, nous dépen­sons beau­coup plus… » 

Au car­na­val des fous 

Il n’y a mani­fes­te­ment aucune limite à l’in­dé­cence et à l’hy­bris du busi­ness as usual avec lequel les pro­mo­teurs invé­té­rés du désordre capi­ta­liste espèrent renouer.

Il n’est que temps que tombent défi­ni­ti­ve­ment les masques du car­na­val des faux-derches, que ce soit à Mul­house ou ailleurs.

Il n’est que temps que l’on sache, ici et main­te­nant, selon quelle moda­li­tés bud­gé­taires et déci­sions admi­nis­tra­tives aura été fra­gi­li­sé le prin­ci­pal appa­reil sani­taire du Sud-Alsace.

Au scan­dale d’une prise en charge erra­tique, et bien trop tar­dive, des patients expo­sés au COVID19 en France, par manque de moyens et par la pra­tique de la dis­si­mu­la­tion et du men­songe d’État, nous sou­hai­tons savoir si des com­por­te­ments irres­pon­sables ont pu se pro­duire dans la ges­tion du grou­pe­ment hos­pi­ta­lier mulhousien.

Contrai­re­ment à Jean Rott­ner, nous sommes prêts à « tirer sur l’am­bu­lance » dès lors que les ambu­lan­ciers se com­portent en chauf­fards homicides. 

Le droit à l’in­for­ma­tion indé­pen­dante et trans­pa­rente ne se négo­cie pas. Nous réité­rons pré­sen­te­ment notre exi­gence de com­mu­ni­ca­tion immé­diate des pro­cès-ver­baux du conseil de sur­veillance du GHRMSA, confor­mé­ment aux conclu­sions de la CADA qui nous y auto­risent. Et nous l’ob­tien­drons, en dépit des résis­tances illé­gales et inad­mis­sibles que son admi­nis­tra­tion nous oppose.

Le cli­mat s’y prête légi­ti­me­ment, les citoyens-usa­gers des hôpi­taux publics de la région l’exigent ardemment.

En sup­plé­ment: la fédé­ra­tion du PCF 68 nous informe du cour­rier qu’elle a récem­ment adres­sé à Jean Rottner

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