Pho­to de cari­ca­tu­ristes exhi­bant « les dépu­tés de la honte »

La loi dite de « sécu­ri­té glo­bale » menace nos droits de citoyens et nos liber­tés fondamentales.

Par­tout en France des mani­fes­ta­tions ont ras­sem­blé et ras­semblent des cen­taines de mil­liers de par­ti­ci­pants, à l’ap­pel d’or­ga­ni­sa­tions les plus diverses, dont le col­lec­tif « Stop Loi Sécu­ri­té globale ».

Comme on le sait la  réécri­ture, voire l’a­ban­don des dis­po­si­tions les plus contes­tées, est à l’ordre du jour.

Les orga­ni­sa­tions pro­fes­sion­nelles de jour­na­listes ne sont pas les der­nières à dénon­cer la menace grave sur la liber­té d’ex­pres­sion et le droit à l’in­for­ma­tion, les agres­sions et vio­lences dont sont vic­times les repré­sen­tants des médias et que l’a­dop­tion de ce texte favoriserait.

Comi­tés de familles de vic­times des vio­lences poli­cières, col­lec­tifs de quar­tiers popu­laires, de défense du droit des étran­gers, syn­di­cats de sala­riés, asso­cia­tions de défense des droits humains, hautes ins­tances poli­tiques de notre sys­tème encore démo­cra­tique sont tous mobi­li­sés contre ce pro­jet de loi qui a fait l’ob­jet d’a­lertes des rap­por­teurs spé­ciaux des droits de l’Homme de l’O­NU, de la Défen­seure des droits, de la Com­mis­sion natio­nale consul­ta­tive des droits de l’Homme en atti­rant l’at­ten­tion de notre Pré­sident sur les risques pour le fonc­tion­ne­ment nor­mal de nos institutions.

Dans ce contexte le pré­sident du Sénat, suite aux contor­sions gou­ver­ne­men­tales pour « réécrire » cer­taines des dis­po­si­tions pré­vues suite à l’am­pleur du mou­ve­ment citoyen vient de rap­pe­ler que les règles de la Consti­tu­tion fran­çaise exis­taient encore et qu’il n’é­tait pas ques­tion d’ou­blier les pro­cé­dures par­le­men­taires nor­males pour sub­sti­tuer au vote des séna­teurs un obs­cur conseil de cir­cons­tance  de tech­ni­ciens et de « sachants » char­gé de réécrire le pro­jet de loi dans l’urgence.

Pour­quoi tant de bruit, de mobi­li­sa­tions, de caco­pho­nie gouvernementale ?

C’est que la loi en cours d’exa­men est réso­lu­ment« mus­clée » : exten­sion des pou­voirs des polices muni­ci­pales, ins­tal­la­tion de camé­ras embar­quées trans­met­tant l’in­for­ma­tion en direct pour exploi­ta­tion immé­diate dans les salles de com­man­de­ment, uti­li­sa­tion de drones afin de fil­mer les mani­fes­tants et les forces de l’ordre en opé­ra­tion, inter­dic­tion poten­tielle de fil­mer les­dits repré­sen­tants de la force publique au motif qu’un usage mal­veillant pour­rait être fait de leurs don­nées per­son­nelles… longue est la liste de ces mesures liber­ti­cides qui ouvrent la voie à la sur­veillance géné­ra­li­sée des citoyens.

Par­mi les 6 dépu­tés por­teurs prin­ci­paux de cette pro­po­si­tion de loi 3452 rela­tive à la sécu­ri­té glo­bale figure notre Olivier ! 

Emma­nuel Macron n’a­vait pas plus tôt annon­cé son inten­tion de « s’as­su­rer  de l’i­so­le­ment des per­sonnes conta­mi­nées, y com­pris de  manière plus contrai­gnante » qu’ Oli­vier et le groupe Agir, nou­veau par­ti de la droite et du centre de la Macro­nie, sou­te­naient une autre pro­po­si­tion de loi.

Les per­sonnes conta­mi­nées par le virus Covid-19 sont déjà cen­sées s’i­so­ler 7 jours, à leur domi­cile ou dans un hôtel, selon les dis­po­si­tions de la loi sur l’ur­gence sani­taire votée le 23 mars dernier.

Pre­mier ministre, ministre de la san­té, pré­fets de dépar­te­ments, sont habi­li­tés à prendre les mesures d’i­so­le­ment nécessaires.

Police et Caisse natio­nale d’as­su­rance mala­die sont habi­li­tées à contô­ler l’ap­pli­ca­tion de ces mesures.

Mais Oli­vier et son groupe per­sé­vèrent dans ces orien­ta­tions: « Nous dépo­sons une pro­po­si­tion de loi sur le dépis­tage mas­sif, l’accompagnement/isolement des per­sonnes posi­tives et cas contacts et un sys­tème d’in­dem­ni­sa­tion et de sanc­tion » a énon­cé le pré­sident du groupe Agir.

Ren­dons lui cette jus­tice que tout y est pré­vu : outre le main­tien du reve­nu et une gra­ti­fi­ca­tion finan­cière de 30 euros par jour – que les contre­ve­nants devraient rem­bour­ser en cas de rup­ture de l’i­so­le­ment -, la faci­li­ta­tion du recours aux héber­ge­ments amé­na­gés, la mobi­li­sa­tion de 100 000 membres de la réserve civique pour accom­pa­gner les isolés/surconfinés, l’ins­tau­ra­tion d’un « réfé­rent » char­gé de veiller aux besoins des petits mil­lions de ces iso­lés sur­con­fi­nés, au pas­sage régu­lier des infir­mières et méde­cins qui auraient à les sur­veiller, à leur bon ravi­taille­ment, y com­pris en tabac (mais si, mais si, tout est pré­vu)… et l’é­vo­ca­tion par Oli­vier de ses pays sources d’ins­pi­ra­tion (Corée du Sud et Taï­wan) viennent à l’ap­pui de la démons­tra­tion de la per­ti­nence du dispositif. 

Certes quelques « petites » dif­fi­cul­tés ont été rele­vées par le Conseil scien­ti­fique natio­nal, conseil du gou­ver­ne­ment comme on sait, dont le risque que les volon­taires pour un dépis­tage pour­raient se faire très rares avec cette menace d’i­so­le­ment for­cé, et que les malades poten­tiels, en milieu urbain en par­ti­cu­lier, auraient de toute façon été le plus sou­vent déjà conta­gieux pour leur entou­rage avant leur mise en réten­tion forcée.

Ou, comme le lui rap­pe­lait dans un échange récent Jean-Paul Hamon, pré­sident d’hon­neur de la Fédé­ra­tion des méde­cins de France, que les véri­tables ques­tions étaient plu­tôt celles de la misère des ser­vices publics de san­té, des déserts médi­caux, le vote par ses amis poli­tiques de bud­gets pour la Sécu­ri­té sociale tota­le­ment inadap­tés, des éco­no­mi­que­ment faibles qui ne res­pec­te­raient pas ces mesures, citant l’exemple récent de la Mayenne, et que la « boîte à claques » des sanc­tions ne devait être uti­li­sée contre les citoyens qu’a­près avoir essayé d’a­bord de les aider.

La Chine a certes eu recours aux stades spor­tifs pour iso­ler, la Suisse s’est foca­li­sé avec réa­lisme sur les entrants sur son ter­ri­toire et a mul­ti­plié les contrôles aléa­toires, comme l’An­gle­terre, toutes mesures assor­ties de sanc­tions finan­cières en cas de non res­pect de la « quarantaine ».

Espagne et Ita­lie ont certes eu recours à des sanc­tions signi­fi­ca­tives en cas de non res­pect du confi­ne­ment… mais l’i­so­le­ment sys­té­ma­tique de mil­lions de per­sonnes relè­ve­rait d’une autre logique.

Quant aux modèles cités par notre Oli­vier tout le monde avait eu des masques en temps utiles à Séoul et la géo­lo­ca­li­sa­tion par télé­phone por­table à la coréenne est inter­dite en France… quant à Taï­wan c’est une île comme nous le savons tous (?), ce qui peut bien aider pour conte­nir une pandémie.

Mais Oli­vier a bien sen­ti le sens du vent et déclare main­te­nant publi­que­ment, au nom de son groupe/parti/mouvement qu’il faut réécrire l’ar­ticle 24 de sa la loi liber­ti­cide (il n’en était qu’un des por­teurs majeurs, soyons justes).

Il a bien com­pris éga­le­ment que nombre de ses pro­po­si­tions miracles pour iso­ler, iso­ler et iso­ler des mil­lions de per­sonnes logées, nour­ries, rému­né­rées, réfé­ren­cées, enca­drés, rele­vaient sans doute du concours Lépine des idées gad­gets pour sor­tir d’une situa­tion effec­ti­ve­ment grave et avaient rejoint, en l’é­tat, les pla­cards gou­ver­ne­men­taux du moment.

Membre de la Com­mis­sion de la Défense natio­nale et des Forces armées, char­gé de la coor­di­na­tion des idées et du pro­gramme d’ « Agir – la Droite construc­tive », pilier de la Macro­nie, ancien maire de Rix­heim, pré­sident du Centre euro­péen d’é­tudes japo­naises en Alsace, pré­sident du mou­ve­ment « L’U­nion pour l’Al­sace » qui ambi­tionne de mieux défendre les spé­ci­fi­ci­tés régio­nales, fort de ses talents de bon ges­tion­naire au niveau local comme il le rap­pelle sur son site, dépu­té de la 5ème cir­cons­crip­tion du Haut-Rhin, Oli­vier Becht pour­rait peut être en res­ter là… et ne plus trop se mêler de nos libertés ?

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