La chose parais­sait si gros­siè­re­ment pré­vi­sible, compte tenu les erre­ments poli­ti­co-sani­taire du gou­ver­ne­ment, qu’elle ne pou­vait qu’advenir. Une pro­po­si­tion de loi visant l’obligation vac­ci­nale pour tous, à par­tir de 12 ans, a été dépo­sée par un groupe de séna­teurs, le 31 aout 2021, dont 2 lor­rains : Jean-Marc TODESCHINI et Oli­vier JACQUIN.

Contrai­re­ment à ce que d’aucuns s’imaginent, ce ne sera pas à l’initiative de séna­teurs LREM ou assi­mi­lés, proches du gou­ver­ne­ment (lequel aura pour­tant mul­ti­plié les menaces en ce sens), que la pro­po­si­tion de loi est issue, mais des 89 membres du groupe socia­liste sié­geant au sein de la « haute assemblée ».

Des soucis et des mômes 

L’exposé des motifs, qui vaut d’être lu, puise à l’aune d’une rhé­to­rique cocar­dière plas­tron­nant ses liber­tés for­melles, comme un remugle de troi­sième Répu­blique pseu­do-éga­li­ta­riste, qui ver­rait le scien­tisme ortho­vac­ci­nal se sub­sti­tuer au ratio­na­lisme anti­re­li­gieux originel.

Cela dans un contexte natio­nal où 85% de la popu­la­tion a déjà reçu au moins une dose de vaccin.

Quant à l’introduction du pro­jet de loi, elle tient du jaco­bi­nisme sani­ta­riste du meilleur aloi : 

« L’o­bli­ga­tion vac­ci­nale a été édic­tée en France pour la pre­mière fois en 1902 et a per­mis d’é­ra­di­quer nombre de mala­dies et pro­té­ger nombre de nos enfants. L’o­bli­ga­tion vac­ci­nale est la pierre angu­laire de l’in­té­rêt col­lec­tif : en s’en­ga­geant tous, on pro­tège cha­cun, par­tout sur le ter­ri­toire natio­nal et dans tous les foyers. Elle fai­sait repo­ser la poli­tique de san­té sur des prin­cipes clairs, trans­pa­rents, démo­cra­tiques et qui s’ap­pli­quaient à tout le monde ».

Les enfants y sont donc pla­cés au pre­mier rang des pré­oc­cu­pa­tions publiques. Non sans rai­son poli­tique, puisqu’il s’agit de l’argument sen­sible par excel­lence, quand bien même l’on sait que les petits sont les plus insen­sibles aux effets délé­tères du virus.

On note­ra donc l’u­sage du sophisme, ou de la péti­tion de prin­cipe dans le pro­pos limi­naire, c’est-à-dire un rai­son­ne­ment fal­la­cieux dans lequel on sup­pose dans les pré­misses de la pro­po­si­tion ce que l’on veut prou­ver, ou la conclu­sion à laquelle il s’a­git d’aboutir.

C’est au nom des enfants, aujourd’hui sou­mis à 11 vac­cins obli­ga­toires depuis le 1er jan­vier 2018 en France, contre trois pré­cé­dem­ment, que devrait se bâtir une union sacrée vac­ci­nale incon­di­tion­nelle autour du covid.

Rap­pe­lons au pas­sage que nos voi­sins euro­péens paraissent moins adeptes des ino­cu­la­tions immu­ni­santes que nous autres, puisque l’Allemagne, la Suède, l’Espagne, le Royaume-Uni, notam­ment, n’ont pas jugé utile d’instaurer de vac­ci­na­tion obli­ga­toire, sauf cas par­ti­cu­lier. La Bel­gique ne comp­tant par exemple qu’un seul vac­cin obli­ga­toire sur son territoire. 

Comme en matière de sévices car­cé­ral en temps de covid sur l’année 2020, il n’y eut vrai­ment que l’Italie pour nous faire la nique.

Elle qui a intro­duit l’auto-attestation de sor­tie et les confi­ne­ments les plus durs, à la fois pour des rai­sons qui tiennent à la fai­blesse struc­tu­relle, mais cepen­dant intru­sive, de l’État ita­lien, mais aus­si parce que le modèle de socié­té fon­dé sur la nota­tion sociale chi­noise fas­cine de nom­breux diri­geants trans­al­pins, notam­ment à la droite du spectre poli­tique. La France s’en est ouver­te­ment ins­pi­rée lors de la mise en oeuvre de son « (auto) attes­ta­tion déro­ga­toire de sor­tie ».

Il est vrai qu’il y eut pire encore. Les cou­sins espa­gnols riva­li­saient en hor­reur du côté ouest-médi­ter­ra­néen. Au cours de l’année 2020, les enfants (encore eux) y étaient inter­dits de sor­tie pen­dant de longues semaines, puisque consi­dé­rés comme de dan­ge­reux « malades asymptomatiques » …

Dans la pro­po­si­tion de loi séna­to­riale, la vac­ci­na­tion ren­due obli­ga­toire (pré­sen­tée comme « uni­ver­selle », mais les res­pon­sables poli­tiques fran­çais aiment à pres­crire leurs « médi­ca­tions » à l’é­chelle pla­né­taire) est par consé­quent la nou­velle tri­ni­té scien­ti­fi­que­ment consacrée : 

Elle « per­met de réduire les inéga­li­tés sociales » et « ter­ri­to­riales » dans l’ac­cès à la vac­ci­na­tion. Elle per­met­tra éga­le­ment « de lan­cer enfin une grande cam­pagne d’in­for­ma­tion et de sen­si­bi­li­sa­tion pour aller vers les Fran­çais non vac­ci­nés ». Chose impos­sible en la situa­tion actuelle, bien sûr. 

Mais le texte s’ins­crit éga­le­ment dans une volon­té de frei­ner la socié­té de contrôle consti­tuée par les gou­ver­nants à l’oc­ca­sion de l’é­pi­dé­mie. En somme, la vac­ci­na­tion obli­ga­toire serait le remède à la pas­sa­tion obli­ga­toire par QRCode. Ino­cu­lé ou fli­qué ? Pour­quoi pas les deux !

Pour le reste, la pro­po­si­tion est une com­bi­nai­son d’arguments d’autorité et de pos­tu­lats tech­no-poli­tiques indé­mon­trables, dont on a gavé une opi­nion publique sciem­ment chauf­fée à blanc contre les « réfrac­taires » et autres « égoïstes » de l’ordre vaccinal.

Mais il se trouve que l’histoire natu­relle des virus n’a que faire des oracles modé­li­sa­teurs (et des mora­li­sa­teurs) qui ne sou­cient guère de la por­tée poli­tique de leurs machi­na­tions binaires. 

De sorte que la nar­ra­tion por­tant sur le prin­cipe d’une immu­ni­té col­lec­tive s’est sim­ple­ment effon­drée devant la rai­deur du retour d’expérience des auto­ri­tés médi­cales israé­liennes, ren­dant compte d’une nou­velle et puis­sante dyna­mique épi­dé­mique, mani­fes­te­ment dis­so­ciable d’une cou­ver­ture vac­ci­nale mas­sive (dont la ten­dance est enfin bais­sière au 10 septembre)…

Et quand c’est un des jour­na­listes les mieux ins­tal­lés qui le sou­ligne, même après un préa­lable lar­ge­ment favo­rable à la vac­ci­na­tion, le malaise du ministre Véran n’en est que plus palpable :

Cela est peut-être le point de bas­cule de ce moment poli­tique. L’exécutif étant indis­so­cia­ble­ment soli­daire du men­songe qui a légi­ti­mé le passe sani­taire, et qu’il a impo­sé au nom de sa sup­po­sée fonc­tion pro­tec­trice, son arc nar­ra­tif ne peut désor­mais plus varier sans rendre sani­tai­re­ment incon­sis­tante la socié­té de contrôle social qu’il contri­bue à mettre en oeuvre.

Il est vrai que les conseils du cabi­net McKin­sey, enga­gé par le gou­ver­ne­ment pour pilo­ter sa stra­té­gie contre le covid (le fait est confir­mé par Gabriel Attal, porte-parole du gou­ver­ne­ment), n’a pas man­qué d’une effi­ca­ci­té cer­taine pour faire pas­ser le mes­sage devant l’opinion.

100% des sondés ont tenté leur chance (d’avoir une opinion non orientée) 

Un très récent son­dage Odoxa (dis­po­nible en inté­gra­li­té sous cet article) est, à ce titre, extrê­me­ment éclairant.

On y découvre à ce sujet que :

  • 78% des plus de 65 ans sont favo­rables au pass sani­taire. Tan­dis que 47% des 25–34 ans y sont hostiles.
  • 71% des plus de 65 ans estiment que le mou­ve­ment anti-passe est injus­ti­fié. Quand 68% des 25–34 ans pensent que le mou­ve­ment est justifié.

Le cli­vage géné­ra­tion­nel entre vieux et jeunes y est donc spectaculaire.

Plus sur­pre­nant : il existe un déter­mi­nant social dans le rap­port à l’a­dop­tion du passe.

  • 75% des cadres y sont favo­rables (moyenne natio­nale : 67%). Tan­dis que 42% des employés et ouvriers y sont oppo­sés (contre 33% pour la moyenne nationale).

Le cli­vage social se retrouve là encore dans la per­cep­tion du mou­ve­ment anti-passe. 

  • 68% des membres des foyers à haut reve­nu estiment le mou­ve­ment injus­ti­fié (moyenne natio­nale : 57%), tan­dis que 53% des employés et ouvriers sou­tiennent le mou­ve­ment (moyenne natio­nale : 43%).

Outre les sur­dé­ter­mi­nants géné­ra­tion­nels et sociaux, qui façonnent la confiance et le rap­port au pro­grès tech­no­lo­gique et médi­cal, selon que l’on est membre des classes sociales supé­rieures, ou qu’on redoute ce pro­grès parce qu’il est per­çu comme une menace, il doit pareille­ment exis­ter une dimen­sion ou une charge idéo­lo­gique à ce clivage.

Les contours en sont encore flous, mais l’on pour­rait y dis­tin­guer des tenants d’un modèle socié­tal sans inter­mé­dia­tions autres qu’institutionnelles ou réga­liennes, ain­si que l’a mon­tré la phi­lo­sophe Bar­ba­ra Stie­gler, spé­cia­liste des pen­seurs du néo-libé­ra­lisme, en s’ap­puyant notam­ment sur Lipp­mann et Hayek, les­quels ont théo­ri­sé le prin­cipe d’un État fort, poli­cier et car­cé­ral, contre les par­ti­sans d’une logique asso­ciant coopé­ra­ti­vismes cir­cons­tan­ciels et auto­no­mies sou­ve­raines.

Mais le son­dage illustre d’a­bord à mer­veille ce que Bour­dieu décla­rait à pro­pos des son­deurs, dans la revue « Les temps modernes » de 1973, à savoir que « l’o­pi­nion publique n’existe pas ».

Pour le socio­logue, il s’agissait de mon­trer qu’au tra­vers des son­dages, on s’é­ver­tuait à inter­ro­ger des gens qui n’ont en géné­ral pas d’opinion consti­tuée sur un sujet don­né, ni même de com­pé­tence poli­tique par­ti­cu­lière, pour en jau­ger des effets et consé­quences à terme.

De sorte qu’il appar­tient struc­tu­rel­le­ment au son­deur de coa­gu­ler l’im­pro­bable à l’a­ber­rant, pour ten­ter d’en res­ti­tuer un sem­blant de conclu­sion cohérente. 

Ain­si, dans l’exemple d’Odoxa, l’a­na­lyste fait accroire que les Fran­çais condamnent « logi­que­ment » les anti-passe, à pro­por­tion de leur taux de vaccination. 

Or sauf à confondre cor­ré­la­tion et cau­sa­li­té, rien ne vient éta­blir de liens néces­saires entre les deux faits dis­tinc­tifs, sinon illus­trer que des indi­vi­dus, nou­vel­le­ment vac­ci­nés, se conver­tissent sou­dai­ne­ment au passe sani­taire, afin de se dis­si­mu­ler le fait d’avoir cédé à un chan­tage d’État, plu­tôt que de répondre soli­dai­re­ment à une quel­conque logique sani­taire.

C’est d’ailleurs en ces termes qu’est construite la ques­tion que pose Odoxa : les per­sonnes qui mani­festent contre le passe sani­taire sont (sug­ges­tion de réponse n°2) « des égoïstes car ils ne pensent pas aux béné­fices du passe-sani­taire sur la san­té ». La réponse sug­gé­rée par l’institut de son­dage est approu­vée par 59% des sondés.

Évi­dem­ment, un sys­tème son­da­gier dés­in­té­res­sé cher­che­rait à expli­ci­ter le détail des « béné­fices » en ques­tion. Sachant qu’ils n’ont jamais été docu­men­tés scien­ti­fi­que­ment, hor­mis par une quel­conque pro­jec­tion informatique. 

Ce fai­sant, pour le son­deur (et son com­man­di­taire, Le Figa­ro), la parole gou­ver­ne­men­tale est d’é­van­gile. Peu impor­tant que les « béné­fices » allé­gués par les pro­mo­teurs du QRCode pour tous, valent même pour nos voi­sins… qui n’y ont jamais eu recours. Mais là encore, France et Ita­lie sont à l’u­nis­son en matière de mesures d’ap­pli­ca­tion les plus dras­tiques au niveau natio­nal.

Même si une cer­taine frange de l’opinion publique pré­fère culti­ver la sur­di­té : le passe sani­taire n’a rien de scien­ti­fique, et moins encore de sani­taire. Son objec­tif (avoué sans ver­gogne par l’exé­cu­tif), son inco­hé­rence glo­bale, ses pré­sup­po­sés, sont tout entiers politiques.

En l’absence d’im­mu­ni­té virale effi­cace, dont le vac­cin est inca­pable de remé­dier, il n’est des­ti­né qu’à tordre le bras des citoyens, les infan­ti­li­ser en les pri­vant de vie sociale, pour finir par leur extor­quer un consen­te­ment vaccinal.

En droit, et dans le cadre d’une socié­té démo­cra­ti­que­ment réglée, on appel­le­rait cela un dol. C’est-à-dire un vice du consentement.

L’article1137 du Code civil le défi­nit ain­si : « Le dol est le fait pour un contrac­tant d’ob­te­nir le consen­te­ment de l’autre par des manœuvres ou des men­songes ».

La consé­quence en est la nul­li­té contrac­tuelle. S’agissant d’un vac­cin, la nul­li­té est sim­ple­ment chimérique. 

Les « idiots utiles » en rempart démocratique 

De la même manière que dans une socié­té démo­cra­tique avan­cée, on ne devrait pas entendre le chef de l’exécutif, Jean Cas­tex, décla­rer benoi­te­ment sur un pla­teau télé à la manière des per­son­nages de Topaze ou du Schpountz que : « On a par­fai­te­ment le droit de mani­fes­ter, on a par­fai­te­ment le droit d’être contre le vac­cin ou contre le pass sani­taire. On est en Répu­blique et en démo­cra­tie ».

Ce fai­sant, il révèle com­bien le régime au moyen duquel nous sommes régis pour­rait se défi­nir par le mot-valise : « hypo­cra­tie ». Soit une savante com­bi­nai­son entre hypo­cri­sie et démocratie.

Ain­si, la Répu­blique des faux-derches est en quelque sorte le pré­ci­pi­té ou le socle ins­ti­tu­tion­nel de la Cin­quième Répu­blique fran­çaise. Dont la nature hypo­cra­tique est tou­jours plus mani­feste, à mesure que l’a­go­nie du régime perdure.

Le jour­na­liste et blo­gueur Tuni­sien Malek Khadh­raoui défi­nit ain­si l’hypo­cra­tie, notam­ment pour son propre pays :

Une « hypo­cra­tie » est donc, un régime d’une part dimi­nué par l’illégitimité poli­tique de son exis­tence et l’absence chez ses pré­lats de convic­tions claires, et d’autre part hypo­crite, en s’efforçant de paraître pour ce qu’il n’est pas. Cette nature ne dis­pense pas « les hypo­cra­ties » d’être des régimes tota­li­taires, bien au contraire. Mais ces der­niers pré­sentent la spé­ci­fi­ci­té de s’accommoder d’une façade démo­cra­tique avec la convic­tion que les pos­si­bi­li­tés d’expansion et de durée dans le temps sont bien plus grandes dans une « hypo­cra­tie » que dans une franche dic­ta­ture. Le régime poli­tique tuni­sien, par sa légi­ti­mi­té dis­cu­table et son oppor­tu­nisme hypo­crite, est la démons­tra­tion vivante de tout ce qui peut faire une « hypocratie ».

Malek Khadh­raoui

Mais com­ment bien dis­tin­guer les citoyens sou­mis à un tel trai­te­ment politique ? 

On les repère, par exemple, aux réponses qu’ils sont sus­cep­tibles de four­nir, toute honte bue, aux son­deurs imbéciles. 

Ain­si, après avoir ago­ni les mani­fes­tants anti-passe sani­taire, trai­tés d« égoïstes » et d’  »incons­cients », inca­pables de recon­naitre les excel­lentes ver­tus cura­tives de l’ap­pa­reillage de contrôle social mon­té sur smart­phones, les Fran­çais son­dés concèdent cepen­dant aux mani­fes­tants le rôle d’  »idiot utile » (la for­mule est de Gaël Sli­man, l’a­na­lyste d’Odoxa) !

De sorte que 50% par­mi ceux-ci consi­dèrent en effet que les mani­fes­tants « sont utiles à la socié­té en per­met­tant de faire entendre une opi­nion dif­fé­rente sur la vac­ci­na­tion ».

Et 48% admettent que les mani­fes­tants « défendent nos liber­tés en refu­sant que l’État se mêle de tout » !

Sang pour sang délictuel 

Face à la hargne et à la vin­dicte des ces « idiots » qui « défendent nos liber­tés », les erre­ments et men­songes gou­ver­ne­men­taux seront ain­si un poil plus dif­fi­ciles à enter­rer. En témoigne la récente mise en exa­men d’Agnès Buzyn (ministre de la San­té en exer­cice au moment où explose l’épidémie en France), devant la cour de jus­tice de la Répu­blique, pour « mise en dan­ger de la vie d’au­trui », et pla­cée sous le sta­tut de témoin assis­té pour « abs­ten­tion volon­taire de com­battre un sinistre ».

Si Oli­vier Véran, actuel ministre de la San­té, et Édouard Phi­lippe, ancien Pre­mier ministre, risquent eux aus­si de devoir y défé­rer dans les pro­chains temps, il n’est pas exclu que des écrans de fumée des­ti­nés à les dédoua­ner n’é­garent les esprits épris de véri­té et de justice. 

Geor­gi­na Dufoix, ministre des Affaires sociales, disait en 1991, au sujet de l’affaire du sang conta­mi­né à pro­pos de laquelle elle était incri­mi­née : « Je me sens pro­fon­dé­ment res­pon­sable; pour autant, je ne me sens pas cou­pable, parce que vrai­ment, à l’époque, on a pris des déci­sions dans un cer­tain contexte, qui étaient pour nous des déci­sions qui nous parais­saient justes. ».

Laurent Fabius (Pre­mier ministre lors du scan­dale sani­taire) et Geor­gi­na Dufoix, furent relaxés le 9 mars 1999 par la Cour de Jus­tice de la Répu­blique. L’accusation d’homicide invo­lon­taire n’étant pas rete­nue à leur encontre.

Aucun des acteurs de cette époque, méde­cins, admi­nis­tra­tifs, poli­tiques n’a été jugé cou­pable, au motif que les connais­sances scien­ti­fiques de l’époque ne per­met­taient pas de prendre d’autres déci­sions : en 1985, la séro­po­si­ti­vi­té était d’ailleurs consi­dé­rée par cer­tains scien­ti­fiques comme un signe de pro­tec­tion ou même une immu­ni­té contre le sida !

S’il parait néces­saire de se mon­trer rela­ti­ve­ment indul­gent envers des res­pon­sables poli­tiques qui ne peuvent mai­tri­ser une situa­tion de crise, quand les incon­nues et variables épi­dé­miques liés à l’é­mer­gence d’un nou­veau virus sont aus­si nom­breuses, il n’est pas plus admis­sible que cela tourne à l’im­pu­ni­té poli­tique géné­rale, comme pour l’affaire du sang contaminé. 

A ce sujet et à l’oc­ca­sion de l’é­pi­dé­mie de covid-19, l’ar­rai­son­ne­ment de l’État de droit sous la forme des états d’ur­gence sani­taire, la pri­va­tion arbi­traire de liber­tés par l’ins­tau­ra­tion d’un droit de sor­tie, l’ins­ti­tu­tion d’un régime de cir­cu­la­tion dis­cri­mi­na­toire à res­sort sani­taire, au mépris des besoins socio-psy­chiques des popu­la­tions, la mise en oeuvre d’ins­tru­ments numé­riques de contrôles et de régu­la­tion des accès publics et pri­vés, comme autant de pré­cé­dents socié­taux dont nous ne sor­ti­rons plus, contrai­re­ment à ce dont les jobards scien­tistes se per­suadent, sont autant de faits sim­ple­ment et défi­ni­ti­ve­ment impar­don­nables et délic­tuels, sinon criminels. 

Der­nière minute : Le gou­ver­ne­ment bri­tan­nique a renon­cé à son pro­jet d’in­tro­duire un pas­se­port vac­ci­nal pour accé­der aux dis­co­thèques et les endroits très fré­quen­tés du pays.

Ci-des­sous, le son­dage Odoxa dans son intégralité :

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