Photos de Martin Wilhelm
Avis aux amateurs de marathon écologique ! Les opposants à l’enfouissement définitif des déchets dans l’ancienne mine Joseph Else, dite Stocamine, ont eu à subir une nouvelle fois l’exercice de l’expertise, devant la commission de suivi de site (CSS), sise à Wittelsheim.
Cela fait plus de 30 ans qu’ils sont à pied d’oeuvre pour lutter contre une perspective aussi horrifiante…
Un cabinet de conseil en environnement « indépendant », Antea, a été diligenté. Il a ainsi comparé le projet retenu par les MDPA, exploitant de Stocamine, à cinq autres scénarios, allant du déstockage quasi-total (hormis les déchets du bloc ayant pris feu en 2002) à des extractions sélectives.
Sachant que selon ces experts, l’impact d’un confinement définitif serait « très faible » sur la nappe phréatique alsacienne, située à 400 mètres au-dessus du stockage, et pas avant au moins 1000 ans, le temps que la saumure polluante ne pénètre un chouia dans la nappe…
Le cabinet de conseil soulignant le caractère d’urgence à agir, à la satisfaction de Céline Schumpp, secrétaire générale des MDPA, laquelle tourne en boucle les arguments élimés jusqu’au bout de l’enfer des pollutions aquifères : les alternatives sont trop longues à mettre en oeuvre (à comparer à la trentaine d’années d’errements des MDPA !) et surtout trop couteuses : de l’ordre de 77 à 328 millions d’euros, en fonction des scénarios alternatifs.
Mais, la main sur le coeur, elle le jure : « L’argent n’a jamais été mis dans la balance ». Évidemment. Ce n’est pas comme si Stocamine avait été une société à but lucratif, dont la profitabilité a notamment été accélérée (avant que le bloc 15 ne prenne feu) à la faveur du rachat par son principal actionnaire, le groupe Séché, qui refilera le puits rendu commercialement inexploitable, aux MDPA.
Pour les associations qui défendent le legs d’un patrimoine aquifère aussi préservé que possible (et le plus grand d’Europe) pour le soin des générations futures, (ils organisaient à cet effet une distribution d’eau potable devant la mairie de Wittelsheim, pour dénoncer la fatale pollution de la nappe phréatique), la situation semble courue d’avance.
La chose est d’autant plus incompréhensible que les solutions d’extraction existent bien, notamment selon des opérateurs suisses et allemands, ainsi que l’a récemment rappelé notre confrère Rue89Strasbsourg dans un dossier fort documenté.
Cela y compris en prenant grand soin du personnel chargé de ce travail. Une préoccupation soulignée par ailleurs par Greta Thunberg (sujette à tant de fantasmes aussi bien à gauche qu’à droite), dans une contribution personnelle à l’enquête publique en ligne :

Ci-dessous une brève en vidéo réalisée par Max-Emilien Silva, suivie de la galerie photographique de Martin Wilhelm :


















