Crédit photos : Martin Wilhelm

Mulhouse, une forte mobilisation syndicaliste et citoyenne

Mulhouse a connu ce 18 septembre 2025 une manifestation fortement marquée par la présence des syndicats, avec la CFDT, la CFTC, la CGT en tête du cortège, suivis des partis politiques de gauche (PCF, PS, Lutte Ouvrière, LFI, Europe Écologie, NPA), et par la détermination des jeunes et la prise de parole des travailleurs, avec un fort accent sur la justice sociale et l’avenir des services publics.

Au total plus de 4000 personnes ont défilé dans les rues de la cité du Bollwerk en ce jeudi ensoleillé.

Les premiers pas du cortège, parti du square de la Bourse, étaient forts discrets, de sorte que le camion de la CGT anima l’ambiance, et stimula les salves de slogans. Ce que les étudiant-e-s reprirent également à leur compte, en multipliant les piques à l’endroit d’ Emmanuel Macron et du gouvernement.

Sur les pancartes, on pouvait notamment lire : « Non à la mort sociale », « Pas touche aux fériés, ce n’est pas aux salariés de payer », « La culture ça se cultive », « Contre la guerre sociale et raciste, jeunesse antifasciste », « La culture au moins, ça ruisselle »...

Le mouvement « Bloquons tout », qui avait déjà mobilisé la semaine précédente, était en partie présent à Mulhouse, organisant un « pique-nique convivial » à midi et un atelier pancartes avant le cortège, puis une assemblée générale après la manifestation pour discuter de la suite du mouvement.

Colmar, une caisse de résonance pour les pharmaciens

À Colmar, la mobilisation a pris une tournure différente, en étant centrée sur les pharmacies : dans la matinée, 440 pharmaciens du Haut-Rhin se sont en effet rassemblés pour protester contre la baisse des remises sur les médicaments, entrée en vigueur le 1ᵉʳ septembre 2025. Une délégation a été reçue par le directeur de la Caisse d’assurance maladie et le maire de Colmar, Éric Straumann, avant un entretien au cabinet du préfet.

Perturbations dans la région

Hors manifestations, la grève a généré de fortes perturbations dans les services publics, notamment en milieu scolaire, dans les pharmacies (90 % étaient fermées en Alsace), et dans les transports (lignes de bus et TER impactés, trams strasbourgeois allégés). À Mulhouse, la grève a notamment concerné les cheminots, qui ont tenu une assemblée générale avant de participer au cortège local.

Strasbourg, théâtre d’une mobilisation record

La plus forte mobilisation a eu lieu à Strasbourg, où entre 15 000 et 20 000 personnes ont défilé, selon les organisateurs. Le cortège, émaillé d’incidents dans la Krutenau (poubelles incendiées, grenades lacrymogènes, charges policières, arrestations), s’est dispersé dans une ambiance de tension, soulignant l’urgence et la colère sociale ressentie par une partie du cortège. La présence d’élus – la maire écologiste Jeanne Barseghian et l’ancienne maire socialiste Catherine Trautmann – a illustré la portée politique de la mobilisation.