La loi de finance 2023 relative à l’Éducation Nationale prévoit la suppression de 1500 postes d’enseignants en France. L’Alsace sera impactée à hauteur de 83 postes.

Le motif invoqué est une baisse démographique relative de 300 000 élèves, dans les 5 années à venir. Lors de son audition au Sénat en novembre 2022, le ministre de l’Éducation nationale Pap Ndiaye, annonçait la couleur : « Après une baisse de 300 000 élèves ces cinq dernières années, nous prévoyons une baisse de 500 000 élèves sur la période 2022-2027 ».

Magnanime, le ministre prévenait aussitôt : « Répercuter complètement cette baisse sur le nombre d’enseignants reviendrait à supprimer 5 000 postes ». Réjouissons-nous, il ne seront « que » 1500 !

La carte du syndicat SGEN-CFDT indique qu’il s’agirait de moins 38 postes dans le second degré (collèges et lycées), en Alsace. Ce faisant, il y aurait donc 45 postes supprimés dans le premier degré (écoles élémentaires et maternelles).

Pas de quoi réjouir enseignants et parents d’élèves, quoi qu’il en soit.

Le syndicat d’enseignants de second degré, FSU, fait remarquer qu’à l’heure de l’inclusion scolaire portée en leitmotiv institutionnel, le nombre d’élèves par classe ne risque pas de baisser.

Quant à la FCPE (parents d’élèves), ils remarquent que cette baisse relative des effectifs était précisément l’occasion de les réduire… dans les classes !

A ce sujet, la France détient d’ailleurs un triste record européen dans le premier degré, ainsi que l’illustre une infographie datée 2019-2020, dans Le Monde :

Mais l’espoir n’est pas mort, car les renforts arrivent enfin ?! Les lycées professionnels connaissent en effet simultanément une purge des plus sévères : 80 filières seront fermées dès la rentrée 2023, annonçait récemment Emmanuel Macron.

Les professeurs touchés sont instamment priés de se réorienter. De quoi dédoubler les classes du premier degré…