Le contexte social allemand est on ne peut plus inflammable. Ces dernières semaines et derniers mois, ont vu la multiplication d’arrêts de travail et de grèves d’avertissement « warnstreik« , propres à l’une des modalités du dialogue social outre-Rhin, et notamment dans le land du Bade-Wurtemberg, contigu au territoire alsacien.
Dans le cadre du conflit social déclenché par les salariés des entreprises d’autobus privées du Bade-Wurtemberg, le syndicat Verdi a appelé à une nouvelle grève d’avertissement dans tout le pays ce vendredi 26 mai. Une trentaine d’entreprises seraient concernées, selon le syndicat.
Verdi veut ainsi augmenter la pression avant le prochain cycle de négociation prévu incessamment. Le syndicat patronal des entreprises de transport du Bade-Wurtemberg a critiqué la grève d’avertissement, faisant valoir les effets sur l’organisation d’examens de fin d’étude pour certains élèves, et la désorganisation du réseau.
Yvonne Honeburg, directrice générale du syndicat patronal, prétendant en outre que des conducteurs non grévistes se sont plaints de pressions opérées par des membres du syndicat.
La centrale syndicale a organisé des arrêts de travail durant le mois de mai. Elle demande une augmentation de la rémunération mensuelle d’au moins 500 euros, et le versement d’une indemnité d’au moins 250 euros par mois sur douze mois.
Débrayages dans tous les secteurs
Établissements scolaires, hôpitaux, services postaux, ou encore ramassage des ordures. Dans le secteur des services publics, les salariés de l’État fédéral et des communes ont obtenu, fin avril, après des discussions toujours tendues ponctuées de débrayages et de grèves d’avertissement, une augmentation progressive de leur rémunération destinée à compenser l’inflation, dont une hausse de salaire de 5,5% à partir de mars 2024 et une prime anti-inflation de 3000 euros.
Les secteurs qui semblent les plus touchés sont le commerce et les services, à commencer par celui des transports.
Entre le 14 et le 16 mai, les cheminots du syndicat EVG appelaient à une cessation du travail afin de peser sur les négociations salariales dans un contexte de forte inflation (plus de 9% depuis le début de l’année, alors que le pays entre en récession, après deux trimestres de baisse du PIB à la suite).
Cette dernière séquence de débrayage a duré 50 heures, contre 24 les fois précédentes. Un durcissement qui traduit l’absence de progrès significatifs selon le principal syndicat de cheminots.
C’est déjà le troisième mouvement social entrepris par les cheminots allemands depuis le mois de mars. On se souvient notamment du 27 mars, date pour laquelle l’ampleur de la grève de 24 heures dans le secteur des transports a été exceptionnelle.
230.000 salariés répartis entre une cinquantaine de sociétés de transport ferroviaire disséminées à travers le pays, dont la principale demeure la Deutsche Bahn, sont ainsi concernés. Le syndicat EVG exige une augmentation de 12% sur douze mois pour ces salariés, ou une hausse minimum de 650 euros brut par mois.
Le 30 mars, après un long affrontement avec le syndicat Ver.di, la poste allemande accordait quant à elle des hausses de salaires de 11 % à 16 % à ses 160 000 salariés…












