La fin d’un modèle social ?

Cela ne date pas d’hier : depuis au moins 2022, l’Allemagne connaît de nombreux conflits sociaux importants. L’inflation qui rogne le pouvoir d’achat a déclenché une série de grèves dans la sidérurgie, la fonction publique, la santé, le ramassage des ordures, industries et services confondus, souvent avec des résultats intéressants :  selon l’Office fédéral des statistiques, les rémunérations ont bondi de 6,6 % au deuxième trimestre 2023 après une hausse de 5,6 % au premier. Il s’agit de la plus forte augmentation depuis 2008. C’est la première fois depuis deux ans que l’évolution des salaires nominaux est supérieure à celle de l’inflation (+6,5 %). Une bouffée d’oxygène pour les 46 millions d’employés allemands.

Pourtant, fin 2023 et début 2024, de nouveaux et spectaculaires mouvements sociaux agitent encore nos voisins : cheminots, conducteurs de bus, agents aéroportuaires toujours sur fond d’inflation, de manque de main d’œuvre et de récession.

Fin janvier, une grève des conducteurs de la Deutsche Bahn a duré cinq jours, tandis que les transports locaux se sont arrêtés une journée en février dans tout le pays. Précédemment, un mouvement des agents de sécurité des grands aéroports avait conduit à l’annulation de 1100 vols.

La mobilisation en Allemagne ne s’arrête pas à la question sociale : des millions de manifestants contre l’extrême-droite dans de nombreuses villes, des cortèges de soutien au peuple palestinien pourtant interdits par le pouvoir, des rassemblements pour la paix en Ukraine et contre le réarmement de l’Allemagne… C’est ainsi que chaque semaine, les rues de la République fédérale sont le lieu d’expression de colères et de mal-être d’une grande partie de la population.

Les spécificités qui mènent aux divisions

Mais c’est bien dans l’expression du mécontentement social qu’apparaissent des premiers signes de fêlures du modèle sociale allemand. Les traditionnels mouvements sociaux menés par les syndicats dans le cadre d’un cadre social bien défini sont de plus en plus dépassés par des actions plutôt catégorielles. Ainsi, dans la Bundesbahn, c’est le syndicat catégoriel des conducteurs de train, Gewerkschaft Deutscher Lokomotivführer (GDL) qui mène des actions dures… mais uniquement pour ses adhérents…

Ce syndicat ne fait pas partie de la confédération DGB (Deutscher Gewerkschaftsbund) mais de l’autre organisation le DBB (Deutscher Beamtenbund) qu’on pourrait traduire en « Confédération des employés ou services ». Avec ses 1,5 millions d’adhérents uniquement dans le secteur tertiaire, il est loin de concurrencer le syndicat majoritaire DGB (et ses 5,7 millions de membres). Et les autres travailleurs des chemins de fer allemands sont adhérents à Ver.di, une des fédérations du DGB. Mais il fait preuve d’une combativité qui suscite le respect du monde du travail.

Au grand dam des syndicats du DGB qui ne manquent pas de critiquer la GDL dénonçant son cavalier seul, bloquant toute l’entreprise par une catégorie du personnel minoritaire.

Un autre mouvement d’importance, les manifestations des agriculteurs, s’apparente également à un mouvement plutôt corporatiste.

Tout comme dans de nombreux pays européens, les agriculteurs allemands ont initié depuis plusieurs mois (bien avant les Français) des actions spectaculaires en bloquant les routes et autoroutes avec leurs tracteurs. Ils protestaient dès mi-décembre contre la fin des subventions au diesel agricole décidée par le gouvernement. Une hausse qui rendrait leur travail encore plus difficile, alors que le coût de la vie ne cesse d’augmenter.

La décision de supprimer ces subventions est une des solutions trouvées par le gouvernement du chancelier Olaf Scholz pour équilibrer ses budgets 2023 et 2024. Mais l’habillage qui se voulait malin, ne passe pas : il s’agirait, selon eux, de supprimer les subventions considérées comme nuisibles pour le climat. Ce à quoi les paysans rétorquent que leurs machines lourdes fonctionnent uniquement au diesel et qu’ils ne sont pas encore en mesure de passer à l’électrique.

L’Association des agriculteurs allemands rajoutent que la fin des subventions pourrait signifier la fin de l’agriculture en Allemagne : « En effet, nous vivons une transformation structurelle, notamment un déclin annuel des exploitations agricoles de 2 à 3% dû particulièrement à la mauvaise répartition des subventions de l’Union européenne. Si nous devions supprimer ces subventions du jour au lendemain, de nombreuses exploitations agricoles disparaîtront ».

Une similitude totale avec tous les autres mouvements des agriculteurs en Europe : c’est bien la politique agricole commune qui est visée et dès lors, ces actions prennent une dimension politique, terme que le modèle social allemand veut réfuter avec vigueur. Et qui heurte violemment les bases mêmes du concept économique et social de l’Allemagne.

Le capitalisme rhénan et ses principes…

Ce modèle est caractérisé par une économie sociale de marché et un système de cogestion qualifiée. L’État intervient comme un régulateur du système économique et les syndicats participent activement à la gestion des entreprises. C’est également un système plus rigoureux et plus axé sur le long terme. La priorité de la politique monétaire est la lutte contre l’inflation. Les banques ont une vision de long terme.

Les lois bismarckiennes de 1880 (dont subsistent des éléments dans le Droit local en Alsace-Moselle) donnent la touche sociale à ce capitalisme largement inspiré par la doctrine protestante dominante en Allemagne.

Le sociologue Max Weber, considère que la prédominance des protestants vient de leur éthique, qui rejoint l’esprit du capitalisme, lui permettant de s’épanouir. Il ne faut plus travailler pour vivre, mais vivre pour travailler. « Le devoir s’accomplit dans l’exercice d’un métier. » 

L’enrichissement est même une fin en soi, à laquelle les hommes sont astreints par leur vocation professionnelle. L’entrepreneur a un mode de vie qui se distingue par « une certaine tendance à l’ascétisme » et « la satisfaction et la fierté d’avoir procuré du travail à de nombreux hommes, d’avoir participé à l’épanouissement économique de sa ville ». Une organisation rationnelle du travail s’impose : « Le temps est précieux, infiniment, car chaque heure perdue est soustraite au travail qui concourt à la gloire divine. »

« L’Occident connaît aussi, à l’époque moderne, écrit Max Weber dans son ouvrage » L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme » une forme toute différente de capitalisme, qui ne s’était jamais développée auparavant dans le monde : l’organisation capitaliste rationnelle du travail (formellement) libre »

Le capitalisme rhénan préconise donc trois valeurs essentielles :

– La liberté est associée à la notion de lien : l’homme est fait pour atteindre son plein épanouissement et la liberté implique l’acceptation d’un certain nombre d’obligations sociales.

– La solidarité implique pour l’individu de travailler au bien commun.

– L’équité implique que tout individu a des chances égales de s’épanouir librement.

La réussite du capitalisme rhénan a largement tenu à sa volonté d’intégrer le monde du travail à une organisation économique fondée sur le capital et le marché, et de construire, par l’économie sociale de marché, un système conciliant la vision sociale et « l’efficacité » de l’économie libérale. Différents facteurs contribuent aussi à son épanouissement en Alsace. On y retrouve l’influence du protestantisme, le maintien de structures familiales solides et une tradition d’autonomie urbaine qui favorise l’émergence de dynasties bourgeoises s’engageant dans l’aventure commerciale et industrielle.

Ces caractères distinguent profondément le capitalisme rhénan de son homologue libéral anglo-saxon. La place faite à l’homme et à son environnement par l’intermédiaire d’une politique sociale assez proche de celle de l’État-providence, comme la part accordée aux partenaires sociaux par le biais de la cogestion.

Le syndicalisme allemand, partie intégrante de cette organisation de la société

Le syndicalisme allemand se structure, comme ses homologues européens, vers la fin du XIXe siècle : fondé officiellement en 1871, il fut interdit en 1878 pour se récréer dans les années 1890 après les lois sociales de Bismarck (1878-1890). Ce « progressiste » de Bismarck ne voulait donc pas des syndicats comme interlocuteurs pour l’établissement de « son » modèle social ! Remarquons que le syndicalisme alsacien et mosellan se construisit dans le cadre du mouvement syndical allemand et de ses vicissitudes propres et différentes de celles touchant la France.

Il s’agit d’une création sur une base d’affrontement violent de classe : Bismarck interdit tout ce qui critique et conteste l’économie capitaliste. En 1878, il n’interdit pas uniquement les syndicats mais tout le mouvement ouvrier, syndical et politique. Sa loi du 19 octobre 1878 interdit  « toute organisation, ses écrits, ses journaux, qui à travers des objectifs sociaux-démocrates, socialiste ou communiste, envisagent de renverser l’ordre établi. »

Et, dès sa légalisation, le syndicalisme allemand connut des affrontements en son sein, entre les partisans d’une ligne favorable à la coopération avec le capitalisme et ceux, les socio-démocrates, de changements plus radicaux du système économique.

Malgré ces dissensions et affrontements idéologiques, le syndicalisme allemand devint un des plus puissants du monde occidental et largement intégrés dans le parti social-démocrate, le SPD… qui, de nos jours, n’a plus rien à voir avec son prédécesseur révolutionnaire ! Mais aujourd’hui encore, les liens entre le syndicat DGB et le SPD sont très étroits… ce qui n’est pas sans poser de problèmes pour les dirigeants syndicaux confrontés à la politique très droitière que les chanceliers successifs issus du SPD ont menée.

Avec l’arrivée au pouvoir du parti national-socialiste, les syndicalistes et militants politiques communistes, puis socio-démocrates, connurent l’emprisonnement et seront les premiers résident des camps de concentration. C’est d’ailleurs dès 1933 que les premiers militants communistes furent internés dans le camp de Börgermoor, en Basse-Saxe, connu entre autres par le « Chant des marais » (Die Moorsoldaten), un des fleurons de la chanson ouvrière en Allemagne. La notice Wikipédia sur ce chant est disponible ici.

Du camp de travail au camp d’extermination, ce fut le lot de ces militantes et militants dont la plupart disparaîtront décapitant ainsi tout le mouvement ouvrier. Après le 30 janvier 1933, les nazis contraignent les communistes non arrêtés à gagner la clandestinité ou à émigrer. Plusieurs milliers ont été arrêtés en février. Jusqu’en décembre, 100 000 communistes sont arrêtés. Selon Wilhelm Pieck, en 1935, sur 422 dirigeants nationaux, 219 ont été arrêtés, 24 assassinés et 125 ont émigrés.

En 1945, le mouvement syndicat fut recréer en RFA sous la ferme autorité des forces alliées occupantes. Dès la libération, des syndicats se reconstituait mais il fallut réunir plusieurs conférences sous l’égide des trois alliés occidentaux qui redoutaient tous une diffusion des idées communistes pour déboucher sur une «Einheitsgewerkschaft », (syndicat unitaire) qui fut baptisé le Deutscher Gewerkschafts Bund avec des syndicats de branche puissants et cogestionnaires des conditions sociales dans les industries.

Très vite, avec le début de la guerre froide, il y a une lutte à l’intérieur du DGB entre les militants et militantes exigeant la nationalisation des grandes industries et le contrôle ouvrier et d’autres, notamment le courant social-démocrate, qui prônent la cogestion avec le patronat.

Rapidement, les syndicalistes proches du Parti Communiste perdent leurs postes dans l’appareil syndical, les sections syndicales animées par des militants et militantes d’extrême-gauche sont dissoutes, en 1956 le Parti Communiste a été interdit. Les militants communistes étaient sommés de choisir : soit ils restaient membres du pari et ils abandonnaient leur mandat syndicat, soit il choisissait de militer au syndicat et devaient démissionner de leur parti.

A partir de là, le mouvement syndical est dirigé et contrôlé par une seule confédération, le DGB, entièrement sous l’égide du SPD. Sans l’accord du DGB, chaque grève est « sauvage et illégale ». Dans les usines, les délégué-es du personnel n‘ont ni le droit d‘appeler à la grève, ni celui d‘informer les travailleurs et les travailleuses sur les négociations en cours avec le patronat. La cogestion a été pour beaucoup de syndicalistes un moyen de faire carrière en grimpant dans la hiérarchie de l‘entreprise ou dans les ministères d‘Etat. La cogestion place l’intérêt « de l’entreprise » avant tout. Le syndicat unique défend alors un capitalisme social et cogestionnaire et se veut un partenaire crédible du patronat.

C’est avant tout la convention collective de branche qui définit les conditions sociales des travailleurs. Le droit du travail allemand est relativement faible et ce sont les 84 .000 conventions collectives qui disent le droit. Il a fallu attendre 2018 pour que le salaire minimum interprofessionnel soit instauré : auparavant, celui-ci différait d’une branche à l’autre souvent avec des écarts considérables entre les secteurs bien ou faiblement organisés…

Ces règles strictes n’empêchaient pas les grèves et les actions syndicales. Mais elles devaient se dérouler dans des moments précis : les accords de salaires ou les conventions collectives sont établis pour une durée définie à l’avance. A l’échéance de ces accords, une des parties demandent leur renégociation et c’est uniquement dans ce laps de temps entre la dénonciation de l’accord et les négociations pour de nouvelles dispositions que les grèves sont légales.

Ces contraintes ont souvent posé des problèmes au sein des syndicats : Après 68, une nouvelle période de ce syndicalisme unique commence : ce sont « les dix années rouges », entre 1968 et 1978 :Cela se traduit tout d’abord par de nombreuses « grèves sauvages », sans la permission du syndicat, dans les grandes usines : pour que les immigré-es aient des droits égaux à ceux des autres travailleurs et travailleuses, contre des licenciements arbitraires de délégués syndicaux…

La crise du syndicalisme allemand

Ainsi a fonctionné le capitalisme rhénan jusqu’au début des années 1990. Ces dernières années, l’influence du modèle anglo-américain – considéré comme plus efficace – et le poids financier de la réunification a cependant entraîné des modifications assez importantes du système économique

Aujourd’hui, l’ensemble du mouvement syndical est en crise, comme le montre l’évolution du nombre d’adhérents. Il y a une trentaine d’années, en 1990, plus de onze millions d’actifs étaient encore affiliés à un syndicat du DGB ; aujourd’hui, ils sont moins de six millions – et ce malgré un nombre croissant de salariés.

En Allemagne de l’Ouest, le nombre d’emplois couverts par des conventions collectives a chuté de 71 % à 56 % depuis 2001. À l’Est, seuls 45 % des emplois sont encore couverts par une convention collective.

Confronté à l’absence d’une législation du travail encadrante et élargie à l’ensemble du salariat, les travailleurs allemands sont de moins en moins protégés. Dès lors, les trois principes du capitalisme rhénan ont volé en éclat.

Dès 1990, le patronat et son principal allié politique, les libéraux du FDP, ont accusé les syndicats d’être trop exigeant, insuffisamment flexibles… surtout quand ils exigeaient la parité du salaire entre les travailleurs de l’Ouest et de l’Est après la réunification.

Les conventions collectives ne s’appliquant que dans les entreprises adhérentes à l’organisation patronale de la branche signataire des accords, il suffit à une entreprise de quitter cette structure pour ne plus être obligée d’appliquer les conventions collectives.

Dans ces entreprises de plus en plus nombreuses, les accords sont à présent négociés au niveau de l’établissement, les dispositions de la branche étant caduques.

Mais le coup fatal est venu de la gauche politique, du chancelier SPD Gerhard Schröder plus particulièrement, qui adopta de nouvelles règles sociales anéantissant des pans entiers des conventions collectives qui régissaient les rapports sociaux depuis 1948.

En confiant au directeur des ressources humaines de Volkswagen, Peter Hartz, le soin d’établir de nouvelles règles sociales, Gerhard Schröder a fait adopter des lois qualifiées par le chercheur en sciences sociales à l’Université de Cologne, Christoph Butterweg, de « césure sans doute la plus importante dans l’histoire de l’État social allemand depuis Bismarck ».

Réforme de l’assurance chômage, de la retraite, des prestations sociales, totalement en défaveur des salariés, cette loi a fait entrer l’Allemagne dans une nouvelle ère que MM. Hollande et Macron ont imposer en France en détricotant le code du travail.

Il faut également relever les « Ein-Euro-Job », les « emplois à un euro de l’heure », réservés au secteur public ou caritatif, que les chômeurs de longue durée ne peuvent pas refuser, sous peine de perdre leurs allocations. Évidemment, en acceptant ces emplois, ils sortent des statistiques du chômage.

Deux chercheurs britanniques, Jake Bradley et Alice Kügler ont mené de sérieuses études qui démontrent que l’ensemble des réformes Hartz ont conduit, en moyenne, à une baisse, très faible, du chômage (– 0,16 %), ainsi qu’à une diminution, beaucoup plus substantielle, des salaires (– 4 %).

Selon eux, le bilan des réformes Hartz est donc intégralement négatif pour les salariés. Et la situation est particulièrement grave pour les personnes les moins qualifiées, dont l’emploi a diminué de 0,6 %, et le salaire moyen de… 10 %.

Pire encore, les inégalités de revenus se sont creusées au cours de la dernière décennie et la part des personnes pauvres n’a jamais été aussi élevée, révèle le rapport sur la répartition des richesses publié jeudi par l’Institut de sciences économiques et sociales (WSI) de la Fondation Böckler.

Sur la base d’un panel de 16.000 ménages interrogés chaque année, le taux de pauvreté est ainsi passé de 14,3 % à 16,8 % entre 2010 et 2019 en Allemagne. Il couvre les personnes dont le revenu net est inférieur à 60 % du revenu moyen outre-Rhin (2.165 euros nets mensuels selon Statista). Les obligations faites aux bénéficiaires des aides Hartz IV en ont enfermé beaucoup sur le segment des petits boulots mal payés

La part de personnes très pauvres, c’est-à-dire disposant de moins de 50 % du revenu moyen, a même bondi de 40 % sur cette période pour atteindre 11,1 %. Quant à l’écart de pauvreté, qui désigne le montant nécessaire à un ménage pauvre pour sortir de cette catégorie, il a augmenté de près de 32 % à 3.912 euros annuels.

En résumé, comme nous l’avons déjà évoqué dans nos deux précédents volets, la situation actuelle de l’Allemagne procède du fait que, malgré ses performances économiques au cours des deux dernières décennies, son économie était très dépendante de la Russie pour l’énergie et de la Chine pour les exportations. C’est cette situation qui a changé, du fait de la guerre en Ukraine et de la montée en puissance de l’économie chinoise.

Son modèle social pourra-t-il résister à ces modifications structurelles et profondes ? L’Allemagne à des ressources, des moyens, des capacités de recherches permettant sûrement à son économie de résister et de surmonter cette crise. Mais les choix ultra-libéraux choisis par le gouvernement tricolore sauront-ils assurer une redistribution qui permettra de maintenir l’esprit et la lettre du capitalisme rhénan du XIXe siècle ? Cela dépendra sûrement des prochaines luttes sociales et des capacités du syndicalisme allemand de s’affranchir de règles d’un autre temps qui le régissent toujours.

C’est toute la discussion qui agite de nos jours les congrès syndicaux qui démontrent que le syndicalisme est encore fracturé entre ceux qui continue de vouloir jouer les « partenaires responsables » et ceux qui considèrent qu’ils doivent mieux refléter les colères et fureurs qui agitent le monde du travail allemand… Une question uniquement allemande ?

Prochain et dernier volet : les mobilisations contre l’extrême-droite vers le « plus jamais ça » ?