Crédit photos et prise de son : Martin Wilhelm
Présentation biographique
Salah Hamouri est un avocat franco-palestinien. Et fervent partisan de la cause palestinienne. Il est soupçonné d’avoir partie liée avec le FPLP, une organisation politique d’obédience marxiste-léniniste et nationaliste, qui prône une solution politique fondée sur un seul État réunissant arabes et juifs en Palestine, sans considérations religieuses ou ethniques (considérée comme organisation terroriste en Israël, États-Unis, Canada, Australie, Japon et certains pays de l’Union européenne).
Ses conférences font régulièrement l’objet d’attaques et de polémiques, voire d’annulations plus ou moins contraintes, sous la pression notamment d’organisations proches de l’État d’Israël.
L’homme a payé un tribut conséquent à son engagement. Suspectent d’avoir « eu l’intention d’assassiner » le rabbin Ovadia Yosef, ancien grand-rabbin d’Israël et chef spirituel du parti religieux Shas, en 2005, son périple carcéral commence alors qu’il a peine 20 ans.
Après trois ans de détention administrative, il accepte en 2008 une procédure de négociation de peine et son avocate plaide coupable afin d’échapper à une peine de quatorze ans. Il est finalement condamné par un tribunal militaire à une peine de sept ans d’emprisonnement.
Il sortira de prison de façon anticipée en 2011, dans le cadre d’une libération de prisonniers politiques palestiniens contre Gilad Shalit, franco-israélien kidnappé par le Hamas.
Il effectue des études de droit et devient avocat au barreau palestinien en août 2017. A nouveau placé en détention administrative en août 2017. Il est libéré 13 mois plus tard, sans qu’aucune charge ne soit émise contre lui pendant toute cette durée.
Il est de nouveau incarcéré en mars 2022, sans accusation formelle sous le régime de la détention administrative.
Enfin, le 18 décembre 2022, contre son gré, il est extrait de prison et expulsé dans un avion vers la France. Israël révoque son permis de résident permanent, l’empêchant de rester à Jérusalem Est, ville où il est né.
Son expulsion vers la France sera qualifiée de « déportation » par Amnesty International, et condamnée par le ministère français des Affaires étrangères.
Selon Jeremy Laurence, un porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme : « Le droit international humanitaire interdit l’expulsion de personnes protégées d’un territoire occupé (…). Expulser une personne protégée d’un territoire occupé est une violation grave de la Quatrième Convention de Genève, constituant un crime de guerre » .
La conférence
Tenue le 20 février dans la salle chapelle Sainte-Claire de la rue de Dieppe à Mulhouse, la conférence a fait salle comble. Organisée sans trop de difficultés dans la cité du Bollwerk, la situation aura été plus flottante à Strasbourg, où les autorités ont annoncé le lendemain leur choix d’autoriser la conférence de l’avocat au nom de la « liberté d’expression »…
Nous vous proposons de la réécouter ci-dessous « au nom de la liberté d’expression » qui fonde notre raison d’être, et de former votre appréciation quant aux traitements humains (ou non) à laquelle une personnalité de la résistance palestinienne peut être soumise, rejoignant en cela l’appréciation consensuelle de la plupart des ONG.
Salah Hamouri ne reverra sans doute jamais la terre qui l’a vu naitre, et sur laquelle il souhaitait continuer de vivre. Ce traitement inhumain et illégal, opéré par un état démocratique (même s’il l’est sensiblement moins depuis deux décennies), pourvu d’une opinion publique réactive, est en soi seul un scandale public qui méritait que l’on entendît largement son témoignage.

















