Crédit photos : Martin Wilhelm
La 41e foire éco bio ouvrait ses portes ce jeudi 9 mai au parc des expositions de Colmar. Plusieurs dizaines de milliers de visiteurs / visiteuses y sont attendues.
La manifestation d’une durée de quatre jours est dédiée au bio (mais pas seulement), aux alternatives citoyennes de consommation, et à la protection de l’environnement.
Près de 350 exposants y sont présents, venus du monde entier, mais surtout d’Alsace et de France, ainsi que de nombreux ateliers et conférences.
HK & les Saltimbanks, avec leur chanson emblématique : « On lâche rien ! » sonnait l’ouverture des portes à la sono. Il était 10 heures tapantes ce jeudi matin.
A écouter les plus anciens qui occupaient déjà leur place au sein de la kermesse des alternatives dans le Rouffach des années 80, alors très engagés, le public a changé.
Il est vrai que si on y trouve toujours de nombreux lieux d’expérimentation, d’alternatives et d’échanges (associations, éditeurs, habitats), les visiteurs semblent avant tout se comporter en promeneurs consommateurs.
Les grands projets mobilisateurs et structurants, comme l’agriculture biologique et paysanne, la solidarité, la contestation du nucléaire, portés par des militants et militantes activistes, qui partageaient une amitié commune et de nombreux idéaux, semblent compartimentés ou atomisés.
Les organisateurs ne s’en cachent d’ailleurs pas :
« À l’époque, c’était d’abord une foire des pains, vins et fromages bios organisée par une bande de copains. L’idée était d’unir producteurs et réseaux associatifs pour développer une contreculture à un monde qui s’engageait vers une agriculture fragilisant la terre, une société sacralisant l’argent aux dépens de l’humanité. Elle s’installe à Rouffach, sans subventions, et prend forme grâce au bénévolat ».
Aujourd’hui, on y vient gouter en famille des spécialités proposées par un commerçant ardéchois, ou humer les fragrances poivrées des fromagers de la région parmesane, voire, (photo ci-dessous) assister à la démonstration du bonimenteur venu proposer sa super râpe fine (en plastique), à quelques jours de la foire commerciale de Mulhouse, où l’on entendra sans doute son débit mitraillette viser des clients ébaubis, conjurant le sort qui les a si longtemps tenus éloignés de cette sublime invention culinaire.
Pour paraphraser les organisateurs dans leur présentation du programme 2024 : « On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré » (Albert Einstein)…
C’est aussi dans cet esprit que l’ouvrage Stocamine, un avenir empoisonné ? – 30 ans d’errements et de mensonges édité par nos soins, est disponible au stand du collectif Destocamine, signé par son auteur et son illustrateur ! Rendez-vous au lieu « F62, Hall 3 – Eau ».
Le livre constituant un témoignage de premier choix qui nous rappelle combien l’eau est denrée aussi fragile que précieuse, et combien la nappe phréatique rhénane est exposée gravement par ce projet industriel d’enfouissement de déchets toxiques.
Le promeneur de la foire éco-bio est ainsi invité à ne pas seulement se nourrir de bonnes choses. Il devrait s’imprégner d’idées claires.
Comme le disait Épicure : « Mon coeur est saturé de plaisir quand j’ai du pain, et de l’eau. ».
De l’eau bonne, potable, pour ceux d’aujourd’hui, et ceux de demain.
Alors, « on lâche rien » ?






















Je n’ai pas connu la foire écobio version Rouffach, je ne suis arrivée en Alsace que fin 2022, donc je ne partage pas la nostalgie des anciens. À Montreuil (93), le salon du livre de jeunesse suscitait les mêmes réactions: devenu trop grand et trop commercial. Mais dans les 2 cas c’est oublier les débats, les films, les conférences, les ateliers qui sont une partie essentielle du programme proposé: pour l’édition 2024 de la foire ecobio, il y avait Vandana Shiva ou Monique Pinçon-Charlot que l’article aurait pu mentionner.