Cré­dit pho­tos et prise de son : Mar­tin Wilhelm

Ce same­di 1er juin en la place de la Concorde de Mul­house, l’ob­jec­tif des orga­ni­sa­teurs (le col­lec­tif d’as­so­cia­tions « Urgence wel­come » et le CCFD Terre soli­daire) étaient d’a­ni­mer un évè­ne­ment autour des témoi­gnages de per­sonnes nou­vel­le­ment ou ancien­ne­ment migrantes, sans en pas­ser par le tapage habi­tuel des mani­fes­ta­tions revendicatives.

Il s’agissait en l’es­pèce de « ren­contres entre citoyens du monde » ren­dant compte de leur vécu et par­cours d’in­té­gra­tion, à quelques jours d’une élec­tion, que plu­sieurs can­di­dat, aus­si bien en France que dans l’UE, ont choi­si d’o­rien­ter autour de la haine et du rejet de l’étranger.

Ain­si, une femme alba­naise racon­tant à Jacques Mul­ler son par­cours d’im­mi­gra­tion et d’intégration :

Un per­son­nel poli­tique qui pié­tine allè­gre­ment, quel­que­fois en le reven­di­quant, les termes de la Décla­ra­tion uni­ver­selle des droits de l’homme adop­tée par l’Assemblée géné­rale des nations unies, et rati­fiée par la France en décembre 1948, et dont l’ar­ticle 13 dis­pose de la liber­té de cir­cu­la­tion et de rési­dence.

A notam­ment été dénon­cée la conven­tion entre la Tur­quie et l’UE sur l’in­ter­cep­tion des migrants en mer, délo­ca­li­sant le contrôle des fron­tières par un pays diri­gé par un auto­crate, capable de mon­nayer les flux de migrants vers l’Eu­rope en fonc­tion de ses inté­rêts géostratégiques.

Sans comp­ter le récent pro­jet de trans­fert de popu­la­tions migrantes du Royaume-Uni vers le Rwan­da, ultime indé­cence poli­tique, dont ce pays se rend cou­pable au motif de contrôle de ses fron­tières. Un dis­po­si­tif que de nom­breux juristes estiment en outre contraire au droit inter­na­tio­nal, immo­ral et dispendieux.

Si l’hu­ma­nisme semble péri­cli­ter à vitesse grand v dans les dis­cours et pra­tiques poli­tiques, les orga­ni­sa­teurs savent qu’a­vec le chan­ge­ment cli­ma­tique et les menaces de conflits glo­baux, le futur est pour­tant lourd de migra­tions dra­ma­ti­que­ment contraintes.

Et nul n’empêchera la venue sur nos côtes de popu­la­tions affa­mées, qui n’ont plus rien à perdre…