Crédit photo : Martin Wilhelm (et organisateurs)

Cette troisième édition de la marche des fiertés mulhousienne, a eu ce 1er juin à partir de 14h, depuis le parvis du campus Fonderie, à Mulhouse. Le cortège s’est dirigé vers le centre-ville puis vers la Filature, où devait avoir lieu la soirée musicale.

Rendez-vous festif, et revendicatif, il semble que cette édition ait changé en dimension comparé aux années précédentes, notamment grâce à l’appui des Collectifs Sonores Mulhousiens (CSM), dont la soirée « Pagaille » menée dans la salle de spectacle du Noumatrouff a contribué à financer la marche de samedi. Le char aura également contribué à l’animation de la manifestation.

Cependant, selon les organisateurs, le climat était plutôt à la gravité, compte tenu le contexte politique. Ces derniers perçoivent en effet au moins deux dangers immédiats :

  • La prise de position de Marion Maréchal annonçant vouloir supprimer les subventions aux associations LGBT+ à l’échelle européenne (ce qu’elle souhaite depuis 2015, en incluant celles du planning familial). Les sondages d’opinion relatifs à « Reconquête« , lui donnant 4,5 à 5% des voix, pourraient toutefois la laisser une fois de plus à la porte du Parlement européen.

Lina Haegelin, étudiante et membre de la Communauté solidaire des terres de l’Est (CSTE), en charge de la coordination de la manifestation avec l’association mulhousienne « Hêtre » et les Collectifs sonores mulhousiens, a fait savoir qu’hormis quelques avancées sur le mariage de même sexe au sein de l’Union européenne, il n’y avait pas vraiment de quoi se rassurer.

Les droits des personnes LGBTQIA+ sont menacés, bien que leur existence soit de plus en plus manifeste. Les cas de discrimination, harcèlement ou insultes, accusent une hausse de 15%, selon le rapport 2024 de l’association « SOS Homophobie« , créée en 1994 dans le contexte du sida, qui souligne :

[…] un environnement qui se dégrade pour l’ensemble des personnes LGBTI avec une libération de la parole LGBTIphobe, notamment sur Internet. La haine en ligne, qui représente 23 % des cas signalés, nous interpellent ainsi pour la troisième année consécutive. Les discours LGBTIphobes et complotistes s’intensifient sur Internet et le harcèlement sur les réseaux sociaux cible particulièrement les jeunes LGBTI. Par ailleurs, un quart des cas de transphobie recensés sur l’année 2023 sont liés à la haine en ligne.

Extrait du rapport 2024

L’after a toutefois eu lieu dans une bonne ambiance au niveau de la Filature. « On va continuer l’année prochaine« , annonce-t-on, tandis que Manon Denizot, (présidente du syndicat étudiant CSTE), et Lina Haegelin, coordinatrice, lançaient aux participants : « Soyez fiers de ce que vous êtes » !