Crédit photos : Martin Wilhelm
D’abord assez limitée, la foule réunie sur la modeste place des Victoires, choisie pour sa valeur symbolique, s’est bien étoffée de 14h30, heure prévue de manifestation, jusque 15 heures, moment où le cortège s’est ébranlé dans les rues du centre-ville pendant une petite heure.
Les organisateurs, syndicaux tout d’abord, comptaient la CGT, la CFDT, la FSU, Solidaire, et l’Unsa, mais sans la CFTC, FO, et la CFE-CGC, qui ont préféré se réfugier derrière la charte d’Amiens (dans sa dimension indépendance vis-à-vis de l’État et des partis politiques), pour ne pas s’y associer.
Des militants de diverses tendances de la gauche étaient par ailleurs présents, dont les Écologistes, le PCF, le « NPA-Révolutionnaires » (à ne pas confondre avec le « NPA-L’anticapitaliste », fraction Besanceno-Poutounienne), le syndicat étudiant CSTE (Communauté solidaire des Terres de l’Est), et de la Ligue des droits de l’Homme (LDH). L’AFPS Alsace s’est jointe au mouvement, de même que la CNL (confédération nationale du logement) le Droit au logement (DAL), et quelques autres structures.
Les porte-paroles ont tour à tour pris la parole sur une estrade, dont les deux candidates des 5ème et 6ème circonscriptions du Haut-Rhin, Nadia El Hajjaji (Génération.s) et Florence Claudepierre (LFI), Gérard Moine pour la LDH, Loïc Minéry pour les écologistes, Joseph Simeoni pour le PCF, et Antoine Homé pour le PS, afin de souligner la nature du danger politique qui guette, et espérer une réponse nette dans les urnes, dès le 30 juin.
La dynamique reste en effet l’enjeu essentiel d’une gauche réunie à juste titre, mais pas toujours cohérente, en témoigne les déchirements internes à LFI, dont des députés un peu trop éloignés de la ligne mélenchoniste (et suspectés de vouloir quitter le parti après réélection) ont été écartés, tout en menant campagne contre le candidat désigné. Ambiance. Et colère des partenaires du Front populaire.
Adrien Quattennens, très proche de Mélenchon, et récemment condamné pour des faits de violence conjugale, a lui été reconduit, puis, comprenant la nécessité de déminer la situation interne, a renoncé à se présenter.
Ces affaires, qui ne se réduisent pas à une question de personne ou d’égos (personne n’est propriétaire de son mandat et la politique ne doit pas être un métier), traduit en revanche un rapport brutal au pouvoir, alors que l’on se pare des habits neufs de la 6ème République, du débat, du respect des personnes et des idées quelles qu’elles soient…
Mais le Front peut également redouter le raccrochage de la Hollandie, c’est à dire la gauche la plus ectoplasmique qui ait été portée au pouvoir en France, qui aura rendu possible la créature macronienne, et pavé le chemin à l’extrême-droite par son bilan social et économique désastreux.
Pour François Hollande, candidat du nouveau front populaire en Corrèze, l’incrédulité provoquée par l’information sonne comme un oxymore. Comment est-il possible que celui qui a fait désespérer la gauche, puisse encore se réclamer de ses suffrages ?
En fait, les « tontons gêneurs » que sont Hollande et Mélenchon, ainsi que les nomme Stéphane Alliès dans un court billet publié par Médiapart, lesquels totalisent, à 71 et 69 ans, 116 années de mandat électif, sont devenus des plaies à gauche, pour des raisons diamétralement opposées. Eux qui n’ont jamais connu d’autre activité professionnelle durant leur vie.
A défaut de changer la violence dans la pratique politique, le front populaire peut-il provoquer une véritable dynamique à gauche, se hisser au niveau de Bardella, puis le dépasser, d’ici 15 jours ? L’épreuve parait difficile, mais pas impossible. Alors qu’un sondage place le RN en tête, avec 33%, contre 25% pour le nouveau front populaire, et 20% (encore !) pour Renaissance…
Le plus grave étant sans doute que 87% des électeurs de l’extrême-droite sont déjà sûrs de leur choix…

























