Crédit photo : Martin Wilhelm

1 euro pour rester propre

Franck Horter le clame haut et fort ce 14 juin à la une d’un article de L’Alsace : « Je n’ai pris aucun euro » au MON.

Il y annonçait surtout, lors d’une conférence de presse donnée à cette occasion, que ni le club, ni lui ne feraient appel du jugement rendu le 3 juin par le tribunal judiciaire de Mulhouse, au cours duquel il a été condamné à 8 mois de prison avec sursis, et 1 an d’inéligibilité avec sursis.

Il s’agirait surtout pour lui de ne pas insulter l’avenir, lequel dépend encore largement des subsides de la communauté d’agglomération…

Il souligne être personnellement relaxé des infractions financières concernant le MON, et assure n’avoir détourné aucun argent, ni s’être enrichi, sinon avoir appliqué, en dépit de son plein gré, depuis 2013, les conventions signées avec Mulhouse agglomération, dont la « toxicité » a effectivement été soulignée dans le jugement du tribunal.

Rappelons à ce titre, pour le lecteur qui tendrait à prendre au mot les euphémismes de Franck Horter, lequel se présente volontiers comme la victime d’un hypothétique acharnement judiciaire, qu’il a bien été reconnu coupable par le tribunal judiciaire. Et à de multiples reprises.

C’est pourquoi, dans le souci d’une anamnèse d’intérêt public, notre modeste gazette se livre au rappel motivé des condamnations du président du MON, et exposera celles de son frère, et de sa belle-sœur, sur demande expresse de ses lecteurs !

Condamnations au titre des infractions commises dans le cadre de la présidence de l’association MON :

Pour 2017 ==> Abus de confiance pour un compte débiteur accordés à la SARL Mon Club, d’un montant de 61 627 euros

==> Abus de confiance, pour facturation de services fictifs, pour un montant de 65 214 euros

Pour 2018 ==> Abus de confiance pour compte courant débiteur à la SARL Mon club, pour un montant de 63 729 euros

==> Abus de confiance pour frais indus sur facturation de services fictifs, pour un montant de 34 060 euros

==> Abus de confiance pour frais indus au profit de Laurent Horter, pour un montant de 14 540 euros

==> Abus de confiance pour confiance sur notes de frais pour Laurent Horter, d’un montant de 20 400 euros

Soit un préjudice total de : 259 570 euros

Et pour quelques « dollars » (de participation) en plus

En la présente période de disette de fonds publics, le MON, et son fan club, le « MON collectif 68 », a résolu de diversifier ses sources de revenus de manière insolite pour un grand club sportif. Il est ainsi récemment apparu sur le site de financement participatif Ulule, afin de financer la participation du club aux dernières compétitions de la saison en direction des jeunes, et financer la participation aux Championnats de France (du 16 au 21 juin).

Nom de la collecte : « M.O.N. COMPÉT’ PLUS 2024, le coup de pouce qui va propulser les champions !« . Au programme, parmi d’autres objectifs, un stage dans la Sierra Nevada, célèbre chaine de montagne andalouse, où a été tournée « Et pour quelques dollars de plus« , de Sergio Leone !

Toute ressemblance avec des personnages existants serait purement fortuite, bien évidemment.

Le succès a semble-t-il été au rendez-vous, puisque le financement est couvert à 128%, avec plus de 14 700 euros réunis : « Vous avez massivement répondu présent en permettant de financer intégralement ces 4 compétitions et l’objectif a été rapidement atteint ! Merci ! Merci ! Merci ! » s’esbaudit le gestionnaire de la collecte.

Cela dit, le diable s’ébroue également dans les détails, et il fallut une prolongation doublée du temps de collecte, et un effort redoublé, voire triplé, de certains donateurs, pour y parvenir.

Nous comptons en effet 15 personnes qui ont versé par deux fois des contributions financières, et quatre personnes qui ont donné à trois reprises. Sans compter le « Moncollectif68 » en tant que tel… et Lionel Horter, le coach du club, qui aura également mis la main à sa poche.

Le message d’amour en forme de missile envoyé à M2A n’a bien sûr pas été oublié par la troupe de sportifs participatifs :

« À l’heure où la Communauté d’Agglomération s’enfonce chaque jour un peu plus, qualifiée de « toxique » par les tribunaux et abandonnant sa mission d’accompagnement du sport de haut niveau dans l’agglomération mulhousienne, seule la solidarité, l’intelligence de la situation et la volonté de placer le sport et l’engagement opiniâtre des jeunes compétiteurs au-dessus de toutes les bassesses politiciennes permet de conserver un sens à notre action »

Comment ne pas rouvrir le porte-monnaie public après une telle déclaration de co-dépendance toxique ?

Un risque que l’agglomération ne semble toutefois pas prête de prendre, à en croire son courrier du 13 mai, reproduit ci-dessous. M2A y contracte en effet un « contrat de service et de représentation en justice » avec un cabinet d’avocats strasbourgeois, pour un montant de 15 000 euros HT, afin d’espérer recouvrer l’indemnité d’occupation du centre d’entrainement et de formation à la natation, par l’association MON, pour un montant de 22 500 euros, que le club conteste devant le Tribunal administratif de Strasbourg…