Un chemin de croix mettent en scène « Jésus » suivi par son bourreau romain escaladant les marches de l’ancien Hôtel de ville de Mulhouse, clos par une représentation de la crucifixion devant l’église Saint-Étienne, non sans avoir préalablement escaladé la butte Golgothienne du parc Steinbach…

La Passion à la mulhousienne vous a des airs de forains azimutés en ce 29 mars 2024.

Les chevaux ont également été de la parade. Mais l’ambiance de carnaval doloriste et mortifère n’y a pas gagné grand chose, sinon un kitsch supplémentaire.

On pourra admirer sur le compte Instagram de la « communauté de paroisses des Portes de Mulhouse« , combien la musique tambourinante à la Gladiator constitue le seul intérêt scénique de cette mise en scène tapageusement pathétique, sise en la place de la Réunion.

En 2023, le premier chemin de croix organisé par la communauté incluait déjà de la soldatesque romaine montée sur ongulés et quelques dizaines de bénévoles travestis en petit peuple Hiérosolymitain.

L’année de disgrâce 2024 ne dérogea pas à ce que les organisateurs célèbrent déjà comme une tradition inscrite dans le folklore local.

Et pourquoi s’en priveraient-ils ?

L’article de L’Alsace expose clairement combien la détermination de la municipalité de Mulhouse est forte, quant à combattre les marques ostentatoires d’appartenance religieuse :

« En Alsace concordataire, les cultes font partie de l’histoire. La notion de prosélytisme ne peut pas être avancée. L’histoire religieuse et l’histoire tout court sont imbriquées. Les processions ont toujours existé en Alsace, et aussi à Mulhouse, pas dans l’hyper centre, mais à Sainte-Thérèse ».

Puis elle se défausse aussitôt, ainsi qu’à l’accoutumée, sur une autorité tierce, cette fois la préfecture :

« La mairie est consultée et donne un avis, sur le parcours notamment. Mais c’est l’autorité préfectorale qui décide en fonction du risque de troubles à l’ordre public ; et nous, on sécurise le parcours en coordination avec la police et pour s’assurer qu’il n’y ait pas de dégradation du domaine public »

Se sentant en outre tenue de jouer les Ponce Pilate en expédition normande :

« Le droit de manifester est valable, qu’on soit d’accord ou pas avec la cause soutenue… Ce n’est pas à géométrie variable.»

Si, un petit peu quand même. Surtout si des musulmans se mettaient à carnavaliser la fin du Ramadan sur la place de la Réunion !

Fort heureusement pour les âmes fières et nobles, les lecteurs du double journal unique répondent toujours présents pour jouer les rois de la fête :

  • « La loi de 1905 sur la laïcité ne s’applique pas en Alsace et c’est tant mieux. Les citoyens prétendument choqués paraissent surtout être des laïcards enragés anti-chrétiens, bloqués au (début du) siècle dernier »
  • « Bravo la communauté Saint Martin« 
  • « en Corse, les processions du vendredi saint sont dans beaucoup de communes et on doit respecter les coutumes locales. personnes ne les contredis » (tu m’étonnes Pétrone !)

Une lettre ouverte était adressée mardi 23 avril à la maire de Mulhouse et au préfet du Haut-Rhin pour « exiger que ne soit plus autorisé, dans l’espace public, à l’avenir », le chemin de croix du Vendredi saint, comme celui qui eut lieu le 29 mars dernier à Mulhouse.

Pour les signataires :

« Non, il n’est pas acceptable que la Place de la Réunion, symbole de la communauté de tous les Mulhousiens, soit appropriée par une manifestation d’affirmation ostentatoire d’une confession religieuse« . Et : « Non, il n’est pas acceptable que l’Hôtel de ville, lieu-symbole de la souveraineté démocratique, serve de marchepied à l’affirmation d’une loi religieuse qui s’affirme supérieure à la loi du peuple« .

« Nous affirmons ici que cette procession du Vendredi saint constitue une agression contre l’identité mulhousienne et met en danger l’équilibre fragile entre les Mulhousiens de toute obédience ».

Nous reproduisons ci-dessous le document in-extenso signé par plus d’une centaine de personnes, rédigé à l’initiative du mécréant Pierre Freyburger (ancien élu socialiste, accessoirement reconnu coupable d’avoir décroché un crucifix au sein de l’hémicycle du conseil général du Haut-Rhin en 2015 – aujourd’hui CEA- !), Marie-Claire Vitoux (professeure émérite d’histoire contemporaine de l’Université de Haute Alsace), et Bernard Eichholtzer (ancien responsable associatif).

la-lettre-ouverte-adressee-a-la-mairie-de-mulhouse-et-au-prefet-du-haut-rhin