Crédit photos : Martin Wilhelm
À l’appel de l’union locale CGT, une mobilisation rassemblant quelques dizaines de salariés a eu lieu devant les locaux mulhousiens de l’entreprise GSF Saturne, une filiale du groupe de nettoyage français GSF, ce vendredi 25 octobre.
Dans un contexte tendu d’élections professionnelles, et de mal-être au travail, les manifestants sont venus soutenir pendant quelques heures un délégué syndical CGT exerçant dans la société et au sein du groupe de nettoyage.
Mohammed Hamnouchi, le délégué en question, dit être victime de répression syndicale portant sur l’exercice de son mandat de délégué syndical, mais il ne proteste pas quant à sa seule situation.
En effet, ainsi qu’il en est depuis plusieurs années, nous avons eu accès à des témoignages écrits rédigés par des salariés se disant intimidés ou abusés par des responsables d’exploitation, dont un en particulier, alors qu’ils ne faisaient qu’échanger simplement avec le délégué syndical.
Ainsi, ledit responsable aurait tenu des propos discriminatoires, des injures, des insultes envers l’équipe dont il a la charge, visant à dénigrer leur travail, alors même que le client final est satisfait de la qualité du travail de nettoyage.
Un salarié a en outre perdu une partie de ses compétences et le bénéfice d’un véhicule professionnel pour cette seule raison.
Une délégation a pu être reçue par le directeur pendant 45 minutes pour faire état des difficultés salariales et de la situation des libertés syndicales. Celui-ci ne reconnaît pas formellement les faits, mais semblait, selon les salariés, méconnaître l’étendue des problèmes sociaux internes à l’entreprise.
Afin d’apaiser la situation, il a formulé oralement quelques engagements auprès des salariés, qu’il a formalisé dans un mail adressé au délégué syndical CGT ce lundi soir. Ainsi est-il prévu de convoquer le manager problématique, de permettre au salarié « déclassé » le remboursement de ses frais de déplacement, et d’assurer le retour sur son poste antérieur à partir de janvier 2025.
Enfin, une proposition de rencontre entre la direction et le délégué syndical est envisagée dans les 15 prochains jours.
Il reste que les salariés souhaitent simplement être respectés, et pouvoir venir au travail sans angoisse, ainsi qu’un employeur s’oblige à rendre applicable en vue de préserver la santé physique et psychique du personnel.
Par ailleurs, ils exigent que soit revu le management, et obtenir un meilleur accord de qualité de vie au travail.
Le contexte social de l’entreprise connaît par ailleurs des tensions entre syndicats. Des manifestants jugeant que d’autres délégués syndicaux se déplacent au sein des sites du groupe sans poser d’heures syndicales, puisque agissant en tant que « prestataire salarial », ce qui est injuste et discriminatoire.
Enfin, des élections professionnelles sont en cours au sein de l’entreprise, et le climat y est notablement détestable, à en croire le courrier adressé le 24 octobre par Christophe Schirch, secrétaire de l’Union locale CGT de Mulhouse, à la direction de GSF, auquel nous eu accès.
Celui-ci y accuse clairement un responsable de l’entreprise d’interférer dans le cours des élections : « Vous tentez d’influencer le scrutin en nous faisant changer la composition de notre liste moins de 24h avant la date limite de dépôt des listes, cela en diffusant de fausses informations. Cela constitue une manœuvre mensongère et dilatoire« .
Il répondait à un courrier du 15 octobre, adressé à l’Union locale CGT par Benoît Cortial, directeur d’établissement, dans lequel il conteste la discrimination syndicale dont se plaint le délégué syndical Mohammed Hamnouchi.
Nous eu connaissance de nombreux autres courriers et certificats médicaux faisant état du mal-être au travail de certains salariés, de faits de discrimination, et d’atteinte à l’exercice des libertés syndicales.
Un document tendant à faire état d’une volonté de renverser le cours d’une élection professionnelle (au détriment de la CGT), en septembre 2014, nous a également été remis.
Si l’employeur ne tient pas compte de l’ensemble des doléances salariales portées par les manifestants, notamment pour ce qui concerne la qualité de vie au travail soumise à de fortes dégradations et à un stress délétère du fait d’un management toxique, ils assurent ne pas vouloir s’arrêter à une seule action :
« Clairement, c’est un avertissement. Si la situation ne s’améliore pas, si par malheur elle se dégrade, nous reviendrons. Plus longtemps, plus nombreux ».


















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