L’enquête publique est parvenue à son terme aujourd’hui même. Le projet de Technocentre à Fessenheim, porté par EDF, pour un coût de 450 millions d’euros, continue de cristalliser les tensions, suscitant inquiétudes et controverses.
Ce projet d’usine de recyclage de métaux faiblement radioactifs, destiné à traiter les déchets issus du démantèlement d’installations nucléaires (et principalement, sur place, celui de la centrale nucléaire de Fessenheim), divise profondément la population locale.
Le bilan du débat public, dressé jeudi par la Commission nationale du débat public (CNDP), révèle un total de 2200 participants aux réunions publiques et 600 contributions en ligne.
Jean-Louis Liane, président de la commission particulière, note une polarisation marquée des positions. Avec d’une part les partisans du projet, souvent liés à EDF, qui mettent en avant la création de 180 emplois dès 2031 et les retombées économiques pour une commune qui digère encore mal la fermeture de sa centrale en 2020.
De l’autre, les opposants, notamment des associations environnementales françaises et allemandes, qui s’inquiètent des risques écologiques et sanitaires sur le moyen-long terme.
Les préoccupations portent particulièrement sur l’implantation de la fonderie, placée en zone sismique, sous le niveau du Grand Canal d’Alsace, et sur la traçabilité des métaux recyclés. La rentabilité du projet est également questionnée, EDF restant très évasive sur certains aspects financiers, invoquant des « contraintes liées aux enjeux industriels et commerciaux ».
La dimension transfrontalière du débat s’est notamment manifestée par l’intervention de militants antinucléaires badois dénonçant une atteinte à l’amitié franco-allemande. Plusieurs associations, dont Alsace Nature et Stop Fessenheim, ont quitté le processus de consultation, estimant qu’il s’agissait d’un « monologue partial » d’EDF.
L’association « Thur écologie transports » a par ailleurs publié un communiqué de presse à ce sujet.
Le débat public étant désormais clos, le projet devra encore obtenir une autorisation environnementale et une dérogation au code de la santé publique afin de justifier la production de « lingots » produits. La CNDP rendra son compte-rendu deux mois après la clôture des consultations.













