Crédit photos et prise de son : Martin Wilhelm

Une manifestation comptant une soixantaine de retraités a eu lieu ce jeudi 20 mars après-midi dans les rues de Mulhouse, autour d’une idée partagée par l’ensemble des organisations syndicales : le renouveau d’une sécurité sociale intégrale, 80 années après sa fondation par Ambroise Croizat.

Fondée sur les principes qui ont présidé à sa création (unicité, universalité, solidarité, démocratie, partage des richesses créées par le travail), elle devrait permettre de sécuriser et de protéger les citoyens contre les aléas de la vie, et répondre aux besoins sociaux des populations aggravés par le système capitaliste tels que la perte d’autonomie, les carrières décousues, les inégalités femmes/hommes, les besoins de santé, l’urgence climatique, etc.

Cela implique la reconquête de l’accès aux soins, des hôpitaux de proximité, des centres de santé, davantage de personnel médical bien formé et bien payé, et aux conditions de travail améliorées. La reconquête des remboursements. Aucun reste à charge. 100% sécu pour les frais médicaux de consultation et tous les examens et soins prescrits, et supprimés. La suppression des dépassements d’honoraires. La fin des exonérations de cotisations sociales ouvertes sans contrôle ni contrepartie aux entreprises.

Et pourquoi pas une extension à l’alimentation, le logement, la culture et… la presse libre ?

Les retraités sont venus rappeler qu’ils subissent les choix du gouvernement en matière de santé, comme tout un chacun.

Aujourd’hui 49% des femmes et 15% des hommes perçoivent une pension de droit public inférieure ou égale à 1 000 euros. 60% des retraités touchent une pension inférieure au SMIC. Le gouvernement Barnier souhaitait supprimer le retour aux pensions indexées sur l’inflation. La motion de censure est venu surseoir ce projet.

En 5 ans, c’est l’équivalent de 2 mois et demi de pension de perdu en matière de pouvoir d’achat pour les retraités.

Les inquiétudes semblent déjà fondées : l’été dernier, à Mulhouse, des urgences ont dû fermer car surchargées. A Strasbourg, la semaine dernière, a eu lieu un mouvement de protestation des ambulanciers, parce que les urgences étaient pareillement surchargées. Depuis, une tente a été placée devant l’hôpital pour faire patienter les usagers.

Les 17, 18, 19 mars, Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, est venue en Alsace afin d’étudier le problème des urgences en Alsace…

Les retraités ont indiqué se tenir aux côtés des personnels soignants :

« Nous tenons à souligner que nous sommes aux côtés des soignants, et que nous l’avons toujours été. Et que quand nous disons ce genre de choses, c’est parce que c’est intenable pour nous et pour eux. Nous les retraités, nous subissons particulièrement le choix du gouvernement en matière de santé. Nous payons plus cher, et de plus en plus cher en Alsace. En avançant en âge, car la tarification augmente. Les tarifs des complémentaires ont augmenté cette année de 8 à 10% en moyenne« .

Ajoutant :

« 12% des personnes âgées se sont retirées des complémentaires faute de moyens. Il est devenu difficile de trouver un généraliste. Il est devenu difficile de trouver un généraliste ou un spécialiste pour remplacer celui qui part à la retraite. Sans remplaçant. Qui n’a pas eu ce problème ? Qui n’a pas dû attendre pendant des mois pour passer ici à Mulhouse un examen médical ? IRM ? Radio ? Coloscopie ? Qui ne connaît pas une personne qui a dû attendre des heures sur un brancard aux urgences ? Mulhouse est-il un désert médical ? Pour protéger toute la population de tous les aléas de la vie, et assurer le droit de tous et de toutes à la santé, nous voulons reconquérir la sécurité sociale, conquise de haute lutte par les travailleurs, dans l’après-guerre« .

Les manifestants sont enfin allés déposer leur tract à la sous-préfecture.