Cecile Germain-Ecuer (conseillère régionale écologiste) et Frank Patrick (Attac68, Sud-Alsace gratuité)

Le Convoi de l’Eau s’apprête à reprendre la route en Alsace pour sa deuxième édition. Après un premier succès en 2024, cette initiative militante, portée par le collectif Les Résistances de la Terre 68 et des citoyens engagés, entend placer la question de l’eau au cœur du débat local et régional, dans un contexte de tensions croissantes autour de la gestion de la ressource.

L’édition 2025, prévue du 7 au 9 juin, avec un départ à 9h30 place de la Réunion de Mulhouse, s’annonce plus ambitieuse. Les organisateurs annoncent plus d’inscrits que l’an passé, venus de Mulhouse, Strasbourg, du Jura ou de Paris.

« On réussit à toucher maintenant une problématique plus large que juste l’Alsace », se réjouit Cécile Germain-Ecuer, conseillère régionale à l’origine du projet. Le format reste accessible : trois jours à vélo, environ 60 kilomètres par jour, ponctués d’étapes conviviales et de débats citoyens, ouverts à tous, cyclistes aguerris comme amateurs.

Un parcours symbolique, des enjeux locaux, et trois tables rondes

Le convoi partira donc de Mulhouse, traversera le vignoble alsacien et fera halte à des points névralgiques du territoire, dont le site de Stocamine, symbole de la lutte contre l’enfouissement de déchets toxiques sous la nappe phréatique.

« Stocamine, c’est une bombe à retardement qui menace cette ressource hyper importante pour les générations futures », rappelle Yann Flory, militant historique du dossier (son livre à ce sujet est encore disponible ici). L’actualité judiciaire autour de Stocamine, dont le sort doit être tranché le 17 juin, confère à cette édition une dimension d’alerte citoyenne renforcée.

Trois grandes tables rondes rythmeront le parcours, abordant des thématiques cruciales :

  • Eau et industrie, avec un focus sur la réindustrialisation, la géothermie, le lithium ou l’implantation de data-centers.
  • Eau et montagne, autour des retenues collinaires et de la gestion de l’eau en altitude.
  • Biodiversité et droits humains, pour lier la préservation de la ressource à la justice sociale et environnementale.

Experts, élus, associatifs et citoyens débattront, dans l’objectif de « réfléchir autrement à leur manière d’habiter la planète et de transmettre ça autour d’eux ».

Un message d’urgence prodigué dans un esprit festif et inclusif

Au-delà de la mobilisation, le convoi revendique une dimension festive et pédagogique : concerts, projections, animations, show drag queen et chorale citoyenne ponctueront les étapes. L’organisation veille à l’accessibilité (prise en charge partielle des frais pour les plus modestes, retour en train pour les Mulhousiens) et à la convivialité (repas bio et végétariens, nuits sous tente).

La question de l’eau, longtemps perçue comme un problème lointain, s’impose désormais en Alsace : sécheresses, pollutions, conflits d’usages, hausse du prix de l’eau… Les organisateurs insistent sur la nécessité d’alerter, d’informer et de mobiliser largement. « Il faut vraiment prendre en compte ce sujet-là, c’est impératif. La pollution est à nos portes, ça coûtera très cher d’obtenir une eau potable prochainement », alerte Yann Flory.

Le Convoi de l’Eau 2025, en traversant villes et villages, entend faire entendre la voix des citoyens, rappeler que l’eau est un bien commun, et inviter chacun à s’engager pour sa préservation.

Pour s’inscrire ou rejoindre le mouvement : événement Facebook « Convoi de l’eau Alsace 2 » ou contact par mail auprès des organisateurs. Les bénéfices seront reversés à l’association Eau en Danger, engagée dans la défense de la nappe phréatique et le recours contre Stocamine.