Crédit photos : Martin Wilhelm

Une chaîne humaine pour dénoncer le drame à Gaza

Le mardi 8 juillet, Strasbourg s’est jointe à de nombreuses villes françaises pour la mobilisation nationale « Ligne rouge pour Gaza », organisée par des associations telles que la Ligue des droits de l’Homme, Amnesty International et, localement, le Collectif Palestine. L’objectif : former une longue chaîne de manifestants vêtus de rouge, symbole du sang versé et de l’urgence humanitaire, afin d’adresser un signal visuel et moral fort contre le génocide en cours à Gaza, la violence envers les civils, la famine et l’inaction des gouvernements européens face à la situation.

Le cortège, comptant jusqu’à 250 personnes, est parti de la place de la Gare à 18h, traversant la Grand’rue et la rue du Vieux-Marché-aux-Poissons, jusqu’au quai des Bateliers. Les organisateurs avaient donné une consigne claire : aucun drapeau d’organisation ou de parti politique, pour placer la cause palestinienne au-dessus des appartenances partisanes et insister sur l’unité face à la tragédie.

Témoignages et prises de parole

Plusieurs interventions ont rythmé la manifestation, relayant la gravité de la situation à Gaza et en Cisjordanie :

  • Récits sur Gaza : Des témoignages bouleversants ont été lus, décrivant la peur constante, les bombardements incessants, la faim et la soif qui frappent la population. « Ce n’est pas une guerre traditionnelle, mais un génocide silencieux mené avec une sauvagerie implacable », a-t-on entendu, citant un habitant de Gaza. Les intervenants ont insisté sur la nécessité d’ouvrir des corridors humanitaires et de sanctionner Israël pour les violations du droit international humanitaire.
  • Dénonciation de la complicité internationale : Les manifestants ont pointé la responsabilité des gouvernements occidentaux, accusés de détourner le regard ou de soutenir activement Israël par la fourniture d’armes ou le refus de sanctions. Des entreprises multinationales telles que Microsoft, IBM, Google, Amazon, Caterpillar, Hyundai, Volvo ou BNP ont également été citées comme complices économiques du conflit.
  • Appels à l’action citoyenne : Les orateurs ont encouragé la mobilisation continue, citant l’exemple d’actions syndicales à l’aéroport de Roissy, où des salariés ont refusé d’embarquer du matériel militaire à destination d’Israël. Ils ont aussi appelé à rejoindre des collectifs, syndicats et associations pour soutenir la résistance palestinienne et exiger un cessez-le-feu immédiat.

Contexte d’urgence humanitaire et mouvement citoyen qui refuse le silence

La manifestation s’est déroulée sur fond de crise humanitaire extrême à Gaza : bombardements quotidiens, famine organisée par le blocus israélien, distribution de nourriture confiée à une milice palestinienne, et tirs sur les civils cherchant à se nourrir. Les intervenants ont rappelé que, outre les plus de 38 000 morts de Gaza, plus de 900 Palestiniens ont par ailleurs été tués en Cisjordanie depuis octobre 2023, et que la situation à Gaza est décrite par les humanitaires comme « la pire expérience en zone de guerre depuis 30 ans ».

Au fil de la marche, les slogans « Free, free Palestine ! », « Stop the genocide ! » ou encore « Raciste, fasciste, c’est vous les terroristes ! » ont résonné, traduisant la colère et la détermination des manifestants. Les prises de parole ont souligné que la lutte pour la Palestine n’est pas seulement une question de solidarité, mais un combat contre l’impérialisme et pour la justice internationale.

La « Ligne rouge pour Gaza » de Strasbourg a donc été un moment fort de mobilisation citoyenne, marquée par l’émotion, la dignité et la détermination à ne pas détourner le regard face à l’horreur. Les participants ont réaffirmé leur exigence d’un cessez-le-feu, de sanctions, de justice et de liberté pour la Palestine.